­Observatoire du décrochage scolaire

Décrochage scolaire
Décrochage scolaire
Combien de jeunes interrompent prématurément leur formation ? Quels sont leurs parcours de décrochage et de retour vers la formation ? Les données et indicateurs produits par l'observatoire offrent des clefs de lecture pour mieux comprendre ce phénomène.

Les indicateurs du décrochage de la formation rendent compte des interruptions de formation durant le secondaire II à Genève. Il s’agit de jeunes résidant à Genève, âgés de 15 à 25 ans, et qui n’ont pas encore obtenu un diplôme de niveau secondaire II.
Bien que la grande majorité des jeunes poursuivent une formation qualifiante ou préqualifiante à la fin du cycle d'orientation, toutes et tous n’obtiennent cependant pas un premier diplôme parce qu’ils ne parviennent pas à s’insérer dans un cursus certifiant ou à le terminer avec succès. Le décrochage recouvre ainsi une forte hétérogénéité de situations et de modalités.

Les chiffres du décrochage sont organisés autour de 8 indicateurs basés sur les données du Département de l’instruction publique (DIP). Ces indicateurs traitent du décrochage depuis l’interruption jusqu’au retour en formation, à partir de l'année scolaire 2015-2016.

Indicateur 1: Interruptions de formation entre deux rentrées scolaires consécutives

Chaque année, des jeunes en formation dans une filière du secondaire II interrompent leurs études ou leur apprentissage. Ces interruptions ont lieu en cours d’année ou en fin d'année scolaire, avant l’obtention d’une première certification. Elles concernent aussi des jeunes qui ont échoué aux examens finaux ou qui ne s'y sont pas présentés sans reprendre de formation l'année suivante.

L'ensemble des décrochages se produisant durant l'année scolaire sont qualifiés de décrochages intra-annuels. Quand ils surviennent à l'articulation de deux années scolaires, il s'agit de décrochages interannuels. Ces deux formes d'interruptions prématurées de formation sont déclinées dans deux indicateurs complémentaires:

Entre la rentrée scolaire de 2024 et celle de 2025, 894 jeunes du secondaire II ont interrompu leur formation et 113 n'ont pas repris une formation après un échec aux examens de fin de formation, soit un total de 1’007 jeunes décrocheurs. Ainsi, 4.1% des jeunes qui ont fréquenté les filières du secondaire II menant, en principe, à une première certification (sans les formations pour adultes) n'ont pas poursuivi leur formation jusqu'à l'obtention du titre. 

Après deux années de hausse (de 3.6% à 4.8% en 2020-21, et de 4.8% à 5.5% en 2021-22), suivies par deux années de baisse (de 5.5% à 5% en 2022-23 et de 5% à 4% en 2023-24) le taux de décrochage est stable par rapport à l’année précédente et s'établit à 4.1% de l'ensemble des jeunes du secondaire II pour la cohorte 2024-25. 

Figure 1.1 Taux de décrochage dans l'enseignement secondaire II selon l'âge

Figure 1.1. Taux de décrochage dans l'enseignement secondaire II selon l'âge

Sources : SRED – nBDS/Casenet


Indicateur 2: Passage par CAP Formations

La mise en place de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans (FO18) a entraîné un repositionnement de CAP Formations. C’était auparavant le guichet unique du Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) destiné aux jeunes de 15 à 25 ans en décrochage, proposant un suivi individualisé et un accès à diverses mesures de soutien en vue d'un retour en formation. Depuis la réforme FO18, le dispositif a élargi son offre, notamment auprès de celles et ceux n’ayant pas atteint leur majorité. Pour ces derniers, il est désormais reconnu comme une formation préqualifiante. CAP Formations poursuit ses activités de retour en formation pour les jeunes ayant atteint leur majorité.

Le présent indicateur décrit la transition entre les filières de formation du secondaire II et CAP Formations. Il a été revu en 2020 afin de montrer plus précisément l'articulation nouvelle entre les filières du secondaire II et le dispositif.

CAP Formations prend en charge 18% des jeunes qui n'ont pas réussi à entrer ou à se maintenir dans une filière certifiante après le cycle d'orientation (CO) et qui fréquentent un dispositif de préqualification (soit 281 jeunes). Cette proportion, a augmenté légèrement depuis 2018-19 (+5 points). Dans ce cadre, CAP Formations offre un suivi individualisé et est également, en qualité de case manager, l’instance d’orientation vers d'autres mesures assurées par différents dispositifs partenaires, au sein du DIP (OFPC) ou externes au DIP.

À leur majorité, les jeunes qui sont entrés à CAP Formations avant 18 ans peuvent continuer à bénéficier de cette mesure (jusqu'à 25 ans). Dans les faits, elles et ils sont plus de 60% à le faire. Au-delà des variations annuelles, ce taux tend à augmenter. La hausse constante du taux de poursuite à CAP Formations lors du passage à la majorité (qui ne devient alors plus obligatoire) est un signe, depuis 5 ans, d'une atténuation de l'effet de seuil induit par la fin de l'obligation de formation (Fig. 2.1).

Depuis sa création, CAP Formations propose des activités de soutien et d’aide au retour en formation pour des jeunes de 15 à 25 ans. Dans ce cadre, 43% des jeunes adultes se présentent dans le dispositif l'année qui suit l'interruption prématurée de leur formation. Ce taux de transition, assez stable depuis cinq ans, est supérieur à ce qu'il était avant FO18, où il s'établissait autour de 40%. En développant ses activités pour les jeunes de moins de 18 ans dans le cadre de l’obligation de formation, CAP Formations a, en parallèle, également augmenté sa visibilité pour celles et ceux ayant atteint leur majorité (Fig. 2.1).

Tableau 2.1 Transitions entre les filières du secondaire II et CAP Formations par année scolaire

Tableau 2.1 Transitions entre les filières du secondaire II et CAP Formations par année scolaire

Sources : SRED – nBDS / Casenet


Indicateur 3: Durée de l'interruption avant l'arrivée à CAP Formations

Depuis 2013, CAP Formations propose une aide au retour en formation aux jeunes de moins de 25 ans qui n’ont pas obtenu de diplôme de niveau secondaire II. Avant la prise en charge par un dispositif de soutien, les jeunes majeurs en situation de décrochage passent un laps de temps plus ou moins long hors du système de formation. Celui-ci agit de manière ambivalente sur le parcours de formation. S'il est souvent nécessaire à la remobilisation des jeunes, il est aussi porteur d’un risque : celui de les voir renoncer à la formation.

Cet indicateur analyse la durée de l’interruption de formation avant l’arrivée à CAP Formations et détaille quelques facteurs permettant d’en expliquer les variations.

La plupart des jeunes qui se sont présentés à CAP Formations en 2024-25 avaient interrompu leur formation depuis peu : 71% y entrent dans les 6 mois. En moyenne, cette interruption est de 9 mois, mais dans la moitié des cas, elle est de moins de deux mois (durée médiane) (Fig. 3.1). L'écart entre moyenne (9 mois) et médiane (2 mois) montre que certains jeunes mettent plus de temps avant de se présenter à Cap Formations. En effet, près d’un jeune sur quatre (23%) s’y rend plus d’un an après l’arrêt de formation (Fig. 3.2). 

Depuis 2015-16, on observe une réduction nette de la durée entre le moment de l’interruption de formation et la prise en charge dans le dispositif. La durée moyenne est ainsi passée de 13 mois en 2015-16 à 9 mois en 2024 25 et la durée médiane de 4 mois à 2 mois.

Figure 3.1 Durée moyenne et médiane avant l’arrivée à CAP Formations (en mois)

Figure 3.1 Durée moyenne et médiane avant l'arrivée à CAP Formations (en mois)

Sources : SRED – nBDS / Casenet


Indicateur 4: Taux de retour en formation après un passage par CAP Formations 

Quitter le système éducatif sans certification augmente considérablement le risque d’être confronté au chômage et à la précarité. Pour limiter ce phénomène, le dispositif CAP Formations a pour objectif d’accompagner les jeunes qui interrompent prématurément leur cursus vers un retour en formation. L'indicateur présenté ici dresse un état des lieux des reprises de formation après le dispositif. Le taux de retour en formation permet une première mesure de son efficacité, en quantifiant le nombre de jeunes qui accèdent à une formation certifiante après la prise en charge. Il est décliné en fonction des caractéristiques sociales, de la provenance scolaire, ainsi que des difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes.

Le taux de retour en formation après un passage par CAP Formations s’élève à 60% pour les jeunes ayant quitté le dispositif entre le 1er septembre 2024 et le 31 août 2025. Ce taux est stable par rapport à l'année précédente, mais reste inférieur à celui constaté avant 2020-21 (Fig. 4.1). Par ailleurs, on observe régulièrement, hormis pour l’année scolaire 2022-23, un taux de retour en formation un peu plus élevé pour les jeunes de moins de 18 ans.

Le taux de retour en formation, qui peine à se redresser ces quatre dernières années, reflète probablement la difficulté pour des jeunes en situation vulnérable à se positionner sur un marché de l'apprentissage concurrentiel. En effet, l'apprentissage dual constitue la principale solution de formation pour les jeunes de CAP Formations. La reprise d’une formation est donc particulièrement sensible aux évolutions conjoncturelles de ce marché. Par exemple, lors de la crise économique et sanitaire, une baisse importante du taux de retour en formation (entre la cohorte 2018-19 et 2019-20) avait été observée, quel que soit l’âge des jeunes.

Figure 4.1 Taux de retour en formation après un passage par CAP Formations, selon l’année de fin de prise en charge

Figure 4.1 Taux de retour en formation après un passage par CAP Formations, selon l'année de fin de prise en charge

Sources : SRED – nBDS / Casenet 


Indicateur 5: Durée entre l'interruption et la reprise de formation pour les jeunes passés par CAP Formation

Le temps de latence entre une interruption de formation et la reprise d'une nouvelle école ou d’un apprentissage est un élément important pour la compréhension du décrochage scolaire. Ce temps se révèle ambivalent : en effet, si pour certaines et certains jeunes, cette période hors formation est propice à une remobilisation, pour d'autres, elle éloigne davantage du système de formation. Cet indicateur mesure la durée entre l'interruption de formation et le retour en formation pour les jeunes dont le suivi par le dispositif CAP Formations (cf. Définitions) s'est terminé en 2024-25. Le temps mesuré cumule deux périodes distinctes : d'une part, la durée entre la rupture de formation et l’arrivée dans le dispositif (cf. indicateur 3) et d'autre part, la durée écoulée depuis la prise en charge à CAP Formations jusqu'au retour en formation (cf. indicateur 4).

La durée totale de l’interruption de formation est de 19 mois en moyenne et dans la moitié des cas, elle ne dépasse pas 14 mois (durée médiane)i (Fig. 5.1). Elle se décompose en 4 mois et demi avant l’arrivée à CAP Formations et 14 mois et demi de prise en charge dans le dispositif (Fig. 5.2). Par rapport à l’année précédente, la durée totale du décrochage est stable. Si la durée de prise en charge à CAP Formations est en légère hausse, celle entre l’interruption de formation et l’entrée dans le dispositif tend à diminuer (elle est passée de 6 mois à 4.5 mois). La durée hors formation varie selon l’âge, le type de difficultés rencontrées et le type de formation interrompue.

Figure 5.1 Durée moyenne et médiane (en mois) du décrochage avant la reprise d’une formation 

Figure 5.1 Durée moyenne et médiane (en mois) du décrochage avant la reprise d'une formation

Sources : SRED – Casenet


Indicateur 6: Taux de maintien lors de la reprise d'une formation

Accéder à une formation constitue un premier pas pour les jeunes qui ont connu une interruption de formation, mais s’y maintenir jusqu’à l’obtention d’une certification représente également un défi majeur. Cet indicateur décrit le taux de maintien en formation pour les jeunes ayant repris une école ou un apprentissage après leur passage par le dispositif CAP Formations (cf. Définitions). En lien avec l’objectif des autorités publiques d’amener le maximum de jeunes jusqu’à l’obtention d’une certification de niveau secondaire II, cet indicateur informe sur la durabilité de la reprise de formation et se lit de manière complémentaire au taux de retour en formation après un passage par CAP Formations (cf. indicateur 4).

Le taux de maintien après un retour en formation s’élève à 77% pour la cohorte 2023-24 (Fig. 6.1). Il est en légère baisse par rapport à la volée précédente, aussi bien pour les majeurs que les mineurs. Plutôt stable entre 2014-15 et 2019-20, ce taux avait connu une diminution significative pendant deux ans, avant de remonter pour la cohorte en 2022-23. Plusieurs pistes peuvent expliquer ces variations. 

Avec FO18, CAP Formations a accueilli des profils de jeunes davantage marqués par des difficultés, et parfois plus susceptibles d'interrompre la formation reprise (cohortes 2020-21- et 2021-22). Quant à la hausse du taux de maintien en formation pour la cohorte 2022-23, il est possible que, d’une part, les jeunes concernés connaissent des difficultés moins marquées. D’autre part, le soutien apporté dans ce dispositif (préparation au choix d’orientation notamment) et durant la formation reprise peut aussi réduire les risques d’interrompre la formation reprise. Il faudra confirmer lors de la prochaine édition si la baisse constatée pour la cohorte 2023-24 (-4 points) relève d’une tendance ou d’un effet conjoncturel.

Figure 6.1 Taux de maintien en formation sur deux ans, selon l’année de fin du suivi à CAP Formations

Figure 6.1 Taux de maintien en formation sur deux ans, selon l’année de fin du suivi à CAP Formations

Sources : SRED – nBDS/Casenet


Indicateur 7: Orientations après le préqualifiant

La mise en place de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans (FO18) a été en grande partie réalisée par un accroissement des programmes de préqualification qui visent à soutenir les jeunes en difficultés lors de leur transition entre l'école obligatoire et une filière du secondaire II (transition I), dont la réussite mène à une première certification. Cet accroissement est multiforme. Il comprend d'abord une redéfinition des mesures qui existaient avant FO18 (p. ex. les classes préparatoires scolaires ou professionnelles, le centre de formation préprofessionnelle). Ensuite, des mesures complémentaires ont été créées, ciblées sur les problématiques des jeunes en difficulté lors de la transition I (p. ex. les parcours individualisés). Enfin, des activités qui pouvaient préexister à FO18 ont été intégrées à l'ensemble des dispositifs reconnus comme préqualifiants par le Département de l’instruction publique (DIP), p. ex. CAP Formations [cf. indicateur 2] ou certains dispositifs socio éducatifs devenus partenaires du DIP dans le cadre de FO18. La réforme du préqualifiant, effective dès la rentrée 2026, modifie l’organisation de ces mesures. Leur forme pourrait également évoluer.

Cet indicateur rend compte des parcours des jeunes (souvent mineurs, mais pas seulement) qui, lors de la transition I, fréquentent l'une ou l'autre de ces structures, parfois de manière itérative. 

Pour la cohorte en préqualifiant de l'année scolaire 2024-25, un tiers environ rejoint une formation certifiante l'année suivante et quasiment la même proportion poursuit sa formation par une autre mesure de préqualification. C'est d'ailleurs une obligation pour les mineurs. Enfin, trois jeunes sur dix sont restés sans formation à l'issue de cette année. Depuis l’obligation de formation jusqu’à 18 ans (FO18), ces proportions varient peu d'une année à l'autre. On constate, depuis 2016, toutefois une diminution faible, mais constante, de  a part de celles et ceux qui entrent dans une formation qualifiante avec une stabilisation dès 2021. Les décrochages, lorsqu’ils diminuent, se font au prix d'une augmentation du nombre de jeunes qui restent une deuxième année dans le préqualifiant. Les autres orientations (formations privées ou spécialisées notamment) sont très marginales (Fig. 7.2).

Figure 7.2 Orientations après une année ou deux des élèves fréquentant un programme de préqualification au 31.12 

Orientations après une année ou deux des élèves fréquentant un programme de préqualification au 31.12

* Formations spécialisées, en école privée, à domicile, ou hors du canton et non spécifiées.

Sources : SRED – nBDS. Situation au 31.12

Indicateur 8: Taux de certification après le préqualifiant

Une des finalités de la formation obligatoire jusqu'à 18 ans (FO18), au-delà de maintenir les jeunes dans le système de formation, est d'augmenter les chances d'obtenir une certification pour les publics les plus fragiles. L'indicateur présenté ici a donc pour objectif de mesurer la proportion de jeunes qui parviennent à obtenir un premier diplôme après un passage par une formation préqualifiante et de décrire le profil de ces jeunes. Sa réalisation nécessite une approche longitudinale, avec un suivi de cohortes sur plusieurs années, qui est actualisé annuellement. En effet, c'est dans la durée qu'il sera possible d'estimer les différences (ou l'absence de différences) dans les parcours de formation couronnés par une certification, consécutive à la mise en oeuvre de FO18.

Le suivi de quatre cohortes montre que près de la moitié des jeunes obtiennent un diplôme dans les huit années qui suivent leur sortie du préqualifiant (Fig. 8.1). Le taux de certification est légèrement plus élevé pour la cohorte 2017-18 (59% après 8 ans) que pour les précédentes (environ la moitié après 8 ans). Il s'agit des jeunes qui ont poursuivi une formation (parfois avec des redoublements ou des réorientations), mais aussi de jeunes qui sont revenus à une formation (dans certains cas à une formation pour adultes) après un temps de décrochage, parfois de plusieurs années. Ce taux est donc encore susceptible d'évoluer dans les années à venir.

La comparaison de l'évolution des taux de certification année après année des cohortes plus récentes montre des résultats assez proches, mais avec une légère tendance à une certification plus nombreuse et plus rapide, particulièrement pour les volées 2017-18 et 2018-19 (à T+6 ou T+7). Cependant, cette tendance est moins marquée pour les volées à partir de 2019-20 qui se rapprochent davantage des volées antérieures à 2018-19. En raison des contraintes liées aux analyses longitudinales, des comparaisons plus complètes ne seront disponibles que lorsque les jeunes des autres cohortes auront quitté les mesures de préqualification depuis huit ans.

L'évolution des taux de certification année après année montre des résultats assez proches quelles que soient les cohortes, avec une légère tendance à une certification plus nombreuse et plus rapide pour les volées 2017 18 et 2018-19 (à T+7 ou T+8). Cependant, cette tendance est moins marquée pour les volées à partir de 2019-20, qui se rapprochent davantage des volées antérieures à 2016-17. En raison des contraintes liées aux analyses longitudinales, des comparaisons plus complètes ne seront disponibles que lorsque les jeunes des autres cohortes auront quitté les mesures de préqualification depuis huit ans.

Des onze cohortes présentées ci-dessus (Fig. 8.1), seules les six dernières sont formellement affectées dès le début par la mise en oeuvre de FO18. Bien que le recul pour les volées les plus récentes ne soit pas encore suffisant, on constate, au-delà des quelques variations annuelles, une tendance qui reste assez stable.

Figure 8.1. Évolution du taux de certification selon la cohorte sortie du préqualifiant

Figure 8.1 Evolution du taux de certification selon la cohorte de sortie du préqualifiant

Sources : SRED – nBDS. Situation au 31.12 


 

Lexique

Formations préqualifiantes: 
Formations ne menant pas directement à l’obtention d’une certification mais permettant de rejoindre un cursus certifiant. Ces formations sont délivrées dans le cadre de l'enseignement secondaire II par le Centre de formation préprofessionnelle (CFPP), les classes préparatoires de l’ECG et des centres de formation professionnelle (CFP), les dispositifs de maintien en formation de l'ESII (modules divers de remobilisation, d'orientation et de soutien à l'accès à une formation), ainsi que les dispositifs de CAP Formations destinés aux mineurs.

Les mineurs suivis à CAP Formations sont considérés comme étant en formation au titre de FO18. Les majeurs suivis à CAP Formations, du fait notamment du caractère non obligatoire de ce suivi, sont considérés comme étant en décrochage.

CAP Formations:
CAP Formations est conçu comme un guichet unique destiné aux jeunes en décrochage dans le canton de Genève. Il s’adresse aux jeunes résidents ou aux jeunes dont les parents ont un lien fiscal avec le canton, sans certificat de niveau secondaire II, âgés de 15 à 25 ans et qui ont interrompu une formation de niveau secondaire II ou qui n’ont pas commencé de formation à l’issue de l’obligation scolaire.

CAP Formations propose une prise en charge selon le principe du suivi individualisé. Le dispositif dispense en outre des mesures de soutien et délègue d’autres mesures à des prestataires externes.

Dans le cadre de la mise en place de la formation obligatoire jusqu'à 18 ans, CAP Formations a élargi son offre et reçoit également des jeunes mineurs en risque de décrochage avant une interruption de formation formelle. CAP Formations devient également, à cet égard, une possibilité de formation préqualifiante, prévue pour les jeunes en difficultés au secondaire II.

Difficultés directement et indirectement liées à la formation
Les difficultés directement liées à la formation (ou difficultés directes) désignent les difficultés scolaires et comportementales, situées dans le champ de la formation. Les difficultés indirectement liées à la formation (ou difficultés indirectes) comprennent les difficultés familiales, sociales, financières, judiciaires ou encore de santé ; bien qu’elles affectent la formation, elles ne lui sont pas directement associées.

Sources

Les données sont extraites de la base de données scolaires du DIP (nBDS) et de la base de données Casenet, utilisée par CAP Formations. Le nombre de décrocheurs est issu du rapport Cognos développé pour la direction générale de l'enseignement secondaire II. Ce rapport dénombre, à partir des données enregistrées dans la nBDS, les mouvements de scolarité durant l'année scolaire et entre deux années scolaires (N0151).

Présentation de l'observatoire

L'observatoire du décrochage scolaire, créé en 2013, est un collectif de travail et d'échange, composé de représentants du Service de la recherche en éducation (SRED), de l'Office pour l'orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), de la direction générale de l'enseignement secondaire II (DGESII) et du Conseil interprofessionnel pour la formation (CIF), ce dernier étant l'organe consultatif du Conseil d'Etat genevois pour les questions d'orientation, de formation professionnelle et continue.

L'observatoire du décrochage scolaire, créé en 2013, est un collectif de travail et d'échange, composé de représentants du Service de la recherche en éducation (SRED), de l'Office pour l'orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), de la direction générale de l'enseignement secondaire II (DGESII) et du Conseil interprofessionnel pour la formation (CIF), ce dernier étant l'organe consultatif du Conseil d'Etat genevois pour les questions d'orientation, de formation professionnelle et continue.

Cet observatoire est rattaché à la commission d'encouragement à la qualification et à l'intégration professionnelle (EQIP). Émanation du CIF, la commission EQIP est à la fois un groupe de travail interinstitutionnel et une plateforme d'échanges, centrés sur la coordination des politiques d'insertion pour les jeunes en rupture.

Dans ce cadre, le SRED, en collaboration avec les membres de l'observatoire, conduit régulièrement des études portant sur la problématique du décrochage scolaire et sur les structures de soutien destinées aux jeunes en rupture de formation.

Depuis la mise en œuvre de la formation obligatoire jusqu'à 18 ans à Genève (FO18), entrée en vigueur en septembre 2018, les travaux de l'observatoire du décrochage scolaire mettent à disposition des éléments de connaissance nécessaires au suivi de la mise en œuvre de cette politique publique et à la qualification des effets qu'elle produit.

Publications en lien avec le décrochage scolaire

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