Smog hivernal : être informé pour mieux se protéger

Les particules fines, ou PM10, sont des poussières suffisamment fines pour pénétrer profondément dans nos poumons. C'est pendant la mauvaise saison, notamment durant les périodes de stratus, que leur présence dans l'air peut augmenter, formant ce que l'on appelle le smog hivernal.
Smog hivernal : être informé pour mieux se protéger
Smog hivernal : être informé pour mieux se protéger

Elles peuvent alors affecter la santé et notamment celle des personnes sensibles : personnes âgées, jeunes enfants, personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardio-vasculaires. L'information joue un rôle important pour prévenir les atteintes sanitaires. En effet, les personnes sensibles peuvent se protéger en réduisant les contacts avec les PM10 lorsque leurs concentrations sont élevées. Pour qu'elles puissent adapter au mieux leur comportement, des informations en temps réel sur les concentrations particules fines sont mises à la disposition du public, notamment sur le site www.ge.ch/air ou sur l'application smartphone AirCHeck . En cas pic de pollution, un dispositif de communication aux médias est activé en vue d'alerter le public.

Les particules fines sont les principales composantes du smog hivernal. Elles ont des origines diverses, tels que les processus de combustion (notamment moteurs à combustion, chauffage à bois, incinération), les phénomènes d'abrasion (usure des freins ou des pneus) ou les procédés industriels. Les particules les plus nocives sont les suies issues de combustion car certaines d'entre elles sont potentiellement cancérigènes.

En temps normal, les poussières en suspension dans l'air sont dispersées par la pluie ou le vent. Elles peuvent néanmoins s'accumuler - parfois fortement - lorsque des couches d'air froides sont piégées à basse altitude, notamment durant les périodes de stratus hivernal. C'est donc entre le mois de novembre et le mois de mars qu'il importe de prendre des précautions pour prévenir les effets indésirables des PM10 sur la santé.

Les bons réflexes pour prévenir les risques

Du fait de leur petite taille, les particules fines peuvent pénétrer profondément dans les ramifications des poumons et atteindre la circulation sanguine. Leurs effets sur la santé dépendent de leur nature, de leur concentration dans l'air, de la durée d'exposition et du volume inhalé. Lorsque leur concentration augmente, les particules fines peuvent déclencher des crises d'asthme, diminuer les fonctions respiratoires, provoquer des inflammations, ou encore entraîner des troubles cardio-vasculaires. Dans les cas les plus graves, elles peuvent aller jusqu'à induire des décès prématurés. Ce sont les enfants en bas âge ainsi que les personnes âgées ou souffrant de maladies cardiaques ou respiratoires qui sont les plus exposés.

Durant les journées affectées par des concentrations importantes de particules fines, les personnes sensibles peuvent se protéger en :

  • évitant les efforts physiques intenses à l'extérieur;
  • restant vigilant par rapport à toute aggravation de l'état de santé ou tout symptôme évocateur;
  • évitant les expositions à d'autres facteurs irritants, comme le tabac, les fumées ou les solvants, pour ne pas aggraver les effets de la pollution.

Suivre en direct les niveaux de pollution

L'information joue un rôle important pour réduire les atteintes sanitaires liées aux particules fines. Afin de permettre aux personnes sensibles et aux acteurs concernés (institutions de santé, foyers pour personnes âgées, crèches, etc.) d'adapter au mieux leurs pratiques durant la mauvaise saison, l'Etat de Genève met à disposition de la population des informations sur les niveaux de particules fines.

Ainsi, chaque jour et en temps réel, les données relatives aux concentrations de particules fines sont diffusées sur la page Internet www.ge.ch/air ou, pour les propriétaires de smartphone, par le biais de l'application AirCHeck . Un indice de pollution de l'air quotidien "IPair" est également à disposition des médias qui peuvent le reprendre dans leur rubrique météo.

Par ailleurs, en cas pic de pollution, un dispositif de communication et d'intervention spécifique (voir l'encadré) est activé en vue d'alerter le public.

Agir à chaque échelle contre la pollution de l'air

Les particules fines, notamment les plus nocives, sont issues essentiellement des activités humaines. C'est donc en agissant à la source de ces substances que l'on peut diminuer durablement la pollution de l'air. C'est précisément l'objectif du Plan de mesures OPair 2013-2016 que l'Etat de Genève met en œuvre en menant des actions ciblant notamment les domaines de la mobilité, des chantiers ou des chauffages.

Améliorer la qualité de l'air requiert cependant la collaboration de tous et chacun peut contribuer efficacement à cet enjeu dans ses agissements individuels.

Lors de déplacements :

  • privilégier les modes de transport non polluants (marche, vélo, …) pour les trajets courts
  • privilégier les transports en commun et les P+R
  • pratiquer le co-voiturage
  • renoncer à l'utilisation de voitures diesel non équipée de filtre à particules
  • conduire selon la méthode Eco-Drive® (conduite souple, écologique et économique)

A la maison ou au jardin :

  • s'assurer que son chauffage ou sa cheminée sont bien réglés et chauffer son logement au maximum à 19-20°C
  • renoncer aux feux de "confort" (cheminée, poêle) ainsi qu'à tout feu en plein air
  • privilégier les produits locaux et de saison nécessitant moins de transports et d'énergie

Il est recommandé d'adopter ces comportements toute l'année pour prévenir la pollution de l'air. Ils prennent une importance encore accrue durant la mauvaise saison car ils contribuent à la diminution du smog hivernal.

Nouvelle mesure durant les pics de pollution aux PM10

En matière de qualité de l'air, l'Etat de Genève met avant tout l'accent sur les actions préventives de long terme. Des mesures sont cependant prévues en période de pic de pollution. Le premier objectif consiste à prévenir les risques sanitaires pour les personnes sensibles en les informant. Le dispositif, renforcé cet automne par le Conseil d'Etat avec l'intégration d'un niveau de pré-information, prévoit une gradation cumulative des mesures (voir tableau). Ainsi, lorsque la concentration de particules fines dépasse la valeur limite fixée par la loi dans deux stations de mesures genevoises, il est dans un premier temps recommandé aux usagers de l'autoroute de contournement d'abaisser leur vitesse à 80 km/h. Cette recommandation devient une obligation si la pollution persiste plus de 2 jours. Cette procédure est également appliquée d'une manière similaire en France voisine.

En cas de hausse marquée du taux de particules fines, un avis est communiqué aux médias en vue d'alerter le public, de façon concertée avec les cantons romands. Si les concentrations augmentent encore et que les conditions météorologiques ne laissent pas présager d'amélioration, des mesures contraignantes – interdiction des feux de plein air et d'agrément, interdiction d'utiliser certains engins de chantier, voire l'instauration de la circulation alternée - peuvent être adoptées. Ces interventions permettent de limiter les émissions de particules fines en agissant sur leurs principales sources.

Tableau

Contacts médias

M. Philippe Royer, directeur du service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants +41(22) 388 80 41

M. Jacques-André Romand, médecin cantonal, +41(22) 546 50 00

Partagez cette page