G7 : un dispositif de sécurité d’ampleur déployé pour protéger Genève, sa population et la liberté de manifester
Un cortège instrumentalisé par des groupes organisés
Le 14 juin 2026, une manifestation autorisée a réuni environ 20’000 personnes, dont la grande majorité est venue exprimer pacifiquement ses convictions. En son sein se trouvaient toutefois environ 600 individus, regroupés en deux black blocs. Le premier avait pris place au sein du « bloc révolutionnaire », en troisième position du cortège, derrière le bloc de la grève féministe et celui des personnes à mobilité réduite. Le second se tenait dans la seconde partie du cortège.
Leurs membres étaient masqués et munis de lunettes de protection. Une telle tenue ne s’improvise pas. Dans les jours précédents, ces groupes avaient dissimulé du matériel le long du parcours, notamment des armes, des engins pyrotechniques et des éléments susceptibles de servir à confectionner des engins incendiaires de type cocktails Molotov. Leur placement, à l’abri de groupes pacifiques et vulnérables, témoigne d’une préparation et d’une intention. Dès 16h15, ils ont commis de nombreuses déprédations et s’en sont pris de manière répétée au dispositif de sécurité.
La réduction des risques en amont
Les risques liés à un sommet de cette nature sont connus et documentés. Pour empêcher que des individus venus commettre des violences ne passent à l’acte, plusieurs mesures ont été engagées dès le 11 juin. Des contrôles renforcés aux frontières franco-suisses, conduits par l’OFDF, ont permis 11 interdictions d’entrée sur le territoire suisse, l’interpellation de 98 personnes signalées par des autorités étrangères et de 19 personnes recherchées par les autorités suisses, ainsi que 42 saisies portant sur environ 200 objets. Une quarantaine de personnes ont été refoulées vers la France, un séjour ayant pour seul but la commission d’infractions n’étant pas admis, y compris pour les ressortissants de l’Union européenne et de l’Espace économique européen.
Sur le territoire genevois, 126 saisies ont porté sur une grande quantité de matériel dangereux, dont des couteaux, des haches, des marteaux, des brise-vitres, des matraques télescopiques, des boules de pétanque, des bonbonnes de gaz, des agents accélérants de combustion et des engins pyrotechniques, ainsi que des équipements de protection, des cagoules et des habits de rechange. Certains de ces engins pyrotechniques atteignent des températures de l’ordre de 1’500 à 2’500 degrés et présentent des risques importants de brûlures. En privant ces individus de leurs moyens, ces saisies ont réduit d’autant leur capacité de nuisance.
Sur l'ensemble de la période, du 10 au 18 juin, le dispositif de rétention et de suivi judiciaire lié au G7 a donné lieu à trente-sept entrées en rétention, dont neuf arrestations provisoires. Trois de ces personnes ont été mises à la disposition du Ministère public et une du Tribunal des mineurs.
Les personnes dont des objets ont été saisis à titre préventif se sont vues remettre un reçu. Depuis le lundi 22 juin, elles peuvent récupérer leurs effets selon les modalités figurant sur ce document. Cette possibilité ne concerne pas les objets tombant sous le coup de la loi, tels que les poignards à lame fixe symétrique, les couteaux papillon ou les matraques télescopiques.
Une escalade de violences ciblées et une réponse graduée
Parti vers 15h40 du quai Wilson, le cortège a suivi le parcours autorisé sur la rive droite. Dès 16h15, des projectiles ont été lancés contre les forces de l’ordre. L’Hôtel Beau-Rivage, la Banque du Léman, puis la banque Raiffeisen ont été pris pour cible. Un véhicule et un conteneur ont été incendiés. Des chantiers ont été pillés pour y récupérer des projectiles et du matériel dissimulé au préalable. Une agence UBS, le siège du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, celui de l’Union internationale des télécommunications et le bâtiment de PricewaterhouseCoopers ont été visés.
Face à la persistance des violences, et après sommations adressées au mégaphone, les forces de l’ordre ont fait usage de moyens de contrainte à partir de 17h35, de manière graduée et proportionnée.
La dissolution de la manifestation
À 18h20, face à ces dégradations, aux attaques contre le dispositif de sécurité, au bris de vitres d'organisations internationales et à la mise en danger des manifestants pacifiques, la manifestation a été dissoute sur l'avenue Giuseppe-Motta, la situation relevant désormais de l'émeute. Des sommations ont été adressées et de nombreuses injonctions de quitter les lieux ont été émises, laissant à chacun la possibilité de se disperser. Les organisateurs et les responsables de l’encadrement en ont été informés. Dès 18h35, les forces de l’ordre ont facilité le départ des familles. Les éléments violents ont néanmoins poursuivi leurs déprédations vers la place des Nations puis sur l’avenue de France, allant jusqu’à tirer des mortiers d’artifice sur les forces de l’ordre.
Un dispositif de fixation temporaire aux fins de contrôle des identités
Le mélange des individus violents avec des manifestants a conduit les forces de l’ordre à suspendre l’usage de la contrainte. Un dispositif de fixation temporaire a alors été mis en place, aux seules fins de permettre le contrôle des identités. Les modalités juridiques de ces contrôles ont été soumises au Procureur général, qui les a validées. Ce dispositif est l’instrument de la chaîne pénale, destiné à identifier les auteurs d’infractions dissimulés dans la foule.
Une attention particulière a été portée, tout au long de l’opération, à la situation des mineurs et des personnes vulnérables, contrôlés et libérés en priorité. De l’eau et des couvertures de survie ont été distribuées aux personnes retenues, avec l’appui du Service d’incendie et de secours, et une présence sanitaire a été assurée. Tout au long de la nuit, le dispositif de sécurité a continué d’être pris pour cible par des tirs de mortiers d’artifice et des jets de projectiles dans le secteur des Pâquis.
Bilan
Au total, 549 personnes ont fait l’objet d’un contrôle d’identité. Ces contrôles ne constituent pas une fin en eux-mêmes : les identités relevées alimentent désormais l’enquête judiciaire qui vise les auteurs des infractions. Vingt-huit personnes ont été acheminées dans les locaux de la police pour des contrôles approfondis. Trois ont fait l’objet d’une arrestation provisoire : deux sont soupçonnées d’avoir tiré des engins pyrotechniques, la troisième d’avoir endommagé un véhicule de police.
Un groupe d’enquête a été constitué au sein de la police judiciaire. Recoupées avec les images et les témoignages, ces données doivent permettre d’établir les responsabilités de celles et ceux qui, dissimulés au sein du cortège, ont commis des infractions. Les données des personnes contrôlées sans suite judiciaire ne sont pas conservées. Les données signalétiques des personnes mises hors de cause seront détruites au terme de l’enquête.
S’agissant des interventions de policiers et policières qui ont fait l'objet de plaintes et de dénonciations pénales, l'Inspection générale des services (IGS), organe indépendant chargé des enquêtes pénales visant les membres de la police, a été saisie. Une procédure étant ouverte, la police est tenue à un strict devoir de réserve, la communication s’agissant de ces enquêtes étant réservée à la direction de la procédure, c’est-à-dire au ministère public.
Un dispositif d’ampleur, de nombreux partenaires
Mobilisé du 10 au 18 juin, le dispositif a sollicité l’ensemble des ressources de la police cantonale de Genève, avec l’engagement quotidien de 2’400 collaboratrices et collaborateurs, dont plus de 1’500 policières et policiers et une soixantaine d’aspirants de l’Académie de police de Savatan. La police cantonale a bénéficié du renfort des polices engagées au titre de la Convention IKAPOL, des gendarmes français et des policiers allemands, ainsi que de l’OFDF, appuyé par l’Armée suisse. Celle-ci a notamment conduit les dispositifs AMBA CENTRO et AERO SUBITO, assuré la souveraineté aérienne en coopération avec la France et protégé des infrastructures critiques. La police cantonale a par ailleurs assuré la protection et le transit de vingt-deux hauts dignitaires issus de treize pays, ainsi que de sept agences d’organisations internationales, en coopération avec ses homologues suisses, français, allemands et du Liechtenstein. Les missions courantes de la Genève internationale ont été assurées sans rupture, de même que l’appui à la Confédération pour la conférence pour la Paix au Bürgenstock / NW.
Tout au long de la mobilisation liée au sommet du G7, la police cantonale a maintenu l’ensemble de ses prestations et assuré ses missions de proximité sans interruption. Mise en place pour informer et orienter la population depuis le 1er juin, une ligne verte a par ailleurs traité plus de 6’400 appels.
Une coordination intercantonale et fédérale étroite
Les échanges avec les forces de l’ordre françaises et allemandes, comme la coordination intercantonale et fédérale, se sont déroulés de manière fluide. Grâce à l’anticipation et à la réactivité des forces engagées, les risques identifiés ont été contenus et la sécurité du canton assurée. Ce résultat repose sur la mobilisation conjointe de la police cantonale, des services de la Confédération, des polices cantonales et communales engagées au titre de la Convention IKAPOL, des forces de l’ordre françaises et allemandes, et des partenaires sanitaires et de mobilité du canton, notamment avec les cantons de Vaud et du Valais.
Un engagement au service de la population
Le cœur économique et institutionnel de la cité a été protégé. La sécurité des délégations a été assurée. La liberté de manifester a été garantie. L’ordre public a été rétabli face à des groupes organisés et déterminés, sans qu’aucun blessé grave ne soit à déplorer. Cet engagement repose avant tout sur les femmes et les hommes qui l’ont servi, dans des conditions très exigeantes. Nous leur exprimons notre reconnaissance, et nous remercions la population pour son soutien et sa compréhension.