L'arbre urbain à l'épreuve du climat et de l'eau - Réponses aux questions posées lors du webinaire eau en ville du 28 mai 2026

Extrait de la présentation introductive du webinaire
Extrait de la présentation introductive du webinaire
Dans le cadre de la démarche eau en ville, l'office cantonal de l'eau a organisé un webinaire de partage d'expériences sur les arbres urbains. De nombreuses questions ont été posées aux deux spécialistes présents. Les questions et les réponses sont reprises dans cette page.
Lien vers l'article du blog et les vidéos du webinaire de partage d'expériences eau en ville du 28 mai 2026 "L'arbre urbain à l'épreuve du climat et de l'eau"

Les arbres plantés plus petits ont-ils davantage de chances de survivre et de s'adapter au climat urbain, notamment dans le contexte du changement climatique ?

Il faut considérer le cycle de vie complet d'un arbre, depuis la graine jusqu'à l'âge adulte. Lorsque l’on plante un arbre déjà grand, on « saute » en quelque sorte les premières phases de son adaptation à l'environnement. Cet arbre a généralement grandi en pépinière, dans des conditions souvent très différentes de celles qu'il rencontrera en ville.

À l'inverse, un jeune arbre s'adapte plus facilement à son nouveau milieu. Il développe progressivement son système racinaire et ses associations avec les champignons du sol (les mycorhizes), qui améliorent l'accès à l'eau et aux nutriments. Même si un jeune arbre est parfois moins spectaculaire dans un projet d'aménagement, il a souvent davantage de chances de s'installer durablement et de vivre longtemps.

Un autre avantage est qu'il est plus facile à remplacer si le choix de l'espèce s'avère inadapté.


Existe-t-il des études ou des listes d'espèces particulièrement résistantes à la sécheresse ?

Cette question mobilise aujourd'hui de nombreuses personnes : forestiers, spécialistes en physiologie végétale, aménagistes, pépiniéristes et chercheurs. Toutes et tous cherchent à répondre à la question : que faut-il planter aujourd'hui pour que cela fonctionne encore dans vingt ou trente ans ?

Plusieurs ressources existent. En France, le site ClimEssences, développé par l'ONF (Office National des Forêts) et le CNPF (Centre National de la Propriété Forestière), rassemble des informations sur plus de 260 espèces à partir d'une importante synthèse bibliographique.

D'autres organismes, comme Plante & Cité, les jardins botaniques ou encore les services des espaces verts de villes comme Genève, produisent également des recommandations en fonction du contexte : parc, avenue, place urbaine, etc.

Plutôt que d'établir une liste définitive des espèces à planter, il est souvent plus pertinent de tester différentes essences et de partager les retours d'expériences. Il pourrait même être utile de dresser une « liste rouge » des espèces qu'il serait préférable de ne plus planter dans certains contextes, car leur avenir semble compromis à moyen terme. C'est notamment le cas de certaines espèces comme les épicéas ou les bouleaux dans les régions les plus exposées au réchauffement.

On peut rappeler qu’il est déjà essentiel, avant de choisir l’arbre à planter, de bien connaitre le sol et les ressources hydriques qu’il aura à disposition et que l’espèce choisie devra être adaptée à cela.


Quel rôle joue le Jardin botanique sur les questions liées aux arbres et au changement climatique ?

Les jardins botaniques jouent un rôle essentiel dans la compréhension et la préservation de la biodiversité végétale. Face à l'accélération du changement climatique, certaines études estiment que de nombreuses espèces devraient migrer plusieurs centaines de fois plus vite qu'elles ne le peuvent naturellement pour suivre l'évolution des conditions climatiques.

Les jardins botaniques acclimatent depuis longtemps des espèces provenant de régions différentes et accumulent ainsi une expérience précieuse sur leur comportement dans de nouveaux contextes climatiques.

Ils ont également une mission de recherche, de formation et de sensibilisation du public. À Genève, plusieurs chercheurs s'intéressent notamment aux effets du changement climatique sur les plantes, mais aussi sur leurs interactions avec les animaux, les insectes, les maladies et les organismes pathogènes qui se déplacent eux aussi sous l'effet du réchauffement.


Les villes et les communes intègrent-elles déjà ces nouvelles connaissances dans leurs plantations ?

Oui, de plus en plus. Les collectivités publiques sont généralement très attentives à ces questions lorsqu'elles gèrent directement leurs espaces verts. La situation est parfois plus complexe dans les projets privés, où de nombreuses contraintes doivent être conciliées : logements, voiries, réseaux techniques, etc.

Néanmoins, la prise en compte de la résilience des arbres face aux épisodes de sécheresse progresse nettement. Aujourd'hui, la réussite d'un projet dépend aussi de sa capacité à anticiper les conditions climatiques futures. Le choix des essences s'est considérablement amélioré au cours des dix dernières années, même si certaines erreurs resteront inévitables.


La forme du système racinaire joue-t-elle un rôle dans la résistance des arbres à la sécheresse ?

Oui. Certaines espèces développent naturellement des racines superficielles, tandis que d'autres possèdent des racines pivotantes capables de descendre profondément dans le sol.

Par exemple, le hêtre possède généralement un système racinaire relativement superficiel, adapté aux milieux forestiers frais et ombragés. À l'inverse, certains pins méditerranéens développent des racines profondes leur permettant d'aller chercher l'eau loin sous la surface.

Cependant, les arbres ne sont pas totalement figés dans leur développement. En situation de stress hydrique et en fonction des propriétés du sol, ils peuvent modifier leur stratégie et orienter leur croissance racinaire vers les zones où l'eau est disponible, parfois même au point d'endommager certaines infrastructures souterraines (en rappelant que les racines sont incapables de perforer une canalisation en bon état).


Peut-on habituer un arbre à résister au manque d'eau en l'arrosant moins ?

Comme chez l'être humain, certains mécanismes d'adaptation existent. Un stress modéré peut parfois favoriser l'acquisition de certaines capacités de résistance. Cependant, il reste difficile de définir précisément les limites au-delà desquelles le stress devient dommageable.

Les chercheurs travaillent encore à mieux comprendre jusqu'où ces capacités d'adaptation peuvent aller et quelles sont leurs conséquences à long terme.


Les pépiniéristes sélectionnent-ils déjà des arbres mieux adaptés aux conditions futures ?

Oui. Les pépiniéristes suivent de près l'évolution des recommandations techniques et des orientations publiques. Ils produisent de plus en plus d'espèces reconnues pour leur résistance à la chaleur et à la sécheresse.

Cette évolution répond à la fois à une logique économique — éviter de produire des arbres qui ne trouveront plus preneur — et à leur rôle dans la préparation des paysages de demain. Leur expertise est particulièrement précieuse, car ils accompagnent les végétaux depuis leur plus jeune âge et connaissent bien leurs exigences.


En plantant des espèces plus résistantes à la chaleur, ne risque-t-on pas de fragiliser les espèces indigènes ?

C'est une préoccupation légitime et largement prise en compte dans les projets d'aménagement.

Lorsqu'on remplace des espèces locales par des espèces exotiques, on peut effectivement perturber certains équilibres écologiques. De nombreux insectes, champignons ou autres organismes dépendent des plantes indigènes pour leur alimentation ou leur reproduction.

Toutefois, le choix dépend du contexte. Lorsque les conditions de plantation restent favorables (sol profond, disponibilité en eau, espace suffisant), il est généralement préférable de privilégier des espèces locales capables de supporter la chaleur, comme le sorbier blanc ou l'érable champêtre.

Dans les situations urbaines les plus contraignantes, certaines espèces exotiques peuvent néanmoins constituer une solution pertinente pour maintenir une couverture arborée durable.

Barcelone prévoit d'abattre 24 000 platanes d'ici 2037 pour les remplacer par des espèces moins consommatrices d'eau. Est-ce une bonne stratégie ?

Il est difficile de répondre par des généralités. Dans les métiers de l'arbre et du paysage, chaque situation doit être analysée au cas par cas.

Le platane est une essence particulièrement adaptée à de nombreux contextes urbains. En revanche, dans certaines villes soumises à des contraintes hydriques importantes, comme Barcelone, son maintien peut devenir plus complexe. C'est un arbre qui transpire beaucoup et qui est naturellement associé à des milieux relativement riches en eau.

Cela ne signifie pas qu'il faut cesser de planter des platanes partout. Le véritable enjeu reste de choisir l'espèce adaptée aux conditions locales. Le principe du « bon arbre au bon endroit » demeure plus pertinent que jamais.

Moins d'eau consommée signifie-t-il moins de fraîcheur ?

Oui, c'est souvent le cas.

Les espèces les plus économes en eau présentent généralement une transpiration plus faible. Elles développent souvent des feuilles plus petites et des couronnes moins importantes, ce qui réduit également leur capacité à produire de l'ombre.

C'est pourquoi la question ne peut pas être réduite à la seule consommation d'eau. Lorsque les conditions le permettent, il reste pertinent de planter des arbres capables de développer une large couronne et d'assurer un fort rafraîchissement urbain. À l'inverse, dans les secteurs où la ressource en eau est limitée, il est préférable de sélectionner des essences plus sobres.

L'essentiel est d'évaluer dès le départ les ressources disponibles et le potentiel du site afin de choisir l'espèce la plus adaptée.


Les capteurs qui mesurent directement la transpiration des arbres peuvent-ils remplacer les sondes tensiométriques utilisées pour le suivi de l'humidité du sol ?

Les mesures de flux de sève sont principalement utilisées dans le cadre de recherches scientifiques. Elles nécessitent l'installation de plusieurs capteurs directement dans le tronc et restent relativement invasives.

Ces dispositifs permettent de quantifier précisément les volumes d'eau transportés et transpirés par l'arbre.

Pour la gestion courante des plantations urbaines, des sondes tensiométriques ou des capteurs d'humidité du sol sont généralement suffisants. Ils permettent de connaître la quantité d'eau réellement disponible pour les racines et d'identifier les seuils à partir desquels l'arbre entre en stress hydrique.

Dans la plupart des situations, ce type de suivi répond efficacement aux besoins de gestion.


Les arbres arrêtent-ils complètement de transpirer lors des épisodes de fortes chaleurs ?

Les arbres régulent leur transpiration grâce à de petites ouvertures présentes sur les feuilles, appelées stomates.

Plusieurs facteurs peuvent provoquer leur fermeture :

  • un manque d'eau dans le sol ;
  • une température de l'air ou des feuilles trop élevée.

Lorsque les conditions deviennent critiques, l'arbre ferme progressivement ses stomates afin de limiter ses pertes d'eau. Cette fermeture n'est toutefois jamais totale : une légère transpiration persiste toujours.

Durant ces périodes, l'arbre est alors confronté à un dilemme. S'il maintient ses stomates ouverts, il continue à produire de l'énergie grâce à la photosynthèse mais risque de manquer d'eau. S'il les ferme, il se protège du stress hydrique mais ralentit fortement son activité physiologique.


Les conifères ont-ils la même capacité de rafraîchissement que les arbres feuillus ?

Les conifères possèdent généralement une capacité de transpiration plus faible que les feuillus ainsi qu’une ombre plus réduite. Leur structure foliaire, sous forme d'aiguilles, limite naturellement les pertes d'eau.

Pendant la période de végétation, les feuillus transpirent donc beaucoup plus intensément et contribuent davantage à la réduction des îlots de chaleur.

Toutefois, les conifères conservent leurs aiguilles toute l'année et continuent à transpirer même en hiver. Certaines études suggèrent ainsi que, sur une année complète, les volumes d'eau transférés vers l'atmosphère peuvent finalement être relativement comparables.


Quel est le risque de maintenir un arrosage trop longtemps après la plantation ?

L'arrosage est indispensable durant les premières années suivant la plantation. En revanche, il peut devenir contre-productif s'il se prolonge indéfiniment.

L'un des défis actuels consiste à accompagner progressivement les arbres vers une autonomie hydrique. Un arbre constamment assisté par l'arrosage développe souvent un système racinaire réduit et moins performant, car il n'a pas besoin de rechercher l'eau en profondeur.

Certaines observations montrent que les arbres arrosés pendant de nombreuses années présentent parfois une longévité plus faible et deviennent plus vulnérables à mesure qu'ils vieillissent.

Cette question est particulièrement importante à l'heure où de nombreuses collectivités prévoient d'augmenter massivement leur patrimoine arboré. À long terme, il ne sera pas possible d'arroser systématiquement tous les arbres plantés.


Les matériaux à forte capacité de rétention d'eau, comme le biochar, permettent-ils d'améliorer l'autonomie des arbres ?

Le biochar peut effectivement constituer une réponse intéressante dans certaines situations. De par sa très grande porosité structurale, sa capacité de stockage de l'eau est importante et contribue ainsi à améliorer les conditions de croissance en augmentant les quantités d’eau disponible pour la plante. Le biochar (également sous sa forme compostée : terra preta) offre de plus de nombreux avantages comme celui de stocker du carbone dans les sols, d’en améliorer la qualité structurale et de valoriser des déchets. 

Si cela est possible, notamment face aux contraintes financières que cela peut générer, son apport aura toujours un impact positif. Néanmoins, la qualité d’une plantation n’en dépend pas. Avant d'ajouter un amendement technique, il convient d'analyser la qualité du sol existant, les conditions d'infiltration et les caractéristiques du projet. Dans de nombreux cas, le sol en place répond déjà correctement aux besoins de l'arbre.

Le biochar doit donc être envisagé comme un outil complémentaire et non comme un réflexe systématique.


Est-il préférable d'infiltrer directement les eaux de pluie au pied des arbres ou de les stocker pour un arrosage ultérieur ?

Là encore, il n'existe pas de réponse unique.

L'infiltration des eaux pluviales à proximité des arbres constitue l'un des principes fondamentaux de la « ville éponge » et présente de nombreux avantages. Cela reste le processus à favoriser. Toutefois, cette stratégie ne doit pas être appliquée automatiquement.

Attention cependant aux excès d'eau qui provoquent des dépérissements. Avant de rediriger les eaux vers une fosse de plantation, il est essentiel de vérifier la capacité d'infiltration du sol, la présence éventuelle de stagnation d'eau et les besoins réels de l'espèce concernée.

Lorsque les conditions sont favorables, la valorisation directe des eaux pluviales représente souvent une solution pertinente pour renforcer la résilience des arbres urbains tout en limitant les besoins d'arrosage.

 

Est-il préférable de planter à l'automne plutôt qu'au printemps ?

Dans la plupart des situations, la plantation automnale offre les meilleures conditions de reprise. L'arbre bénéficie alors de plusieurs mois pour développer son système racinaire avant l'arrivée des fortes chaleurs estivales. Cette période d'installation favorise une meilleure adaptation au site et réduit généralement les risques de stress hydrique lors du premier été.

La plantation de printemps reste tout à fait possible, mais elle nécessite souvent un suivi plus attentif, notamment en matière d'arrosage. Dans tous les cas, la réussite d'une plantation dépend avant tout de la qualité du sol, du soin apporté à la mise en œuvre et de l'entretien réalisé durant les premières années.


Que penser de l'abattage d'un arbre devenu inadapté aux conditions climatiques ?

La question mérite d'être examinée au cas par cas. Avant d'envisager l'abattage d'un arbre existant, il est important d'évaluer son état sanitaire, sa capacité réelle d'adaptation et les services qu'il rend déjà à son environnement.

Un arbre adulte procure souvent une ombre importante, contribue au rafraîchissement urbain et abrite une riche biodiversité. Ces bénéfices ne peuvent être remplacés immédiatement par une jeune plantation. Le remplacement peut néanmoins se justifier lorsque le dépérissement est avancé ou lorsque les perspectives de survie à moyen terme apparaissent limitées.


Peut-on privilégier des essences qui rafraîchissent davantage la ville ?

Le pouvoir rafraîchissant d'un arbre repose sur plusieurs mécanismes complémentaires. L'évapotranspiration joue un rôle important, mais l'ombrage produit par la couronne et la surface foliaire disponible l'est encore plus. C'est l'ombre qui participe à la sensation de confort thermique urbain, responsable de 80% du rafraîchissement selon des études récentes, le 20% restant étant dû à l'évapotranspiration. 

Pour autant, une essence très consommatrice d'eau n'est pas nécessairement la plus efficace dans la durée. Si elle entre régulièrement en stress hydrique, ses capacités de refroidissement diminueront fortement. À l'inverse, une espèce légèrement moins transpirante mais bien adaptée aux conditions locales pourra assurer un rafraîchissement plus constant et plus durable.


Quels enseignements tirer de la mortalité observée dans une plantation ?

L'analyse d'un échec de plantation constitue souvent une source d'enseignement précieuse. Les causes sont rarement uniques et résultent généralement de plusieurs facteurs combinés : manque d'eau, volume de sol insuffisant, qualité médiocre du substrat, asphyxie racinaire ou encore entretien inadapté durant les premières années.

L'objectif d'un retour d'expériences n'est pas tant d'identifier une responsabilité que de comprendre les facteurs limitants afin d'améliorer les pratiques futures et de renforcer la résilience des plantations à venir.


Quelle profondeur de nappe les arbres peuvent-ils atteindre ?

La capacité d'un arbre à accéder à une nappe dépend de nombreux paramètres : l'espèce concernée, la nature du sol, la présence d'obstacles et les conditions locales.

La majorité des racines actives se concentre dans les premiers mètres du sol, là où se trouvent les ressources les plus facilement accessibles. Certaines espèces sont toutefois capables d'exploiter des réserves situées à plusieurs mètres de profondeur, parfois au-delà de cinq ou dix mètres lorsque les conditions sont favorables. En milieu urbain, cette capacité est souvent limitée par les infrastructures souterraines et la fragmentation des sols.


Est-il vraiment nécessaire de rechercher l'autonomie de l'arbre ?

Dans une perspective de plantation durable et à large échelle, l’autonomie de l’arbre constitue un objectif essentiel. Un arbre capable de trouver durablement les ressources nécessaires à son développement requiert moins d’entretien et permet de réduire les contraintes techniques, notamment en matière d’arrosage, de mobilisation d’eau potable et de coûts de gestion. Il en résulte généralement des sujets plus résilients face aux aléas climatiques et présentant une durée de vie plus longue.

Toutefois, il peut être considéré que l’autonomie complète ne peut pas être atteinte dans toutes les situations. Les plantations réalisées sur dalle, dans des fosses fortement contraintes ou dans des environnements très minéralisés peuvent nécessiter des apports en eau pérennes. L’enjeu reste cependant de réduire au maximum ce type de situation et d’adapter le choix du végétal aux conditions du site. La plantation d’arbres tiges ne doit pas être systématique.  Il s’agit d’explorer l’ensemble de la palette végétale et des strates (arbres, arbustes, arbrisseau, herbacée) disponibles afin de retenir la mieux adaptée au milieu concerné et permettant d’atteindre le niveau d’autonomie le plus élevé possible au regard des caractéristiques du site.


Pourquoi chercher à « couper le cordon » avec l'arrosage ?

Durant les premières années suivant la plantation, l'arrosage il demeure indispensable pour permettre à l'arbre de s'installer correctement.

En revanche, maintenir une assistance permanente peut freiner le développement d'un système racinaire capable d'explorer le sol en profondeur et d'exploiter les ressources naturellement disponibles. À long terme, une dépendance excessive à l'arrosage peut devenir problématique, notamment en période de restriction d'eau ou lorsque les coûts d'entretien augmentent.

L'idée est donc d'accompagner progressivement l'arbre vers une plus grande autonomie tout en conservant la possibilité d'intervenir lorsque les conditions du site l'exigent.


Les racines risquent-elles de pourrir lorsqu'elles atteignent la nappe phréatique ?

Non, les racines ne pourrissent pas nécessairement lorsqu’elles atteignent la nappe phréatique. De nombreux végétaux sont capables de développer des racines au contact de zones saturées en eau, voire directement dans la nappe, sans subir de phénomène d’asphyxie, à condition que l’espèce soit adaptée à ce type de situation et que les conditions du milieu restent favorables. 

Le véritable risque apparaît lorsque le sol demeure saturé en eau pendant de longues périodes et que l'oxygène devient insuffisant pour assurer le fonctionnement normal des racines.

Certaines espèces, comme les saules ou les aulnes, sont particulièrement bien adaptées à ces conditions et peuvent prospérer à proximité immédiate de la nappe. D'autres, en revanche, sont beaucoup plus sensibles à l'asphyxie racinaire et supportent mal les sols durablement gorgés d'eau.

La tolérance dépend donc avant tout de l'espèce et des caractéristiques du sol.


Comment déterminer la surface à désimperméabiliser autour d'un arbre ?

Il n'existe pas de surface idéale applicable à toutes les situations. Les besoins varient selon l'espèce, la taille que l'on souhaite atteindre, la qualité du sol et les continuités racinaires disponibles dans l'environnement.

Aujourd'hui, les professionnels raisonnent de moins en moins en termes de simple surface ouverte et s'intéressent davantage au volume de sol réellement exploitable par les racines. Un espace restreint mais connecté à un volume de sol important peut parfois offrir de meilleures conditions de développement qu'une grande surface isolée.

L'objectif reste de garantir à l'arbre un accès durable à l'eau, à l'air et aux nutriments nécessaires à sa croissance.


Les fosses terre-pierre peuvent-elles fonctionner sans grille de récupération des eaux ?

Oui, les fosses terre-pierre peuvent fonctionner sans grille de récupération des eaux.

Il convient toutefois de rappeler que leur objectif principal est d’offrir aux végétaux un volume de sol élargi, tout en garantissant la portance nécessaire aux surfaces carrossables ou circulées. La présence d’une grille n’est donc pas une obligation systématique.

Les fosses terre-pierre peuvent également contribuer à l’infiltration des eaux pluviales. En raison de la forte proportion d’éléments grossiers dans leur structure, elles présentent généralement une vitesse d’infiltration élevée. En revanche, ces matériaux retiennent peu l’eau, ce qui limite leur capacité de stockage hydrique durable pour les végétaux.

Le choix d’intégrer ou non une grille de récupération des eaux doit donc dépendre des contraintes du site, du régime hydrique local et des objectifs du projet : simple augmentation du volume racinaire, gestion des eaux pluviales, alimentation hydrique des plantations ou combinaison de ces fonctions.


Une couche d'aération est-elle toujours nécessaire dans une fosse terre-pierre ?

Non, une couche d’aération n’est pas toujours nécessaire dans une fosse terre-pierre.

L’enjeu principal consiste avant tout à garantir une bonne continuité entre le sol et l’atmosphère, afin de permettre les échanges gazeux indispensables au bon fonctionnement racinaire. Cette continuité doit assurer une circulation suffisante de l’air dans le sol, un drainage efficace et l’absence de zones durablement saturées en eau.

Selon la conception de la fosse, la granulométrie du mélange terre-pierre, la nature du substrat et les conditions hydriques du site, ces objectifs peuvent généralement être atteints sans dispositif d’aération spécifique. Une couche d’aération ne doit donc pas être considérée comme systématique, mais comme une solution à envisager lorsque la configuration de la fosse ne permet pas, à elle seule, de garantir des conditions satisfaisantes d’oxygénation et de drainage.


Vaut-il mieux un arbre qui survit sans arrosage ou un arbre vigoureux mais dépendant d'un apport d'eau permanent ?

Cette opposition est en réalité un faux dilemme. L'objectif n'est ni de maintenir un arbre en situation de survie permanente ni de le rendre totalement dépendant d'un arrosage artificiel.

L'ambition doit être de disposer d'un arbre en bonne santé, capable de remplir les fonctions attendues — ombrage, rafraîchissement, biodiversité, qualité paysagère — avec le minimum d'interventions extérieures nécessaires.

Un arbre qui végète faute de ressources apporte généralement peu de bénéfices à son environnement. À l'inverse, un arbre dépendant d'un apport d'eau excessif peut s'avérer difficile à maintenir sur le long terme. L'équilibre se situe entre ces deux extrêmes.


Peut-on favoriser systématiquement l'infiltration des eaux pluviales dans un sol pollué ?

Non. La présence d'un sol pollué impose une analyse préalable approfondie.

La nature des polluants, les risques de transfert vers la nappe phréatique, les contraintes réglementaires et la qualité des eaux infiltrées doivent être étudiés avant toute décision. Dans de nombreux cas, la valorisation des eaux pluviales reste pertinente et souhaitable, mais elle doit être mise en œuvre dans un cadre compatible avec les enjeux environnementaux et sanitaires du site.


Connaît-on la proportion d'arbres arrosés à Genève et les coûts associés ?

À l'heure actuelle, il n'existe pas de données consolidées à l'échelle de l'ensemble du canton permettant de répondre précisément à cette question.

Les pratiques varient fortement selon les propriétaires, les communes, les types d'aménagements et les stratégies de gestion mises en œuvre. Une estimation fiable nécessiterait donc la collecte et l'analyse de données provenant de nombreux gestionnaires différents.