La réforme ne se limite pas à un jeu de fusions. Elle crée aussi un organe inédit, la Commission administrative des fondations immobilières (CAFI), chargée de coordonner l’action des cinq fondations et d’assurer une cohérence d’ensemble que l’éclatement précédent rendait difficile. Composée des présidences des cinq fondations ainsi que des représentants supplémentaires des fondations, afin que le nombre des membres corresponde au nombre de partis représentés au Grand Conseil, d’un représentant de l’OCLPF, d’un conseiller d’Etat ou de son représentant, elle devient le lieu où se discutent les orientations communes, l’harmonisation des pratiques et les grands dossiers qui dépassent le cadre d’une seule fondation. L’OCLPF y gagne une place renforcée, avec une représentation au sein de chaque conseil de fondation, qui scelle un partenariat plus étroit entre l’Etat et ses partenaires opérationnels.
Vingt-cinq ans plus tard, ce sont toujours les mêmes cinq fondations, Camille Martin, Emma Kammacher, Jean Dutoit, Emile Dupont et René et Kate Block, qui gèrent l’essentiel du parc HBM genevois, environ 9’000 logements répartis dans une vingtaine de communes. Leur secrétariat commun, le SFIDP, assure au quotidien la gestion locative et le suivi du patrimoine ainsi que la maîtrise d’ouvrage des projets de construction ou de rénovation-transformation. Pour leur part, les conseils de fondation, composés de quinze membres reflétant notamment les sensibilités politiques du Grand Conseil, continuent de porter les décisions stratégiques propres au parc HBM. La réforme de 2001 demeure ainsi la matrice institutionnelle sur laquelle repose, aujourd’hui encore, la gestion du logement HBM.