Organisée par le service cantonal de la culture (SCC), en étroite collaboration avec le bureau de l'intégration et de la citoyenneté (BIC) et les services de la culture et de la petite enfance et familles de la Ville de Meyrin, cette résidence a notamment impliqué plusieurs semaines d'immersion dans des structures d'accueil de la petite enfance à Meyrin.
Au terme d'une mise au concours, c'est la compagnie La Temeraria qui a été sélectionnée pour créer un spectacle, spécialement pensé pour les enfants de 2 à 4 ans et leurs parents, avec une attention particulière portée à l'inclusion et aux publics allophones. Résultat : le spectacle Shoubluck, qui a fait l'objet de représentations gratuites dans sept communes durant l'été 2026.
Découvrez dans cette vidéo le spectacle Shoubluck et la manière dont il a pris forme grâce aux échanges avec les tout-petits !
La culture, levier contre les inégalités
Pour le canton de Genève, la participation culturelle dès le plus jeune âge est un levier fondamental pour lutter contre les inégalités, favoriser l'inclusion et permettre à chaque enfant de se construire comme citoyenne ou citoyen capable de penser, ressentir et s'exprimer librement. La mise en place de cette résidence artistique traduit une volonté claire : encourager la création artistique de qualité destinée à la petite enfance.
Comme l'expliquent Cléa Redalié, cheffe du service cantonal de la culture, et Denise Wenger, conseillère culturelle pour l'accès à la culture et la participation culturelle, la modalité de résidence offre aux artistes un espace pour affiner leur pratique créative auprès d'un public exigeant, celui des tout-petits, qui a des attentes et des besoins bien spécifiques.
Aller à la rencontre
Pour le bureau de l’intégration et de la citoyenneté (BIC), les Chapiteaux enchantés concrétisent une démarche d’« aller vers » les familles, notamment migrantes et primo-arrivantes. En se déplaçant de commune en commune durant l’été, ils proposent des activités qui donnent aux enfants l’envie de revenir avec leurs parents. Avec le recul, Mathilde Maradan, cheffe de projets, souligne que le grand succès du spectacle Shoubluck et l’envie des enfants de revenir le voir ont permis aux équipes d'accueil de multiplier les occasions de rencontre et de tisser des liens avec les familles parfois éloignées de l’offre culturelle institutionnelle. Ce projet illustre la complémentarité entre le canton et les communes pour faciliter l’accès des familles aux ressources locales.
En l'occurrence, le projet a été mené en étroite collaboration avec la commune de Meyrin, où la résidence artistique a pris place dans deux lieux de la petite enfance, l'EVE Cité et le lieu d’accueil parents-enfants La Marelle. Pour Evelyne Vachoux, responsable de projets « Petite enfance et familles » à la Ville de Meyrin, l’enjeu était d’abord d’aller à la rencontre des enfants là où ils se trouvent, explique-t-elle dans le reportage. Certains d’entre eux n’ont pas l’occasion de découvrir un spectacle dans un lieu culturel avec leur famille. La résidence a permis d'inverser la démarche.
Expérience instructive pour les artistes
Pour la Cie La Temeraria, l'expérience a été très enrichissante sur le plan artistique. Durant les deux semaines d'immersion en février, les artistes ont pu s'imprégner de la façon dont les enfants bougent, jouent et interagissent, selon Hèctor Salvador Vicente, directeur artistique de la compagnie. Cette période d'observation et d'échanges avec les enfants et les équipes éducatives a permis de façonner un spectacle au plus proche de ce qui fait vibrer les tout-petits.
Pendant la phase de création qui a suivi, la compagnie a pu tester son travail presque chaque jour devant des groupes d’enfants. Un public sans filtre qui réagit immédiatement. « On le voyait tout de suite : est-ce que ça accroche ? Est-ce que ça rigole ? », raconte Fanny Duret, comédienne et coautrice du spectacle. Au final, Shoubluck joue sur l’objet et sur le plaisir de construire et de déconstruire : un langage visuel qui parle à tous les enfants de cet âge, indépendamment des langues et des cultures.
Un reportage de Lorraine Hauenstein pour le service cantonal de la culture | DCS ©2026
