COVID-Culture - Que faut-il savoir sur les projet de transformation ? 

Crédit image : Olivier Miche / unsplash
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Résumé de la présentation aux faîtières culturelles du 21 janvier 2021 sur les projets de transformation par Cléa Redalié, responsable ad intérim du pôle culture de l'office cantonal de la culture et du sport.

En cette période de pandémie, les entreprises culturelles doivent faire face à une situation qui les force à concevoir de nouvelles stratégies. Afin de leur permettre de repenser plus facilement leur avenir proche, un dispositif d'accompagnement des entreprises culturelles, via des contributions à des projets dits de transformation, a été mis en place par la Confédération. Ce soutien est complémentaire aux indemnisations des pertes financières. 

Deux types d’aides principales dans le domaine de la culture en lien avec la pandémie de COVID-19 ont été mises en place ; les indemnisations et les projets de transformation. Le domaine d’application des aides d’indemnisations couvre les projets qui étaient prévus et n’ont pas pu avoir lieu pour cause de restrictions sanitaires. Les aides pour les projets de transformation,  sont pensées pour soutenir de nouveaux projets imaginés dans le contexte actuel et qui se projettent dans le futur. Autant les indemnisations posent un cadre rigide et contraint, autant les projets de transformation doivent être compris comme une ouverture.

Il est vrai que le terme ‘transformation’ a suscité de vives réactions auprès des actrices et acteurs culturel.le.s. Il ne s’agit à aucun moment de forcer les structures à changer. Le temporaire reste de mise. Pour autant, le potentiel des projets de transformation pour les créatrices et créateurs, pour les travailleuses et travailleurs culturels est bien réel. Les projets de transformation offrent des possibilités d’alternative alors que tout semble bloqué. Ils créent une marge de manœuvre, ils « donnent de l’air ». Le dispositif s’adresse tout autant aux petites structures qu’aux plus grandes, et même aux actrices et acteurs culturel.le.s qui peuvent s’organiser en association pour déposer des projets . 

Concrètement, qu'est-ce qu'un projet de transformation ? 
Il y a trois notions fondamentales pour les projets de transformation : 

  1. La notion de but, ce vers quoi tend le projet, en découle également l’importance donnée à l'auto-évaluation (l’idée étant de prévoir de se donner les moyens de vérifier si le projet a atteint les buts fixés) ; 
  2. La notion de durée : le projet doit avoir un début et une fin (au plus tard le 31 octobre 2022) ;  
  3. Et celle d’adaptation à la situation COVID.

Deux grandes catégories de projet de transformation ont été définies par l’OFC : 

  • les projets visant une réorganisation/réorientation structurelle de l’entreprise culturelle afin de lui permettre de traverser la crise ; 
  • les projets visant à reconquérir du public ou à toucher de nouveaux publics – soit d’une manière plus générale, à maintenir le lien avec le public.

De nombreux types de projets peuvent être inclus dans ces deux grandes catégories et un projet peut être les deux à la fois. Une réorganisation peut permettre de toucher de nouveaux publics et vice-versa. Ce qui compte dans une demande déposée auprès du guichet COVID-Culture est la capacité à montrer en quoi le projet permettra d’atteindre ces objectifs. 
Les projets de transformation peuvent contribuer à créer des emplois, ou a minima à en conserver. Cet aspect compte également dans la présentation de la demande.

Si l'on se place dans une perspective temporelle, un projet de transformation peut être : 

  1. une mesure transitoire pour faire face à la pandémie
  2. une démarche qui amorce des changements à plus long terme
  3. une mesure expérimentale pour tester des perspectives possibles ou les trois à la fois !

Afin d'illustrer ce qui précède, voici un tableau comportant des mots-clés qui, plus que des exemples, décriront une typologie générale des projets de transformation très variée et non-exhaustive. 

  • Nouveaux formats (coûts additionnels qu’ils impliquent)
  • Nouveaux champs d’activités 
  • Nouveaux lieux 
  • Nouvelles collaborations
  • Nouveaux partenariats (dans le domaine culturel et hors de celui-ci)
  • Transdisciplinarité
  • Acquisition de compétences 
  • Formation pour faire face à de nouveaux défis
  • Résidences
  • Numérisation
  • Offres spécifiques de médiation
  • Projets pilotes à des fins de recherche
  • Projets intercantonaux (nouveaux liens à l’intérieur de la Suisse – décloisonnement à l’intérieur des frontières)
  • Consolidation d’un répertoire
  • Préservation d’un patrimoine 

Quels sont les frais pris en charge, à quelle hauteur ?  
Tous les types de coûts peuvent être intégrés dans les demandes, des frais de matériel jusqu’aux salaires, mais également les investissements dans le domaine technique ou les infrastructures.
La contribution via le fonds COVID-Culture se monte au maximum à 80% du coût du projet (jusqu'à concurrence de 300'000 francs). Les 20% complémentaires doivent être trouvés en dehors des projets de transformation, soit : auprès de subventionneurs privés et publics, via des coproductions, des fonds propres, ou par le travail valorisé dans le budget. 

Il est important de savoir - même s’il n'est bien entendu pas souhaitable que de telles situations se présentent - que les projets de transformation peuvent permettre de financer par exemple: 

  • Les coûts pour un transfert de compétences à une autre organisation en cas de dissolution d'une structure ;
  • La rénovation des locaux pour pouvoir en louer une partie. 

Comment sont traités les dossiers ? 
Une commission analysera les dossiers selon des critères qualitatifs et en lien avec les politiques culturelles des collectivités publiques et rend une décision. Cette commission est composée des représentants des services culturels du canton, de communes et de la Ville de Genève et d'experts externes. L'année est découpée en plusieurs délais de dépôt de dossiers. Les réponses seront communiquées dans les meilleurs délais possibles. Il n'y a pas de possibilité d'obtenir un préavis. Le projet doit être terminé le 31.10.22 au plus tard. Le projet peut avoir débuté avant le dépôt de la requête mais au risque du porteur de projet.

Quels sont les autres critères qui seront retenus ? 

  1. Efficacité : Le caractère expérimental des projets est attendu par la commission, donc l’efficacité ne doit pas nécessairement être prouvée mais vous devrez définir des facteurs de réussite (ce qui sera mis en œuvre pour que le projet ait les meilleures chances de réussir). 
  2. Durabilité : il ne s’agit pas nécessairement d’un impact du projet sur le long terme, mais simplement sur la durée de la crise. 
  3. Innovation : il ne s’agit pas d’innover à tout prix. Ce critère n’est pas forcément à comprendre dans une optique de résultat. Mais il y a cette idée d’oser, d’explorer, d’expérimenter dans les processus eux-mêmes. 
  4. Lien avec la pandémie : la crise sanitaire peut être l’occasion de mettre en œuvre des modifications qui étaient souhaitées auparavant et qui paraissent actuellement encore plus nécessaires/pertinentes – mais le lien avec le situation actuelle Covid-19 doit être établi. 

En conclusion, le cadre des projets de transformation est très large. Le soutien apporté dans le cadre des projets de transformation doit toutefois rester complémentaire avec les soutiens existants (aide à la création, diffusion…), et ne pas empiéter sur ces dispositifs.

Le canton de Genève et les cantons romands suivront de très près ce dispositif mis en œuvre par l’ordonnance sur les mesures prévues par la loi COVID (et sa révision du 18.12.20) afin que les pratiques soient cohérentes, dans la mesure du possible, au niveau régional.