4. Questions fréquentes des parents

Lors de leurs échanges avec les parents, les formateurs et formatrices du service de la santé et de la jeunesse répondent à des questions qui reviennent régulièrement. Vous trouverez ici les réponses aux questions les plus fréquentes.   

Pourquoi l'éducation sexuelle à l'école ?

L'éducation sexuelle répond au droit de l'enfant de mieux se connaître et d'être entendu dans ses questionnements. Elle apporte les éléments aidant le jeune à faire des choix, dans ce domaine, de manière responsable.

Il est parfois difficile d’aborder des thèmes en lien avec l'éducation sexuelle, tant pour les parents que pour les enseignants. C’est pourquoi des cours d’éducation sexuelle ont été mis sur pied à leur demande. Ils ont été systématisés en 1985 et complètent l'éducation reçue par les enfants à la maison sur cette thématique.

Nos interventions s’appuient sur des valeurs de respect de soi et de l'autre (valeurs humanistes) et chaque famille apporte, dans le quotidien, souvent de manière informelle, ses propres valeurs en lien avec la vie sexuelle et affective.

 

A quel âge rencontrez-vous nos enfants?

Nous les voyons pour la première fois en 4P pour le programme "Avec prudence, avec confiance". En 6P et en 8P ont lieu les deux cours 'Histoire de la vie". D'autres cours sont prévus après l'école primaire. A chaque fois, les cours sont adaptés au niveau de de développement et de compréhension.

 

Pourquoi commencer les cours avec des enfants si jeunes ?

La curiosité de l'enfant s'éveille tôt et il est légitime qu'il ait des réponses aux questions qu'il se pose sur son corps et celui de l'autre, ainsi que sur la différence des sexes. A l'âge de 7-8 ans, la pudeur est en cours de construction: c'est donc une bonne période pour un programme de prévention des abus sexuels qui aborde l'éducation à l'intimité et renforce sa capacité à se protéger.

 

Quel matériel utilisez-vous ?

Nous n'utilisons jamais de photo ou de film à l’école primaire. Nous dessinons au tableau ou utilisons des dessins d'anatomie créés spécialement pour nous.

En 4P, le matériel a été dessiné spécialement pour ce cours par une illustratrice pour enfants. Les élèves vont, au cours de la leçon, compléter deux fiches qu’ils rapporteront à la maison permettant ainsi de faire le lien avec la famille.

En 6P, en plus des dessins pour illustrer l'anatomie, nous présentons une serviette hygiénique et les élèves reçoivent un document résumant les principaux aspects abordés en termes de respect de soi et de l'autre, de prise en compte des émotions et rappelant les personnes ressources vers qui se tourner (« Florigami »).

En 8P, nous présentons en plus un tampon et fréquemment un préservatif.

N'est-ce pas surprenant de parler en groupe de sujets touchant à l'intimité ?

Il est effectivement délicat de parler d'intimité en groupe. Étant donné que les jeunes sont très exposés dans leur vie de tous les jours (médias, préaux, affiches en ville, etc.), il est important qu'un adulte puisse en discuter avec eux afin de trier et clarifier tout ce à quoi ils ont pu être confrontés.

Le fait que les élèves ne nous connaissent pas peut paraître paradoxal, mais cela permet en même temps une distance émotionnelle qui ne serait pas possible avec leur enseignant habituel. Les élèves osent nous poser des questions sachant qu'ils ne nous reverront probablement pas prochainement.

Afin de garantir un cadre sécurisant et protecteur, nous les invitons à utiliser les règles suivantes : pas de moqueries, on parle ni de sa vie privée ni de son intimité, mais de manière générale. Ce qui se dit en classe est confidentiel - les élèves peuvent bien sûr en parler avec leurs parents s'ils le souhaitent.

La présence de l'enseignant lors de nos interventions a une fonction rassurante auprès des élèves et inscrit le cours dans la continuité de la vie de la classe.

Nous avons choisi de garder les élèves en groupe classe afin que garçons et filles expérimentent qu'on peut parler et être curieux de ces sujets tous ensemble, dans le respect de chacun et de ses différences et dans le but de mieux se connaître soi-même et les autres.

 

Comment abordez-vous les abus sexuels à l'école primaire ?

Nous l'abordons pour la première fois en 4P, avec le programme "Avec Prudence avec Confiance".

En 6P, ce thème est à nouveau abordé : nous nommons les parties privées et énumérons ce qui est interdit, nous leur faisons prendre conscience de la difficulté d'une telle situation pour un enfant. Pour terminer, nous les faisons réfléchir aux personnes ressources vers lesquelles ils et elles pourraient se tourner en cas de difficultés. 

En 8P, le sujet est abordé succinctement ou selon les questions d'élèves.

 

Comment parlez-vous de la relation sexuelle en 6P et 8P ?

Le sujet n'est pas abordé d'emblée mais après avoir parlé notamment de la relation amoureuse et de l'anatomie, nous avons ainsi tous les éléments pour aborder simplement la relation sexuelle. La gêne est souvent présente et nous avons à cœur de la valoriser car elle est protectrice de l'intimité des enfants et souligne cette compréhension que la relation sexuelle est un acte intime.

Nous mettons l'accent sur l'importance que les partenaires soient d'accord pour partager une relation aussi intime.

Voici la phrase que nous utilisons pour expliquer comment on fait les bébés: le pénis de l'homme entre dans le vagin de la femme, cela produit des sensations agréables, qui, chez l'homme, vont permettre aux spermatozoïdes de sortir, si l'un d'entre eux rencontre un ovule, cela peut faire un bébé.

En 8P, la prévention des maladies sexuellement transmissibles et le risque de grossesse non-désirée sont abordés et, fréquemment, un préservatif est montré aux enfants dans ce contexte.

Est-ce que vous parlez du préservatif en 8P ?

Nous parlons systématiquement de la maladie du SIDA et du préservatif en 8P. Dans le but d'illustrer nos propos, un préservatif est souvent montré aux enfants.

Les relations sexuelles n'étant pas encore d'actualité pour eux, les enfants de cet âge ont suffisamment de distance émotionnelle pour être curieux d'un objet qui leur sera très utile plus tard et dont ils ont souvent déjà entendu parler.

Aucun objet autre que le préservatif n'est utilisé lors de cette explication.

Comment abordez-vous l'homosexualité ?

Le sujet est abordé en fonction des questions des élèves en 6P et de manière systématique en 8P. Dans tous les cas, nous accordons une attention particulière à notre vocabulaire afin que chacun puisse se retrouver dans notre discours. Par exemple, nous parlons de «partenaires» ou de «couple», permettant ainsi à chacun d'y voir qui il souhaite.

Chaque famille a ses particularités et il est important que notre cours le prenne en compte afin que tout enfant s'y reconnaisse et y trouve sa place.

Ainsi nous partons des émotions que ce thème suscite chez les élèves et soulignons que les regards sur ce sujet varient en fonction de la culture, de la religion, etc. Nous nous référons aux standards de l’OMS et expliquons que l'homosexualité est le fait d'être amoureux d'une personne du même sexe que soi, et qu'il s'agit d'une orientation sexuelle minoritaire mais normale. Celle-ci n'est pas un choix mais une évidence pour les personnes qui la vivent, au même titre que l'hétérosexualité.

Nous reconnaissons la difficulté pour certaines personnes d'imaginer l'homosexualité pour eux-mêmes, mais nous les encourageons à respecter l'orientation sexuelle de chacun afin que tout le monde trouve sa place dans la société.

Que dites-vous au sujet de la pornographie ?

Nous expliquons que la pornographie est une image ou un film qui met en scène des activités sexuelles et/ou montre des parties intimes en gros plan. Ces images peuvent provoquer une excitation chez le spectateur. Nous leur précisons que ces films génèrent beaucoup d'argent mais qu'ils n'intéressent de loin pas tous les adultes et qu'ils peuvent même également les choquer ou les gêner.

Nous accueillons les émotions suscitées par la discussion - qu'elles soient positives ou négatives - et reconnaissons la difficulté d'éprouver des sensations contradictoires: par exemple, vivre des sensations corporelles positives et ressentir simultanément du dégoût.

Nous soulignons que ces représentations ne correspondent pas à la réalité (pas de sentiments, pas de partages, acteurs, trucages, etc.) et qu'elles ne constituent pas un modèle ou un outil d’apprentissage.

Nous leur expliquons qu'il est particulièrement difficile pour eux, n'ayant pas d'expériences sexuelles, de faire la part des choses entre le vrai et le faux, la réalité et les trucages.

Pour finir, il est important pour nous de rappeler la loi en lien avec la majorité sexuelle. La loi a pour finalité de les protéger et de mettre un cadre. Nous soulignons aussi que télécharger des images pornographiques ou les montrer à des jeunes de moins de 16 ans constitue également une infraction à la loi.

Dans le contexte actuel, nous leur expliquons aussi que malheureusement le monde des adultes n’arrive pas à les protéger complètement et qu’ils ne sont pas coupables de «tomber» sur ce genre d’images.

Dans ce cas, nous les invitons à trouver une personne ressource pour les aider à mieux comprendre ce qu'ils auraient vu.

 

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