Mieux comprendre les PFAS

Situation des PFAS à Genève
Situation des PFAS à Genève
Définitions et utilisations

Les substances per- et polyfluoroalkylées, plus connus sous le nom de PFAS, sont un groupe de substances chimiques très utilisées par l'industrie depuis la fin des années 1950 en raison de leurs propriétés de résistance à la graisse, à la chaleur et à l'eau.

Elles regroupent, en l'état actuel des connaissances, plus de 9'000 polluants synthétiques que l'on retrouve dans de nombreux domaines industriels et de la vie courante : revêtements antiadhésifs des ustensiles de cuisine, emballages alimentaires, textiles imperméables, mousse d'extinction d'incendie, cosmétique, fart de ski, etc.

Impact environnemental et possibilités de traitement

Ces produits chimiques, parfois qualifiés de "polluants éternels", sont préoccupants car ils sont présents dans l'environnement où ils demeurent très persistants, dans la chaîne alimentaire et chez l'être humain. Cela s'explique par leur forte liaison carbone-fluor qui rend ces substances très stables et résistantes à la dégradation naturelle. Les traitements existants sont peu nombreux et font l'objet de nombreuses recherches à l'international.

Actuellement les méthodes d'assainissement des terrains pollués comprennent en général l'excavation et l'élimination hors site (incinération ou mise en décharge), le lavage des sols si leur qualité le permet, ou encore la stabilisation et les confinements sur site. Tous ces traitements sont onéreux et une étude de faisabilité économique reste indispensable au cas par cas.

Aspects liés à la santé

L'être humain absorbe des PFAS surtout par le biais de l'alimentation, et celles-ci peuvent en partie s'accumuler dans l'organisme. Des études toxicologiques ont été réalisées de manière intensive ces dernières années. Elles indiquent un lien établi entre l’exposition aux PFAS et des problèmes de santé, en particulier : taux élevé de cholestérol dans le sang, réduction de la réponse immunitaire, effets sur la santé du foie, problèmes de développement chez les enfants, cancers, troubles liés à la fertilité, etc.

Tous les PFAS ne représentent pas les mêmes types et les mêmes niveaux de risque. Ceux qui suscitent une attention particulière sont notamment le PFOA et le PFOS (interdits en Suisse) qui contribuent le plus à l'exposition et au risque potentiel pour la santé. 

Normes réglementaires en Suisse 

En décembre 2022, de nouvelles valeurs maximales pour les PFAS ont été fixées dans la directive européenne 2022/2388 pour les œufs, les poissons et la viande. Cette récente régulation est entrée en vigueur dans l'Union européenne en janvier 2023. La Suisse va reprendre ces valeurs début 2024 dans l'Ordonnance sur les contaminants afin de protéger la population. Les autorités cantonales de contrôle des denrées alimentaires (pour Genève, le SCAV) vont devoir veiller à ce que les produits commercialisés respectent ces nouvelles exigences.

Actuellement, la législation suisse sur la protection des eaux et de l'environnement ainsi que les ordonnances correspondantes ne fournissent pas de directives légales claires et de valeurs d'appréciation pour les PFAS. Les connaissances sur la toxicité des PFAS et leur effet sur l'environnement et les êtres humains évoluent rapidement en fonction de l'acquisition continue des connaissances. Seule l'ordonnance du DFI sur l’eau potable et l'eau des installations de baignade et de douche accessibles au public (OPBD) fournit des valeurs limites officielles pour les PFAS. 

Pour plus d'informations, consultez le site de la Confédération et le rapport d'experts réalisé sur mandat de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Situation actuelle à Genève

Depuis 2017, l'Etat de Genève a pris en charge le dossier des PFAS en raison des risques sanitaires et environnementaux associés à ces composés. Des mesures ont été mises en place pour évaluer et réguler l'utilisation de ces substances. Genève est d'ailleurs précurseur dans le domaine : c'est l'un des premiers cantons suisses à avoir réalisé quatre campagnes d'échantillonnage et d'analyses des eaux souterraines afin de déterminer la présence de PFAS et leur dangerosité pour l'environnement.

Pour l’eau potable, la campagne de mesure des chimistes cantonaux de Suisse montre que la situation en Suisse est rassurante (voir communiqué). Ceci confirme également les résultats d’autocontrôle obtenus par SIG sur les eaux potables genevoises (lire communiqué du 2 mai 2023). Du point de vue environnemental, on observe cependant la présence de PFAS dans tous les types de nappe, notamment au droit de sites pollués inscrits. Plusieurs nouvelles procédures selon l'OSites concernant des sites potentiellement pollués aux PFAS ont été initiées en 2023. Les premières études consistent en des investigations historiques puis techniques ciblées. Les autorités cantonales ordonnent aux propriétaires ou exploitants concernés d'entreprendre les études et assainissements nécessaires. 

En Suisse, un premier groupe de travail sur les PFAS a été créé en 2019, réunissant l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), les cantons (dont Genève par le biais de l'OCEV-GESDEC et de la DGS-SCAV) et des spécialistes dans le but de produire des directives claires sur l'usage des polluants en question. 

En ce qui concerne les poissons, les œufs et la viande commercialisées, d’origine suisse ou étrangère, le SCAV va entreprendre des contrôles dès 2024. En parallèle, il va poursuivre son travail de coordination avec les autres cantons suisses et les offices fédéraux concernés ainsi qu’avec la DDPP de Haute Savoie par rapport aux poissons du Léman.

 

Pour toute information complémentaire au sujet des sites pollués et de l'environnement: 

Pour toute information complémentaire en lien avec la santé: 

Ressources supplémentaires 

Plus d'informations 

Depuis quand les PFAS sont-ils utilisés et quels domaines d'utilisations/secteurs sont concernés ?

La production de PFAS a débuté dans les années 1950, mais c'est seulement au début des années 1970 que ces produits chimiques ont commencé à être largement utilisés dans les industries suivantes :

  • Papetière
  • Textile (imperméables, chaussures, tapis anti-salissants etc.)
  • Photo (papier photo, pellicule et plaques photographiques)
  • Chimique (fart pour les skis, encres, vernis, cires, ustensiles de cuisine à revêtement antiadhésif, etc.)

On retrouve notamment les PFAS dans les produits de nettoyage et cosmétiques, les mousses anti-incendie et les peintures spéciales pour les murs

PFAS : quels effets sur l'environnement et la santé ? 

L'impact environnemental des PFAS (pollution des sols, denrées alimentaires et eau, effets sur la faune et flore, ainsi que les hommes) est apparu dans les années 1960, ce n'est que depuis une dizaine d'années qu'une prise de conscience collective s'est développée. Ces polluants ont souvent été rejetés dans l'environnement lors de la production et l'utilisation de produits qui en contenaient, entraînant des pollutions du sol, du sous-sol et des eaux souterraines.

Actuellement, les preuves scientifiques confirmant le lien entre une exposition aux PFAS et les effets sur la santé humaine restent limitées. Les études réalisées fournissent des indications montrant notamment des liens potentiels avec des perturbations hormonales, des problèmes hépatiques et des effets sur le système immunitaire.

Dans quels milieux sont détectables les PFAS ?

Compte tenu de l'utilisation variée de ces propriétés chimiques et de leur persistance, tous les milieux peuvent être concernés : l'eau, l'air, les sols et la chaîne alimentaire. 

Quel est le principal moyen de contamination en PFAS pour l'homme ?

Lorsque les PFAS sont rejetés dans l'environnement, ils peuvent contaminer les sources d'eau potable et les denrées alimentaires, qui peuvent ensuite être consommées par l'être humain. Les PFAS sont persistants après consommation et peuvent s'accumuler dans le corps au fil du temps. Par conséquent, la consommation d'eau potable contaminée par des PFAS peut entraîner une exposition continue et prolongée à ces substances chimiques. A Genève, l'eau potable ne présente aucun risque de contamination.

Si les PFAS sont dangereux, pourquoi ne pas les interdire ?

Les PFAS sont considérés comme dangereux pour la santé et l'environnement en raison de leur persistance, de leur capacité à s'accumuler dans les tissus vivants et de leurs effets toxiques potentiels. Cependant, leur interdiction complète pose des défis liés à l'utilisation industrielle, à la recherche de substituts, aux coûts économiques et à la nécessité d'une réglementation progressive. 

La décision d'interdire ces polluants ne peut être prise au niveau cantonal. La réglementation des PFAS en Suisse relève principalement de la compétence de la Confédération. Les PFOA et PFOS, considérés comme les PFAS les plus dangereux, sont déjà interdits tant au niveau suisse qu'européen pour assurer une protection environnementale et sanitaire. 

A Genève, comment fait-on pour éliminer les PFAS ?

Lors de l’évaluation des risques liés aux sites pollués par des PFAS, les autorités doivent prendre des décisions au cas par cas car il n’existe pas encore de valeurs de concentration pour ces substances dans l’OSites. Les procédés les plus courants sont l'excavation de matériaux et l'élimination hors site (incinération ou mise en décharge), le lavage des sols si leur qualité le permet, ou encore la stabilisation et les confinements sur site.

Le problème des PFAS devenant de plus en plus sensible, des valeurs de concentration et des valeurs limites pour la matière solide devraient bientôt être introduites dans les règlements concernés. 

A Genève, combien de sites pollués en PFAS ont-ils été identifiés ?

Il existe une diversité de sources potentielles de PFAS, ce qui complique l'estimation précise du nombre de sites contaminés, d'autant plus que le recensement de la situation est en constante évolution et de nouveaux sites peuvent parfois être découverts. Dans le cas de la caserne des Vernets, la présence de PFAS a été identifiée en raison de l'utilisation de mousses anti-incendie utilisées pendant les activités militaires ayant eu lieu sur ce site. Cette pollution a été détectée dans les sols et dans les eaux souterraines.

Des mesures ont été prises pour tenter de remédier à cette situation, notamment par le biais de travaux de dépollution et de contrôles réguliers de la qualité de l'eau et des sols. Toutefois, il est important de souligner que la dégradation des PFAS est difficile, ce qui rend la résolution complète du problème complexe et coûteuse.

Comment analyse-t-on la présence de PFAS dans l'eau ?

Pour analyser la présence de PFAS dans l'eau souterraine, des échantillons sont généralement prélevés au moyen de piézomètres installés dans le sol. Les piézomètres sont des instruments permettant de mesurer la pression de l'eau et de prélever des échantillons représentatifs de la nappe phréatique. Une fois les échantillons prélevés, ils peuvent être analysés en laboratoire pour déterminer la concentration de PFAS présente dans l'eau. Cette analyse permet de surveiller et d'évaluer l'impact de la contamination des PFAS sur la qualité de l'eau souterraine.

Comment les autorités traitent-elles ce sujet ? Comment l’utilisation des PFAS est-elle actuellement réglementée en Suisse ?

La Confédération suisse est chargée de réglementer leur utilisation et de mettre en place des mesures pour minimiser leur présence dans l'environnement. En ce sens, elle joue un rôle de supervision et de coordination vis-à-vis du canton et s'assure que les réglementations fédérales en matière de PFAS sont respectées dans un but de protection de l'environnement et de santé publique. A cet effet, le Conseil fédéral a accepté une motion demandant de fixer des valeurs limites et des conditions pour mieux lutter contre la pollution liée aux PFAS. Par ailleurs, l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) suit l'évolution de la situation dans l'UE, où des travaux préparatoires sont en cours concernant les PFAS.

Consultez le site de la Confédération pour découvrir les prochaines étapes et les actions envisagées concernant les aliments et l'eau potable.

Quels sont les défis auxquels le canton est confronté dans la gestion et la résolution de la contamination des sols par les PFAS ?

Il est actuellement admis que les PFAS sont déjà détectables presque partout dans les êtres vivants et le milieu naturel. Pour ce qui concerne plus directement l'Office cantonal de l'environnement (OCEV), compte tenu de leur stabilité chimique très forte, les possibilités de traitement et d’évacuation des terres souillées, en cas d’excavation, sont extrêmement réduites. 

La recherche de solutions pour diminuer les PFAS et assainir les sites contaminés correspond à un défi environnemental majeur pour les prochaines années, défi reflété par l'augmentation massive des publications scientifiques sur le sujet depuis quelques années.

Quels sont les procédés d'assainissements envisageables en relation avec les sites contaminés par des PFAS en Suisse ?

ll existe différentes options de traitement. Les moyens usuels sont :

  • Pompage et traitement : ce procédé implique l'extraction des eaux souterraines contaminés à l'aide de puits de pompage
  • Système d'adsorption des PFAS sur charbon actif : cette méthode consiste à ajouter du charbon actif dans l'eau contaminée. Agissant comme une éponge, le charbon absorbe les substances toxiques, puis l'eau est séparée du charbon pour obtenir une eau plus propre
  • Décontamination par excavation : cette technique consiste à retirer les matériaux contaminés d'un site pour permettre une gestion durable des déchets

A part les procédés décrits ci-dessus, toutes les autres techniques sont encore au stade de projet ou de développement.

Existe-t-il une méthode efficace pour éliminer les PFAS des sites pollués ?

Une manière sûre de détruire les PFAS est de les soumettre à une température de 1000 à 1200 degrés Celsius. Ce sont donc principalement les méthodes de traitement thermique à haute température comme la désorption thermique, les usines d'incinération des déchets spéciaux ou éventuellement les cimenteries qui entrent en ligne de compte pour éliminer les matériaux pollués par des PFAS. Dans la plupart des cas, une simple mise en décharge des sols ou des sous-sols pollués par des PFAS est exclue en raison des valeurs limites sévères et de la persistance de ce groupe de polluants.

Quelles perspectives pour les valeurs limites en Suisse ?

La Suisse a urgemment besoin de valeurs de concentration et de valeurs limites applicables aux déchets pour les PFAS. Malheureusement, il n'est pas encore possible de se prononcer sur la manière dont ces valeurs évolueront à l'avenir.