Les années 1990 : quand la crise immobilière redessine le rôle de l'Etat

Rue de Saint-Jean 26-32a, 1203 Genève © Etat de Genève
Rue de Saint-Jean 26-32a, 1203 Genève © Etat de Genève
Au début des années 1990, le marché immobilier genevois bascule après une longue période de surchauffe. La Banque nationale suisse durcit sa politique monétaire pour lutter contre l'inflation. Les taux hypothécaires augmentent fortement et rapidement, la capacité d'emprunt des ménages se réduit brutalement et la demande chute. Les valeurs des biens immobiliers amorcent une baisse durable après des années de hausse continue.

La correction touche aussi le secteur bancaire : la baisse des prix entraîne des pertes importantes pour les établissements de crédit, les défauts et restructurations se multiplient, les conditions d'octroi de crédits se resserrent considérablement. Pour les promoteurs et les maîtres d'ouvrage, financer de nouveaux projets de logements devient plus difficile. Le marché entre alors dans une longue phase de ralentissement : les transactions chutent, la construction marque le pas et les prix se stabilisent après des années de correction.

Face à cette situation, l'Etat renforce son intervention sur le marché. À Genève, l'OCLPF augmente les aides à la pierre pour soutenir la construction de logements abordables malgré le recul de l'investissement privé, avec pour objectif de limiter les effets sociaux de la crise. C'est dans ce contexte que l'intervention publique prend de l'ampleur, encadrant davantage le marché immobilier et posant les bases d'une politique du logement plus structurée, qui s'affirmera à partir de la fin des années 1990.