L'essentiel en bref
Le moustique tigre est une espèce exotique envahissante qui colonise progressivement l'Europe en tirant parti du changement climatique. Il évite soigneusement les espaces naturels et s'établit avant tout dans les zones habitées où il peut occasionner une gêne importante, surtout en fin d'été.
Je suis confronté au moustique tigre, que dois-je faire?
- Reconnaître le moustique tigre
Prenez une photo des moustiques et signalez le site concerné : les autorités pourront intervenir s'il s'agit d'espaces publics. - Appliquez les mesures de prévention avec assiduité sur les espaces privés concernés
- Traitez les canalisations stagnantes chez vous avec un anti-larve biologique BTI (pas d'autres produits) disponible en jardineries.
- Encouragez l'adoption des bonnes pratiques dans votre voisinage en utilisant les supports d'information adaptés.
Pour qui
La population genevoise est appelée à adopter les bons réflexes dans ses cadres de vie.
La situation dans le canton de Genève
Le Moustique tigre a été identifié pour la première fois à Genève durant l'automne 2019. Depuis, il se répand: il est actuellement noté sur 31 communes, avec 48 km2 concernés (fin 2025). La colonisation du canton parait inévitable et, d'ici peu, tous les secteurs urbanisés seront concernés.
Afin de limiter les nuisances pour les habitants et protéger la santé publique, l'Etat de Genève a l'objectif de maintenir les populations de moustiques tigres le plus bas possible pour prévenir l'émergence de maladies exotiques et diminuer la gêne pour la population. À cette fin, le Canton met en œuvre un plan d’action cantonal de lutte contre le moustique tigre et les maladies infectieuses associées.
Cette stratégie nécessite de limiter drastiquement la disponibilité des petites accumulations d'eau pour le Moustique tigre qui en dépend pour sa reproduction en les supprimant ou en les traitant avec un anti-larve biologique non nocif pour l'environnement.
Durant l'été 2023, près de 2'300 bouches d'évacuation d'eau claires (grilles) situées dans les communes de Thônex, Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries, Veyrier, Onex, Lancy et Confignon ont été traitées par les autorités au moyen de cet anti-larve très sélectif. En 2024, c'est 14'000 bouches d'évacuation qui ont été traitées de la même façon et en 2025 le total s’élève à 30'000 grilles pour une aire de présence encore élargie.
Des opérations de stérilisations des moustiques tigres peuvent-elles limiter les nuisances ?
Cette technique, dite de l’insecte stérile (TIS), est très prometteuse, mais ce n’est malheureusement pas une méthode miracle qui permettra d’oublier les autres actions.
Genève évalue actuellement attentivement la faisabilité de son emploi car elle dépend d’un certain nombre de conditions pour que ses résultats soient ressentis par la population.
Cette méthode consiste à élever en captivité des moustiques tigres : les mâles - uniquement eux, car ils ne piquent pas - sont sélectionnés et stérilisés par irradiation, pour être ensuite relâchés sur les lieux à traiter. Ces mâles moustiques tigres, s’ils sont suffisamment en surnombre, peuvent s’accoupler avec les femelles présentes sur place. Celles-ci pondront alors des œufs qui n’écloront jamais, ce qui réduit la prochaine génération de moustiques tigres. Cette approche présente des avantages très intéressants : les effectifs de moustiques tigres peuvent être limités sans générer aucun autre impact sur l’environnement (l’irradiation n’est plus mesurable sur les insectes libérés).
Son succès repose sur des prérequis et des impératifs techniques :
- Elle n’est efficace que si les effectifs de moustiques tigres ont déjà été significativement réduits localement car il faut que les mâles stériles se retrouvent en surnombre massif lors de leur lâcher (affaiblis par rapport à leurs concurrents nés dans l’environnement, ils doivent être 10 fois plus nombreux qu’eux pour avoir un réel impact). La TIS complète, mais ne se substitue donc pas aux autres mesures de prévention qui doivent être largement adoptées sur le terrain.
- Elle requiert une cartographie très fine des densités locales de moustiques tigres : c’est un prérequis essentiel pour cibler les actions coûteuses au bon endroit et mesurer leur portée en vue d’assurer les résultats.
- Elle implique des fournisseurs fiables et expérimentés aptes à maîtriser une technologie complexe qui doit être établie à proximité des régions ciblées car la vitalité réduite des mâles stérilisés compromet leur transport à longue distance.
Le canton de Genève travaille activement sur ces préalables indispensables avec ses partenaires. Il collabore notamment avec le canton du Tessin qui teste en situation contrôlée cette approche grâce à sa proximité avec l’Italie, un pays pionnier dans le domaine encore très peu répandu en Europe de la TIS. Les expériences de ce canton de référence pour la Suisse, confronté aux moustiques tigres depuis plus de 20 ans, pourraient à terme faciliter la levée des contraintes réglementaires qui s'opposent encore à l'application de cette technique prometteuse dans notre pays.
Compléments
- Feuillets d'information "Pas de moustique tigre chez moi"
- Kit de communication: ensemble des supports disponibles à télécharger
- Carte de présence du moustique tigre à Genève.
- Reconnaître le moustique tigre
Dernière mise à jour: 15 septembre 2026