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2. Vaccination contre le COVID-19

2.0 | Important et nouveautés

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) recommandent un 2e rappel vaccinal:

  • aux personnes avec une immunosuppression sévère,
  • aux personnes âgée de 80 ans et plus.

L’objectif de ce renouvellement du rappel est d'augmenter la protection contre les formes sévères et les hospitalisations pendant les mois d’été. En effet, l’âge accroît le risque de tomber gravement malade du COVID-19. C’est également parmi les personnes de 80 ans et plus que la protection contre les formes graves et les hospitalisations diminue le plus rapidement après la vaccination.

Il est recommandé de ne pas attendre l'arrivée des vaccins bivalents pour effectuer cette 2e dose de rappel chez les personnes fortement immunosupprimées et les personnes âgées de 80 ans et plus.

Seulement 20% de la population genevoise de 80 ans et plus a reçu le 2e rappel recommandé.

En dehors de ces deux catégories de personnes, il n'y a pas de recommandation de 2e rappel vaccinal pour la population générale, ni pour la population vulnérable. En effet, dans la situation actuelle, les personnes plus jeunes et qui n'ont pas d'immunosuppression sévère sont toujours protégées contre les formes graves du COVID-19 grâce au schéma vaccinal complet (primovaccination + rappel).

Parmi les autres changements importants, une dose de rappel est à présent recommandée 4 semaines après l'infection, du moment que la dose précédente a été administrée plus de 4 mois avant. En effet, une infection par le variant Omicron ne déclenche qu’une réponse immunitaire faible contre ce variant chez les personnes avec une primovaccination ou un schéma vaccinal complet.

Depuis le 28 juillet 2022, le vaccin Nuvaxovid® est disponible au centre de vaccination des HUG, le jeudi de 9h15 à 10h00, pour les personnes de plus de 18 ans.

Le premier vaccin de rappel bivalent de Moderna (souches Wuhan et BA.1) a été autorisé par Swissmedic le 29.08.2022. Sa date d'arrivée en Suisse et dans le canton reste inconnue. 

Le lancement de la campagne de vaccination de cet automne sera déterminé par la situation épidémiologique (courant octobre).

 

2.1 | Types de vaccin 

Types de vaccin contre le COVID-19
Types de vaccin contre le COVID-19

En Suisse, les vaccins actuellement autorisés sont les vaccins à ARNm de Pfizer/BioNTech et de Moderna, le vaccin vecteur de Janssen et, depuis le 13 avril 2022, le vaccin à protéine Nuvaxovid® de Novavax.

2.1.1 | Vaccins à ARNm 

Les vaccins à ARNm sont le premier choix, en raison des meilleures efficacité et sécurité vaccinales pour tous les groupes cibles.

Mécanisme d'action des vaccins à ARNm

Les vaccins à ARNm contiennent l'ARN messager (ARNm) produit en laboratoire, qui comporte le code pour la protéine Spike du virus SARS-CoV-2. Après la vaccination, la protéine Spike (antigène) est produite dans certaines cellules somatiques. Cela déclenche une réaction contre le SARS-CoV-2 dans le système immunitaire (anticorps et défense cellulaire). L’ARNm reste dans le cytoplasme, n’est pas transporté dans les noyaux cellulaires et ne peut donc pas agir sur le patrimoine génétique humain. L’ARNm et les protéines produites sont rapidement éliminés.

 

2.1.2 | Vaccin Janssen®

Le vaccin Janssen® offre une alternative valable pour les adultes dès 18 ans :

  • avec une contre-indication médicale confirmée aux vaccins à ARNm (réaction systémique / anaphylaxie connue aux composants vaccinaux (PEG, macrogol (Comirnaty®, Spikevax®), trométanol, TRIS (Spikevax®) ou anaphylaxie après une première dose de vaccin)
  • ou qui refusent les vaccins à ARNm

Le vaccin Janssen® protège contre les formes graves et les hospitalisations dues au COVID-19. Il offre une très bonne protection contre les hospitalisations et les formes sévères (env. 85%).

Mécanisme d'action des vaccins à vecteur viral

L’information génétique (ADN) pour la protéine Spike du SARS-CoV-2 est intégrée dans l'ADN d'un adénovirus rendu inoffensif qui sert de vecteur. Une fois le vaccin administré, les vecteurs qu’il contient s’introduisent dans certaines cellules où l’antigène de l’agent infectieux est produit. La protéine nouvellement produite est présentée à la surface de la cellule et déclenche une réaction immunitaire (Ac neutralisants et réponse immunitaire cellulaire) contre la protéine Spike.  

 

Schéma de vaccination

Une dose unique

 

2.1.3 | Vaccins à protéine 

Le vaccin Nuvaxovid® permet d’élargir l’offre de vaccins contre le COVID-19 pour les adultes dès 18 ans. Il offre une alternative en cas de contre-indication médicale ou de refus du vaccin à ARNm, hormis pour les femmes enceintes ou allaitantes.

Mécanisme d'action des vaccins à protéines

Une protéine de l’agent pathogène, fabriquée et purifiée en laboratoire, est administrée. Pour renforcer la réponse immunitaire, un adjuvant est ajouté à la préparation. L’effet conjugué de l’adjuvant et de l’antigène provoque une réponse immunitaire sous forme d’anticorps neutralisants et de réaction immunitaire cellulaire contre l'antigène. Contrairement aux vaccins à ARNm et à vecteur, ce vaccin ne contient pas d’information génétique de l’agent pathogène.

Dans le cas du Nuvaxovid®, la protéine Spike du SARS-CoV-2 glycosylée est fabriquée dans une culture de cellules d’insectes puis purifiée. Le vaccin n’utilisant qu’une seule protéine comme antigène, ce type de vaccin est également appelé vaccin sous-unitaire. L'adjuvant ajouté est le Matrix-M™, composée de saponine (extraite de l’arbre Quillaia saponaria ou «bois à écorce de savon»), de cholestérol et de phospholipides. 

Schéma de vaccination

2 doses à 28 jours d'intervalle (1 dose en cas d'infection confirmée à 28 jours d'intervalle).
 

Disponibilité

La livraison des vaccins a été annoncée pour le mois de juin, sans date de livraison confirmée à ce jour.

 

2.1.4 | Effets indésirables 

Vaccins à ARNm
  • Douleurs au point d’injection (>80%), la fatigue (>60%) et les maux de tête (>50%), douleurs musculaires ou articulaires et frissons (20-60%), fièvre et gonflement au point d’injection (env. 10%). 
  • Concernant Spikevax®, des nausées/vomissements (>20%), une lymphadénopathie (20%) et des rougeurs au point d’injection (10 %) ont en outre été fréquemment rapportés.           
  • Réactions anaphylactiques : dans de très rares cas (env. 1 pour 100'000 personnes vaccinées avec Comirnaty® et 0,25 pour 100 000 personnes ayant reçu Spikevax®). Dans 71% des cas, ces réactions sont intervenues dans les 15 minutes après l’injection et 81% des personnes concernées avaient déjà eu des réactions allergiques avérées (état fin janvier 2021). Une allergie aux composants d’un vaccin constitue une contre-indication.
  • Myocardite et péricardite : dans de très rares cas après la vaccination avec Spikevax® et Comirnaty®, un peu plus souvent avec Spikevax®(13 vs 6/100'000 doses de vaccination). Les cas sont généralement apparus dans les quatorze jours suivant l’injection, le plus souvent après la 2e dose et chez de jeunes hommes. L'évolution était bénigne dans la plupart des cas.

    Swissmedic, état au 3 mai 2022 : sur 15,75 millions de doses de vaccins administrées en Suisse, 407 suspicions de myocardites et/ou péricardites ont été rapportées et évaluées. 
     
    • Lien temporel établi
      • Dans 90 cas avec Comirnaty®
      • Dans 301 cas, avec Spikevax® 
      • Dans 12 cas, le vaccin était inconnu 
      • Dans 4 cas, avec Janssen.
         
    • 73% des personnes atteintes étaient des hommes, avec un âge moyen de 36,8 ans. Ces personnes ont reçu un traitement médical et la plupart se sont rétablies.

    • Sur la base des données actuelles, le vaccin Comirnaty® reste recommandé en priorité pour la vaccination des personnes de moins de 30 ans

Vaccin Janssen®
  • fatigue, maux de tête, myalgies, réactions au point d’injection (30-50 %).
  • fièvre, nausées (10-20%).
  • syndrome thrombotique thrombocytopénique (STT): observé chez un très petit nombre de personnes après le vaccin, principalement chez des femmes de moins de 60 ans (selon le CDC: < 50 ans: 8 cas sur 1Mo ; ≥ 50 ans: 1 cas sur 1Mo).
    Le personnel médical doit être attentif aux symptômes de maladies. thromboemboliques et/ou de thrombocytopénie, et troubles de la coagulation. Les personnes vaccinées doivent être informées qu'elles doivent consulter un médecin si, dans les 3 semaines après la vaccination, des symptômes tels que maux de têtes sévères ou persistants, vision floue, confusion, altération de l’humeur, convulsions, essoufflement, douleurs à la poitrine, jambes enflées, douleurs aux jambes, douleurs abdominales persistantes ou ecchymoses inhabituelles et/ou pétéchies surviennent.
  • Syndrome de Guillain-Barré : de très rares cas ont été rapportés.
Vaccin Nuvaxovid® 

Le vaccin Nuvaxovid® est, de manière générale, bien toléré. Sur la base des différentes études disponibles, aucun EIV grave ou inattendu n’a été observé. Les réactions décrites sont :

  • sensibilité à la pression (75%), des douleurs (62%) au point d’injection, fatigue (53%), myalgie (51%), maux de tête (50%), 
  • malaises (41%), douleurs articulaires (24%), nausées/vomissements (15%). 

 

2.1.5 | Déclaration des effets indésirables

Les effets secondaires doivent être déclarés par les professionnels de la santé qui observent l'effet indésirable au moyen de l’outil en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). 

Le personnel médical est tenu de déclarer tous les effets indésirables graves ou jusque-là inconnus (hors réactions sans gravité mentionnées dans l’information professionnelle). Les réactions connues – bénignes et très fréquentes – incluent des douleurs et des gonflements au point d’injection, de la fatigue, des frissons, de la fièvre, des maux de tête ainsi que des douleurs musculaires et articulaires. 

 

 

2.4 | Efficacité de la vaccination 

Données disponibles sur Omicron
Différentes études indiquent que le variant Omicron est davantage susceptible d’infecter une personne vaccinée ou guérie que les variants précédents. Des données récentes indiquent que la protection contre une infection symptomatique avec Omicron diminue de 65-70% à environ 10% cinq mois après la 2e dose de Comirnaty®. Les études disponibles actuellement montrent qu’une vaccination de rappel permet d’augmenter la protection contre une infection symptomatique par Omicron à 70-75% après 2 à 4 semaines. Cependant, avec Comirnaty®, cette protection retombe à environ 50% après plus de dix semaines. Il n’existe pas encore de données concernant la durée de l’efficacité de Spikevax® après plus de dix semaines. Des premières données provenant du Royaume-Uni indiquent que la protection contre les hospitalisations après la deuxième dose s’élève à environ 70% après 2 à 24 semaines. Après la vaccination de rappel, l’efficacité remonte à environ 90%.

Soulignons que le variant Omicron est moins dangereux pour les personnes vaccinées et guéries que pour le reste de la population.

Publiée le 22 février 2022 dans la revue Journal of General Internal Medecine, une étude menée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Université de Genève (UNIGE) montre qu’après la vaccination contre le SARS-CoV-2, les symptômes du syndrome post-COVID (aussi appelé COVID-long) disparaissent ou s’améliorent dans 35 % des cas.

La disponibilité des données sur l’efficacité du vaccin Nuvaxovid® contre les variants Delta et Omicron est encore limitée. 

 

2.5 | Recommandations de vaccination avec des vaccins à ARNm 

 Recommandations de vaccination avec des vaccins à ARNm contre le COVID-19 (30.06.2022)

Même si la majorité des personnes infectées ne développent que des symptômes légers, voire aucun symptôme, une partie des personnes malades développent une forme grave, en particulier les personnes vulnérables. Près de 15 % des patients hospitalisés nécessitent un traitement en soins intensifs. Environ 1 % des cas de COVID-19 connus dans la population décèdent.

Les objectifs prioritaires de la vaccination sont les suivants :

  1. Diminution du fardeau de la maladie, notamment des formes graves et des cas mortels de COVID-19
  2. Maintien des capacités du système de santé
  3. Réduction des conséquences sanitaires, psychiques, sociales et économiques négatives de la pandémie de COVID-19.

2.5.1 | Groupes à risque

Pour atteindre les objectifs prioritaires de la vaccination, il est recommandé de vacciner (primo-vaccination et rappel) en priorité :

  • les personnes vulnérables (PV) (à partir de 16 ans)
  • le personnel de santé en contact avec des patients et le personnel d’encadrement des personnes vulnérables
  • les contacts étroits (membres du ménage à partir de 16 ans) des personnes vulnérables en particulier immunosupprimées
  • les adultes dans les structures communautaires présentant un risque accru de flambée.

 

2.5.2 | Vaccination des personnes avec une immunosuppression sévère 

3 doses de vaccin sont recommandées pour la primovaccination des personnes fortement immunosupprimées.

Une sérologie de contrôle est recommandée 4 semaines après la 3e dose pour transmettre des recommandations spécifiques aux personnes qui n'auraient pas répondu. Cette sérologie (sur ordonnance médicale) est prise en charge par la Confédération.

Les critères pour la définition des patients fortement immunosupprimés et les recommandations précises de vaccination sont détaillées dans le chapitre 3.3.1 du document de recommandations

Pour les personnes fortement immunosupprimées, l'OFSP recommande désormais d'effectuer la vaccination de rappel avec une dose de Spikevax® de 100 μg au lieu de 50 μg, pour améliorer la réponse immunitaire. 

Procédure d'administration des vaccins (immunosupprimés) au CMU pour les médecins traitants

  • Envoyer toutes les demandes de 3e dose de vaccination à vaccination.CMU@hcuge.ch ET
  • Renseigner les données suivantes du patient dans le courriel :
    • Nom, prénom, date de naissance       
    • Numéro de téléphone
    • Adresse de résidence
    • Maladie ou type d’immunosuppression
    • Traitement
    • Lieu et date des doses 1 et 2
    • Type de vaccin.

 

2.5.3 | Vaccination des personnes de moins de 30 ans

Il est recommandé d’utiliser de préférence le Comirnaty® pour la primovaccination de ce groupe d’âge, sur la base de nouvelles données de déclarations de myocardites consécutives à des vaccinations avec des vaccins à ARNm. 

De même, en cas de 1re dose de Spikevax®, il est recommandé d'effectuer la 2e dose avec le Comirnaty®, en respectant un intervalle d’au moins 28 jours entre la 1re et la 2e dose.

 

2.5.4 | Vaccination des femmes enceintes

Il est recommandé à toutes les femmes enceintes de se faire vacciner contre le COVID-19 dès le 2e trimestre. Elles ont un risque significativement plus élevé de forme sévère du COVID-19, de séjour aux soins intensifs, d’intubation et de ventilation. De plus, le risque de naissance prématurée est accru. La vaccination COVID pendant la grossesse protège le bébé après la naissance. En effet, la protection continue après la naissance grâce au transfert d’anticorps maternels.

Une vaccination de rappel est également recommandée aux femmes enceintes à partir du 2e trimestre ainsi que pendant la période d’allaitement.

 

2.5.5 | Vaccination des enfants de 5 à 11 ans 

La vaccination contre le COVID-19 est recommandée, par la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) et l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), aux enfants âgés de 5 à 11 ans dont les parents souhaitent qu'ils soient vaccinés, sur la base d'une évaluation individuelle des risques et des bénéfices pour leur enfant.

Cette recommandation s’applique en particulier aux enfants âgés de 5 à 11 ans :

  1. déjà fortement atteints dans leur santé en raison d'une maladie chronique, afin d'éviter autant que possible toute maladie/infection supplémentaire (il n'existe actuellement pas de liste des maladies chroniques concernées);
  2. qui sont des contacts étroits (membres du ménage) de personnes qui, par exemple en raison d’une immunodéficience, ne peuvent pas se protéger suffisamment par la vaccination.

Si un enfant des groupes 1) ou 2), mentionnés ci-dessus, a eu une infection confirmée au SARS-CoV-2, une seule dose de vaccin est recommandée. 

Aucune vaccination n’est actuellement recommandée pour tous les autres enfants ayant eu une infection confirmée.

Depuis le 13 mai 2022, le vaccin Spikevax® (de Moderna) est également autorisé, en Suisse, pour les enfants de 6 à 11 ans avec un dosage adapté (50 μg). À l’heure actuelle, aucune recommandation de vaccination n’a été publiée pour ce vaccin pour cette tranche d’âge.

Pour la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans, la formule pédiatrique de Comirnaty® autorisée par Swissmedic reste recommandée avec un schéma à 2 doses. 

Cas particuliers des enfants âgés de 5 à 11 ans présentant une immunosuppression sévère ou ayant subi une transplantation de cellules souches: il est recommandé d’effectuer un test sérologique 4 semaines après l’injection de la 2e dose. Si le titre d’anticorps vaccinaux anti-SARS-CoV-2 est clairement positif, une 3e dose de vaccin n'est pas nécessaire. Si le titre d’anticorps est négatif, une 3e dose est recommandée pour compléter la primovaccination, en respectant un intervalle minimal de quatre semaines après la 2e dose. 

Administration du vaccin COVID-19 Comirnaty® chez les enfants - OFSP (04.03.2021).

Effets indésirables pour les enfants de 5 à 11 ans

Les données disponibles indiquent que le profil des effets secondaires chez les enfants de 5 à 11 ans est semblable à celui chez les adolescents et les jeunes adultes. Les effets secondaires sont toutefois moins fréquents chez les enfants. 
Les effets secondaires les plus fréquents sont: 

  • douleur au point d’injection (>80 %)
  • fatigue (>50 %)
  • maux de tête (>30 %)
  • tuméfaction au point d’injection
  • douleurs musculaires
  • frissons (≥10 %)
  • douleurs articulaires
  • fièvre (<10 %)
  • diarrhées ou vomissements (<10 %). 

Les données de pharmacovigilance des États-Unis révèlent, après l’administration de 8,7 millions de doses du vaccin pour enfants Comirnaty, un profil d’innocuité semblable à celui indiqué lors des essais réalisés en vue de l’autorisation.
De fortes réactions allergiques à l’un des composants du vaccin – en particulier au polyéthylène glycol (PEG) et à la trométhamine (TRIS) – sont très rares. Elles apparaissent généralement immédiatement après la vaccination. 
Les données concernant les cas de myocardites associées à la vaccination chez les enfants de 5 à 11 ans sont encore insuffisantes. Des données internationales montrent que l’incidence de base des myocardites dans ce groupe d’âge est généralement plus faible que chez les 12-16 ans et les jeunes adultes. De premières analyses réalisées aux États-Unis et une méta-analyse (Pillay et al., preprint) indiquent que les myocardites consécutives à une vaccination avec Comirnaty® (10 μg) sont très rares chez les 5-11 ans (0,4 / 100 000 doses de vaccins), avec une évolution clinique également bénigne.

Analyse du rapport bénéfice/risque
  • L’efficacité des vaccins à ARNm contre la maladie est très bonne chez les enfants de 5 à 11 ans. On peut supposer que la vaccination protège contre le MIS-C et le COVID long, bien que ce ne soit pas encore établi.
  • Le bénéfice de la vaccination est le plus grand pour les 2 catégories citées ci-dessus (maladie chronique ou contact proche de personnes qui ne peuvent pas être suffisamment protégées par la vaccination).
  • L’efficacité contre l’infection et la transmission sera de courte durée et la vaccination des enfants aura un effet limité sur la circulation du virus au sein de la population.

 

2.5.6 | Situations spécifiques

  • Infections aigues avec état fébrile: report après épisode aigu.
  • Enfants de moins de 5 ans: la vaccination n’est actuellement ni autorisée, ni recommandée.
  • Femmes enceintes au 1er trimestre de grossesse: la vaccination n’est pas recommandée.
  • Après le traitement passif par anticorps (anticorps monoclonaux ou plasma convalescent) d’une infection au SARS-CoV-2, la vaccination est temporairement contre-indiquée. Un intervalle d’au moins 90 jours devrait être respecté avant une vaccination contre le COVID-19.

 

 

2.6 | Contre-indications et allergies 

Voir les contre-indications relatives à l’administration d’un vaccin à ARNm (chap. 2.3.1) et l’annexe 2 suivante : Recommandations pour la vaccination des personnes atteintes de maladies allergiques avec les vaccins contre le COVID-19 - procédure selon les antécédents d’allergie

Les recommandations portent sur les vaccins à ARNm Comirnaty® et Spikevax® et sur les vaccins à vecteur COVID-19 Janssen® et Vaxzevria® ainsi que la vaccin sous-unitaire adjuvanté Nuvaxovid® (Novavax) .

2.6.1 | Les contre-indications aux vaccins à ARNm 

Les contre-indications absolues ou relatives fondées sur une réaction allergique avant ou après la vaccination :

  • anaphylaxie grave (grade III-IV) d’origine incertaine ou encore non investiguée
  • anaphylaxie idiopathique
  • anaphylaxie/réaction générale à des composants du vaccin
  • sensibilisation connue ou probable de type immédiate:
    • au polyéthylène glycol (PEG, macrogol) (toutes les formulations de Comirnaty®, Spikevax®);
    • à la trométhamine (trométamol, TRIS) (Corminaty® ready-to-use et formulation pédiatrique, Spikevax®)
    • au polysorbate 80 (E 433) (COVID-19 Vaccine Janssen®, Vaxzevria®, Nuvaxovid®)
    • au saponines (Nuvaxovid®)
    • au Matrix-M (Nuvaxovid®)
  • anaphylaxie après la première dose de vaccin.

Les contre-indications absolues ou relatives de type non allergique après l’administration de la première dose du vaccin :

  • myocardite ou péricardite

Des informations supplémentaires sont disponibles dans les recommandations de vaccination avec des vaccins à ARNm contre le COVID-19 annexe 2.

La vaccination des enfants de moins de cinq ans n’est pas autorisée pour l’instant.

 

2.6.2 | Les contre-indications au vaccin Janssen®

Les contre-indications au vaccin Janssen® incluent :

  • les femmes enceintes ou allaitantes
  • les personnes immunosupprimées, sauf contre-indication médicale aux vaccins à ARNm
  • une hypersensibilité immédiate connue ou probable au polysorbate 80 (E433);
  • des antécédents de syndrome d’hyperperméabilité capillaire (Capillary-Leak-Syndrom).Sensibilisation connue ou probable de type immédiat au polyéthylène glycol (PEG, macrogol) ou trométhamine (trométamol, TRIS)
  • Anaphylaxie après la première dose d’un vaccin ARNm (il n’existe aucune donnée concernant la sécurité et l’efficacité pour les personnes ayant reçu une dose d’un vaccin à ARNm et une dose du COVID-19 Vaccine Janssen®)
  • Anaphylaxie ou réaction allergique grave aux composants du vaccin.

 

2.6.3 | Les contre-indications au vaccin Nuvaxovid®

Les contre-indications au vaccin Nuvaxovid® incluent:

 

2.6.4 | Allergies 

 Pour les allergies, consultez l'Annexe 2 du document fédéral "Recommandations de vaccination avec des vaccins à ARNm contre le COVID-19" que vous pouvez télécharger ici.  

Allergies et vaccination - procédure

1) Afin d’exclure la survenue concomitante des effets indésirables liés à l’immunothérapie spécifique sous-cutanée et de ceux liés au vaccin contre le COVID-19, il est recommandé de ne pas injecter ces produits respectifs le même jour.
2) Si les vaccins Revaxis® (dT-IPV) ou FluarixTetra® (vaccin Influenza) ont été bien tolérés au préalable, on peut conclure à la bonne tolérance du polysorbate 80.

 

Chez les personnes de 18 ans et plus ayant présenté une réaction allergique, confirmée par un spécialiste, à l’un des composant d’un vaccin à ARNm après la 1e dose, la vaccination peut, après concertation avec un spécialiste en allergologie et immunologie clinique, être complétée par une dose de vaccin Janssen® ou de vaccin Nuvaxovid® (minimum 28 jours après la 1re dose). Une évaluation individuelle du rapport bénéfice-risque est recommandée.

Algorithme des HUG pour les patients avec un antécédent de réaction allergique généralisée est disponible sur ce lien.

La version actualisée est présentée ci-dessous :

Vaccination COVID en cas d'allergie connue
Vaccination COVID en cas d'allergie connue

2.6.6 | Attestation de contre-indication à la vaccination

Les modèles SMC d'attestation de contre-indication vaccinale ne sont plus valables. En effet, ils permettaient l’accès de certains lieux ou activités lorsque la règle des 2G ou 2G+ était en vigueur. Les certificats COVID n’étant plus utilisés en Suisse, ces certificats n’ont plus lieu d’être.

Voir le point 7.2Délivrance de certificats COVID-19 par les médecins de premier recours 

 

 

2.7 | Vaccins de rappel (nouveau)

Depuis le 26 novembre 2021, des recommandations pour la vaccination de rappel (boosters) avec des vaccins à ARNm sont disponibles: recommandations de vaccination de l'OFSP/CFV - 05.07.2022).

La vaccination de rappel est recommandée dès 4 mois après la primovaccination à toutes les personnes dès 12 ans (définition d'une primovaccination: 2 doses, ou une infection confirmée et une dose dans un délai ≥ 4 semaines dans cet ordre ou dans l'autre).

2.7.1 | Groupes cibles prioritaires pour la vaccination de rappel

  • Les personnes de 65 ans et plus
  • Les résidents et bénéficiaires des EMS, des foyers de jour pour personnes âgées
  • Le personnel de santé en contact direct avec des patients et au personnel accompagnant les personnes vulnérables
  • Les personnes vulnérables atteintes de maladies chroniques à haut risque (voir plus les définitions au tableau 2 des recommandations de vaccination avec des vaccins à ARNm contre le COVID-19)
  • Les femmes enceintes à partir du 2e trimestre ainsi que pendant la période d’allaitement
  • Les personnes présentant une immunodéficience sévère après la primovaccination composée de 3 doses de vaccin à ARNm (off label voir point 2.1).

Définitions des maladies pour les personnes âgées de 16 ans et plus atteintes de maladies chroniques à haut risque en cas de COVID-19

Définitions au tableau 2 des recommandations de vaccination avec des vaccins à ARNm contre le COVID-19

Définitions des maladies pour les personnes âgées de 16 ans et plus atteintes de maladies chroniques à haut risque en cas de COVID-19
Définitions des maladies pour les personnes âgées de 16 ans et plus atteintes de maladies chroniques à haut risque en cas de COVID-19

2.7.2 | Personnes fortement immunosupprimées 

Il est recommandé aux personnes fortement immunosupprimées de recevoir une vaccination de rappel avec une dose de Spikevax® de 100 μg (0.5 ml) au lieu de 50 μg, pour améliorer leur réponse immunitaire.

L’OFSP/CFV recommandent désormais un 2e rappel vaccinal pour les personnes fortement immunosupprimées ≥ 12 ans (5e dose «off-label») si le médecin traitant considère que cela permet d’offrir une protection vaccinale contre une forme grave de la maladie, même de courte durée. Comme pour le 1er rappel, cette 2e dose de rappel doit être administrée au plus tôt 4 mois après la dernière dose de vaccin (Comirnaty® 30 μg ou Spikevax® 100 ug). (voir point 3.3.1 des recommandations de l'OFSP)

 

2.7.3 | Enfants de 12 à 15 ans 

La CFV et l’OFSP recommandent une vaccination de rappel aux adolescents de 12 à 15 ans qui souhaitent :

  • augmenter leur protection individuelle contre les formes bénignes de la maladie (et les effets indirects négatifs qui y sont associés) et 
  • réduire le risque de transmission à leurs contacts étroits (personnes vivant sous le même toit). 

Si une infection se produit quatre mois ou plus après la primovaccination, une vaccination de rappel est recommandée dès 28 jours après l'infection. 

La recommandation du vaccin à ARNm Comirnaty® pour la vaccination de rappel des 12-15 ans au plus tôt quatre mois après la primovaccination est émise en dehors de l’autorisation de Swissmedic (utilisation off label). 

Actuellement, très peu de données sont disponibles concernant la sécurité de la vaccination de rappel avec le vaccin à ARNm Comirnaty® chez les jeunes de 12 à 15 ans. Le risque d'effets indésirables rares et graves tels qu'une myocardite chez les adolescents après une 3e dose de vaccin ARNm n'est pas encore connu. Des données relatives au 1er rappel chez les 12-15 ans et chez les 16-24 ans, provenant des États-Unis et d’Israël, indiquent que le risque de myocardite est généralement plus faible qu’après l’administration de la 2e dose de vaccin complétant l’immunisation de base.

Recommandations de vaccination de l'OFSP/CFV

A noter que les données actuelles indiquent que les personnes plus jeunes qui ont une immunisation de base complète demeurent bien protégées contre les formes graves et les hospitalisations.

 

2.7.4 | Intervalle de temps recommandé après la primovaccination avant d'effectuer une vaccination de rappel 

La vaccination de rappel est recommandée au moins 4 mois après la vaccination de base (primovaccination) (off-label, voir point 1.7).

Définition de la primovaccination 

  • 2 doses de vaccin OU
  • une infection confirmée (par un test PCR ou antigénique rapide ou une sérologie IgG anti-Spike ou anti-N (nucléocapside)) suivie d'une dose de vaccin, en respectant un intervalle minimal de 4 semaines entre le test et la vaccination OU
  • une dose de vaccin suivi d'une infection confirmée (par un test PCR ou test rapide antigénique ou sérologie anti-N) en respectant un intervalle minimal de 4 semaines entre la vaccination et le test. 

Infection après la primovaccination

  • Une vaccination de rappel est recommandée à compter de 4 semaines après l’infection moyennant le respect d'un délai minimum de 4 mois après l'administration de la dernière dose de vaccin contre le COVID-19. En effet, une infection par le variant Omicron ne déclenche qu’une réponse immunitaire faible contre ce variant chez les personnes avec une primovaccination ou un schéma vaccinal complet.

 

2.7.5 | Vaccins recommandés pour la vaccination de rappel 

  • La vaccination de rappel doit être effectuée en priorité avec l’un des deux vaccins à ARNm autorisés (Comirnaty®/Spikevax®). 
  • Le dosage recommandé est une dose identique à la primovaccination pour Comirnaty® (30 μg ou 0,3 ml) et une demi-dose pour Spikevax® (50 μg ou 0,25 ml).
  • Le dosage recommandé pour les personnes fortement immunosupprimées consiste en une dose complète de Spikevax® (100 μg ou 0,5 ml). A noter que cette recommandation est off-label (voir point 1.7.5).
  • En principe peu importe lequel des deux vaccins à ARN disponibles est utilisé (recours possible à des schémas hétérologues).
  • Pour les personnes de moins de 30 ans : il est recommandé d’utiliser de préférence le Comirnaty®, quel que soit le vaccin utilisé pour la primovaccination. A noter que le rappel avec un vaccin hétérologue est dans ce cas off-label (voir point 1.7.5.). 
  • Pour les personnes de 16 à 18 ans qui ne font pas partie des personnes vulnérables, seule une vaccination de rappel avec Comirnaty® est recommandée (pas d'autorisation de Swissmedic pour le rappel avec Spikevax).
  • Une vaccination de rappel avec le vaccin Janssen® ou le Nuvaxovid® est possible pour les personnes de plus de 18 ans qui ne peuvent pas recevoir un vaccin à ARNm pour des raisons médicales ou qui le refusent, dès 4 mois après la dernière vaccination. 
  • Une vaccination de rappel (off-label, voir point 1.7.5.) avec un vaccin à ARNm est recommandée aux personnes qui ont reçu une dose du COVID-19 Vaccine Janssen® il y a au moins 4 mois après la dernière dose. 
  • Si la primovaccination a été effectuée avec un vaccin qui n'est pas autorisé en Suisse, un vaccin à ARNm peut être administré pour la dose de rappel, au minimum 4 mois après | tableau récapitulatif des vaccins contre le COVID-19 non autorisés en Suisse, 21.12.2021
  • Un rappel avec le vaccin Janssen est autorisé. 
COVID-19 | promo-vaccination
COVID-19 | promo-vaccination

* Figure dans les recommandations de vaccination avec des vaccins à ARNm contre le COVID-19 (état au 21.12.2021) point 10.5.1 : "Chez les personnes de 18 ans et plus ayant présenté une réaction allergique, confirmée par un spécialiste, à l’un des composant d’un vaccin à ARNm (Comirnaty® ou Spikevax®) après la première dose, la vaccination peut, après concertation avec un(e) spécialiste en allergologie et immunologie clinique, être complétée par un vaccin non ARNm, c’est-à-dire, actuellement en Suisse, par une dose de COVID-19 Vaccine Janssen® (intervalle minimum de 28 jours entre la première et la deuxième dose d’un vaccin contre le COVID-19). 

** Les personnes âgées de 18 ans ou plus qui, pour des raisons médicales, ne peuvent pas recevoir une 3e dose d’un vaccin à ARNm ou qui la refusent peuvent bénéficier d’une vaccination de rappel avec le vaccine Janssen®, au plus tôt quatre mois après la fin de la primovaccination avec un vaccin à ARNm 

 

2.7.6 | Administration off-label

Les utilisations off-label concernent particulièrement :

  • la vaccination de rappel dès 4 mois (< 6 mois)
  • la vaccination de rappel avec un vaccin à mRNA suite à une vaccination avec Janssen
  • l'utilisation de vaccins hétérologues
  • la vaccination de rappel chez les personnes immunosupprimées après la primovaccination avec 3 doses
  • la vaccination de rappel avec le Spikevax® avec une dose de 100 μg chez les personnes fortement immunosupprimées
  • la vaccination de rappel chez les adolescents de 12-15 ans sans maladie chronique limitante

Lorsque le professionnel responsable s’appuie sur les recommandations de l’OFSP pour choisir ou prescrire un vaccin, il peut démontrer qu’il a pris en considération les règles reconnues des sciences médicales et pharmaceutiques et ainsi satisfait au devoir de diligence inscrit dans la loi sur les produits thérapeutiques (LPTh).

Si le professionnel responsable a également respecté ses obligations de diligence découlant du contrat thérapeutique (notamment son devoir d’information, d’explication et de documentation), il ne peut généralement pas être tenu responsable.

Recommandations de vaccination de l’OFSP qui impliquent une utilisation hors étiquette : explications et implications pour les médecins traitants.

 

2.7.7 | 2ème booster 

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) recommandent un 2e rappel vaccinal:

  • aux personnes avec une immunosuppression sévère,
  • aux personnes âgée de 80 ans et plus.
En cas d'infection, la dose de rappel est recommandée 4 semaines après l'infection, du moment que la dose précédente a été administrée plus de 4 mois avant. En effet, une infection par le variant Omicron ne déclenche qu’une réponse immunitaire faible contre ce variant chez les personnes avec une primovaccination ou un schéma vaccinal complet.

L’objectif de ce renouvellement du rappel est d'augmenter la protection contre les formes sévères et les hospitalisations pendant les mois d’été. En effet, l’âge accroît le risque de tomber gravement malade du COVID-19. C’est également parmi les personnes de 80 ans et plus que la protection contre les formes graves et les hospitalisations diminue le plus rapidement après la vaccination.

Il est recommandé de ne pas attendre l'arrivée des vaccins bivalents pour effectuer cette 2e dose de rappel chez les personnes fortement immunosupprimées et les personnes âgées de 80 ans et plus.

A ce jour, un 2e rappel n'est ni approuvé par Swissmedic, ni recommandé par l'OFSP/CFV pour la population générale ou les personnes vulnérables, pour lesquelles il n'y a pas d'indication médicale. Les données d'efficacité sont jugées insuffisantes. Les données épidémiologiques montrent la rareté de l’apparition de formes graves chez les personnes complètement vaccinées. Selon ces données, les taux d’évolution grave les plus élevés de la maladie ont été observés et continuent d’être observés chez les personnes non vaccinées.

Ce 2e rappel peut toutefois être effectué dès 4 mois après la dernière vaccination s'il est souhaité pour des raisons personnelles (ex. voyages).
L'inscription à ce 2e rappel se fait en ligne.

 

 

2.9 | Administration d'autres vaccins

Le vaccin contre la grippe, ou un autre vaccin, et celui contre le COVID-19 peuvent être administrés en même temps ou à n’importe quel intervalle

 

 

Dernière mise à jour
25 septembre 2022

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