Les premières lois HLM à Genève : aux origines d'une politique du logement social

Emile Dupont (ancien conseiller d'Etat genevois) @RTS - www.notrehistoire.ch
Emile Dupont (ancien conseiller d'Etat genevois) @RTS - www.notrehistoire.ch
Dans les années 1950, Genève traverse une crise du logement sans précédent. Face à cette pénurie aiguë, l'État choisit d'intervenir massivement pour garantir un accès au logement au plus grand nombre, posant ainsi les fondements d'un modèle genevois du logement social qui reste une référence jusqu'à aujourd'hui.
Émile Dupont, « le père des HLM »

C'est dans ce contexte que sont adoptées les lois Dupont, nommées en hommage à Émile Dupont, Conseiller d'État chargé du Département du commerce, de l'industrie et du travail. Fervent promoteur du logement social dans le canton, il restera dans l'histoire comme le père des HLM genevois.

La première loi Dupont, adoptée en 1955 et dotée de 30 millions de francs, permet à l'État d'accorder des prêts hypothécaires à taux réduit. Elle établit le principe d'un investissement public comme levier central de l'action sociale. Deux ans plus tard, la deuxième loi Dupont (1957), dotée cette fois de 70 millions de francs, renforce considérablement ce dispositif : elle finance directement la construction de logements sociaux via des subventions aux HLM, plafonne les loyers aidés et favorise le développement de l'habitat en périphérie. Elle est adoptée conjointement avec la loi sur le développement de l'agglomération urbaine, future LGZD.

Des quartiers emblématiques qui transforment le canton

Ces deux lois permettent la réalisation de quartiers qui vont profondément transformer le visage du canton, faisant passer Genève d'une ville compacte à une agglomération étendue. Les Tours de Carouge, la Cité de Meyrin et la Cité du Lignon sont parmi les exemples les plus emblématiques de cette période de construction intense, pensée pour loger dignement un grand nombre de personnes.

Un héritage toujours vivant

Les années 1950 posent les bases d'un modèle genevois fondé sur l'équilibre entre soutien public et contrôle étatique, dans le cadre d'un partenariat public-privé structuré. Cette vision, toujours d'actualité, fonde l'action de ce qui deviendra l'Office cantonal du logement et de la planification foncière (OCLPF), dont la mission s'inscrit dans la continuité directe de cet héritage pionnier.