Face à la hausse rapide des cyberattaques et des escroqueries de ce type, le Conseil d’Etat genevois dresse un état des lieux des actions menées et des mesures à venir en matière de sécurité numérique, en réponse à la Motion 2922 du Grand Conseil “pour améliorer la sécurité numérique des personnes face à la cybercriminalité”.
S’inscrivant pleinement dans la troisième cyberstratégie nationale, adoptée par la Confédération et les cantons en avril 2023, il poursuit une stratégie globale visant à renforcer la protection des citoyennes et citoyens, des entreprises et des infrastructures publiques, tout en accompagnant la transition numérique du canton.
Un enjeu majeur de société
Appels frauduleux, courriels piégés, faux QR codes, usurpations d’identité ou deepfakes : les cybermenaces se multiplient et touchent l’ensemble de la population. En 2024, plus de 63 000 signalements ont été recensés au niveau fédéral. Dans ce contexte, la sécurité numérique est devenue un enjeu central, dépassant largement les frontières cantonales et nationales.
Une action coordonnée, du local à l’international
L’action de Genève s’inscrit dans le cadre de la cyberstratégie nationale adoptée par la Confédération et les cantons. Elle repose sur une responsabilité partagée entre l’État, l’économie et la société civile, ainsi que sur de solides partenariats publics, privés et académiques. Genève joue également un rôle reconnu sur le plan international, notamment à travers la présence du Cyberpeace Institute.
Quatre axes d’action prioritaires
- Lutter contre la cybercriminalité : la cybercriminalité est une priorité de longue date à Genève. La police cantonale dispose d’unités spécialisées de haut niveau et agit en coordination avec les autres cantons, la Confédération et des partenaires internationaux. Les autorités encouragent vivement la population à signaler tout incident, même mineur.
- Protéger l’Etat et ses infrastructures : l’administration cantonale met en œuvre des dispositifs techniques avancés, des formations régulières du personnel et des plans de gestion de crise afin de garantir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données publiques.
- Soutenir les entreprises, en particulier les PME : des formations, des guides pratiques et des partenariats économiques renforcent la capacité des entreprises à prévenir les cyberrisques. Une offre publique-privée spécifique destinée aux PME est actuellement à l’étude.
- Sensibiliser et protéger la population : la prévention est un pilier essentiel de la sécurité numérique. Dans la lignée du droit à l’intégrité numérique, des actions ciblées sont menées auprès des élèves, des familles, des seniors et du grand public, notamment contre le cyberharcèlement, les abus en ligne et l’illectronisme ou encore le droit à l’image et aux comportements responsables en ligne. Des interventions spécialisées, des supports pédagogiques et des formations pour le personnel éducatif complètent ce dispositif. Par ailleurs, des actions spécifiques sont menées pour aider les parents à accompagner leurs enfants et pour informer les personnes âgées, souvent ciblées par des arnaques. L’objectif est de donner à chacun les bons réflexes pour naviguer en toute sécurité.
Une stratégie tournée vers l’avenir
Face à l’évolution rapide des technologies et à la sophistication croissante des cybermenaces, le Conseil d’État entend poursuivre et renforcer cette stratégie sur le moyen et le long terme. L’objectif est clair : faire de Genève un canton résilient, sûr et digne de confiance dans l’espace numérique.