Les peintures de la fondation Zoubov

Elisabeth Louise Vigée Le Brun, Julie Le Brun jouant de la guitare, huile sur toile, vers 1797-1798. Photothèque du MAH
Elisabeth Louise Vigée Le Brun, Julie Le Brun jouant de la guitare, huile sur toile, vers 1797-1798. Photothèque du Musée d'art et d'histoire de Genève (MAH)
Les murs de l’appartement de la comtesse Zoubov sont ornés de tableaux des XVIIIe et XIXe siècles, où dominent les portraits, genre en vogue au Siècle des Lumières.

Portraits féminins et aristocrates

Reflets de la fascination pour les cours princières d’Europe, la comtesse a acquis plusieurs portraits de souverains et d’aristocrates, où domine la silhouette de Catherine II de Russie, qui figure à trois reprises. La collectionneuse avait développé une forte dévotion pour l'impératrice suite à son mariage avec le comte Zoubov, descendant d’un favori de la souveraine.

Outre les portraits de Catherine II, la comtesse a acquis les effigies de femmes de l’entourage de l’Impératrice, comme la Maréchale de Melissino, peinte par Giovanni Batista i Lampi ou encore Marie Feodorovna, la grande-duchesse, immortalisée par Alexander Roslin. L’un des plus beaux portraits de l’accrochage, œuvre attribuée à Pietro Rotari, figure une aristocrate russe anonyme que l’on a longtemps identifiée comme Agrafena Ribarpierre, première dame de la suite de l’Impératrice. La qualité du modèle a sans doute motivé l’acquisition par la comtesse Zoubov.

 

Visages d'enfants

Si les portraits féminins sont récurrents dans la collection, les figures d’enfants sont un autre des thèmes privilégiés par la comtesse qui sera très affecté par la perte de sa fille en 1957.

2.6_01_MAH

2.6_02_MAHLa salle à manger d’ambiance victorienne est ornée d’un portrait peint par Henry Pickering et figure un jeune garçon qui serait John Peyto. Deux pastels de Claude Pegin de Saint-Aubin portraiturent deux fillettes de la famille Lemoyne de Bellisle. Dans la chambre de Madame, une toile attribuée à Jean-Louis Voille montre le jeune comte de Stroganoff, âgé de six ans, surpris dans sa lecture d’un ouvrage illustré.

Mais la toile la plus prestigieuse est sans nul doute celle d’Élisabeth Vigée Le Brun, célèbre femme artiste parisienne qui a séjourné à la cour de Russie durant la Révolution française. La peintre a souvent portraituré sa fille bien-aimée Julie, ici représentée à l’Antique, en train de jouer de la guitare. La comtesse Zoubov n’a pas dû se montrer insensible à l’amour maternel qui transparaît dans ce tableau.

 

Védutisme et peinture de genre

Outre des portraits, la comtesse a également collectionné deux autres genres en plein essor au XVIIIe siècle : le paysage urbain et la scène de genre. Elle possède deux vues de Saint-Pétersbourg dans l’esprit du védutisme mis à la mode à Venise entre autres par Canaletto et Guardi.

2.6_03_MAH

Les scènes de genre acquises par la comtesse Zoubov évoquent le mode de vie du XVIIIe siècle : l’œuvre attribuée à Jacques Autreau montre un dîner nocturne dans un intérieur bourgeois tandis qu’un autre, plus tardif, de Charles Robert Leslie figure une assemblée à l’heure du thé, tout en illustrant un poème héroï-comique d’Alexander Pope.

Enfin, une place à part doit être accordée à la Liseuse de cartes, œuvre de la peintre Marguerite Guérard, belle-soeur du célèbre Fragonard.

Beaucoup des tableaux de la comtesse Zoubov ont été acquis auprès de la collectionneuse argentine Paula de Königsberg, peu après 1945. Outre l’identité des modèles représentés et les sujets dépeints, la provenance parfois prestigieuse de certaines pièces semble avoir retenu de l’attention de la comtesse, heureuse de posséder des œuvres précédemment propriété de personnages illustres issus de l’entourage de Catherine II.

Partagez cette page