Le concept opérationnel cantonal de défense incendie et secours a franchi une nouvelle et importante étape

Le mercredi 21 juin, l’Assemblée générale de l’Association des communes genevoises a validé les structures et les principes du futur dispositif intercommunal professionnel de secours et de lutte contre le feu.
Pompier

En mai 2011, dans son rapport d’audit sur le dispositif cantonal d’intervention en matière d’incendie et de secours, la Cour des comptes recommandait aux autorités cantonales et communales de remplacer le dispositif en place depuis 1973 par une structure intercommunale de droit public regroupant l’ensemble des acteurs chargés de cette tâche régalienne.

La Cour des comptes fondait ses recommandations non seulement sur un besoin accru de cohérence et d’efficience lors des interventions feu et secours sur le terrain, mais également sur la nécessité de redéfinir la gouvernance d’un dispositif financé par l’ensemble des communes genevoises mais aux mains d’une seule, la Ville de Genève.

A ces recommandations relevant essentiellement de la gouvernance du dispositif se sont ajoutés des arguments factuels découlant d’une analyse des risques en matière d’incendie et de secours, ainsi que des constats d’inadéquation du dispositif professionnel et volontaire par rapport aux réalités actuelles, par exemple :

Concernant les sapeurs-pompiers professionnels

  • Le non-respect des délais d'intervention prescrits par la Coordination suisse des sapeurs-pompiers, à savoir de 10' en zone urbaine et 15' en zone rurale, à un taux minimum de 80% sur une année civile (taux d’atteinte actuel : 60%) ;
  • L’effectif insuffisant, qui oblige à de fréquents rappels de personnels en congé ;
  • La fatigue et le stress accumulés par les personnels d’intervention qui sont appelés de plus en plus la nuit et sur leur temps de repos ;
  • L’augmentation conséquente du risque d’erreurs professionnelles lors des interventions.

Concernant les sapeurs-pompiers volontaires

  • La difficulté pour nombre de sapeurs-pompiers volontaires de rejoindre rapidement leur commune lors d’une alarme ;
  • L’indisponibilité croissante des sapeurs-pompiers volontaires en cas d’alarme, due notamment à des changements sociétaux (exigences familiales, professionnelles, etc.) ;
  • La difficulté du recrutement dans certaines compagnies, ainsi que la durée toujours plus courte dans la fonction ;
  • La formation théorique et technique obsolète par rapport aux risques actuels rencontrés lors d’interventions (feu ou sauvetages) ;
  • Les connaissances insuffisantes des normes techniques toujours plus complexes (statique des bâtiments, courant haute-tension, etc.).

A relever que ces lacunes ne sont pas attribuées aux sapeurs-pompiers eux-mêmes, mais bien aux structures insatisfaisantes du dispositif, qui précisément justifie sa réorganisation.

Par ailleurs, Genève continue de se développer de façon rapide, notamment en termes de démographie résidente et pendulaire, ainsi que de mobilité, facteurs aggravants des lacunes constatées.

En sa qualité d’autorité de surveillance des services communaux professionnels et volontaires de lutte contre les sinistres, dès 2014, le Conseil d’Etat a confié à un comité de pilotage politique (conseiller d’Etat chargé du DSE et magistrats communaux) et à un groupe de travail technique (sapeurs-pompiers professionnels et volontaires) la mission d’analyser la situation et de rédiger sur cette base une proposition de « Concept opérationnel cantonal de défense incendie et secours du canton de Genève ».

Après plusieurs ajustements des travaux intermédiaires (le QUOI, le COMMENT et la Doctrine opérationnelle), le mercredi 21 juin 2017, l’Assemblée générale de l’ACG a décidé :

  • de valider la structure et les principes du Concept opérationnel des sapeurs-pompiers professionnels, à savoir :
    • dès 2017, augmentation progressive de l’effectif des sapeurs-pompiers professionnels jusqu’à environ 270 ETP en 2030 (effectif actuel de 150 ETP) ;
    • dès 2018, formation des nouveaux sapeurs-pompiers professionnels en vue de pourvoir les nouvelles bases de départ ;
    • dès 2020, mise en mode 24/24 des bases de départ de Frontenex et des Asters ;
    • entre 2020 et 2025, création d’une nouvelle base de départ dans la région Bernex-Plan-les-Ouates ;
    • entre 2025 et 2030, création d’une nouvelle base de départ dans la région Vernier-Meyrin.
  • avec les communes, de prévoir d’ici à fin 2018 la structure et les principes du Concept opérationnel des sapeurs-pompiers volontaires, qui sera mis en œuvre d’ici à 2030, ceci afin de répondre aux besoins actuels et futurs en matière de secours ;
  • de fixer le seuil minimum des sapeurs-pompiers volontaires à 900 (effectif réel actuel 1550).

En choisissant d’associer intensivement les communes et les sapeurs-pompiers aux travaux de réforme du dispositif de secours en cas de sinistres, et ce durant près de 4 ans, le Conseil d’Etat, respectivement le DSE, ont parié sur un travail de qualité. Il le devait à la population genevoise, mais il le devait aussi à celles et ceux pour qui le travail, à titre volontaire ou professionnel, est de porter secours aux autres.

A l’automne, les employeurs des sapeurs-pompiers volontaires seront sensibilisés sur leur rôle indirect mais prépondérant dans la mission de leurs employés, et par la même occasion remercié de leur effort. Une campagne conjointe du DSE et de l’ACG sera organisée.

Pour toute information complémentaire:

  • Monsieur Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé du DSE, par l'intermédiaire de Monsieur André Castella, secrétaire général adjoint, DSE, tel. 022 546 74 71 ou 079 215 79 15, email: andre.castella@etat.ge.ch 
  • Monsieur Guillaume Barazzone, conseiller administratif chargé du DEUS, par l'intermédiaire de de Monsieur Cédric Waelti, chargé de communication, DEUS, tel. 022 418 24 82, email : cedric.waelti@ville-ge.ch
  • Monsieur Thierry Apothéloz, président de l’ACG, tel. 022 309 33 59, email : t.apotheloz@vernier.ch

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