Des actions concrètes pour limiter le bruit

Pot d'échappement soumis aux normes sonores.
Pot d'échappement soumis aux normes sonores.
De nouveaux outils et des actions innovantes, comme le radar anti-bruit activement promu par le Canton de Genève, permettent d'envisager des progrès réels pour maîtriser les nuisances sonores.

Conformément aux orientations fixées par la Stratégie bruit 2030 et le Plan bruit 2022-2030, le Canton de Genève travaille à une meilleure maîtrise des nuisances sonores en explorant des solutions novatrices. Parmi celles-ci, le développement des radars anti-bruit est l'une des plus prometteuses.

Des radars anti-bruit pour limiter les pics sonores

Un radar anti-bruit, c'est un appareil acoustique capable permet de relever avec beaucoup de précision les excès de bruit liés à l'usage inadapté d'un véhicule. Convaincu des avantages de ces équipements pour améliorer la qualité de vie des habitante et habitants, Genève s'engage en faisant office de canton pionnier depuis 2020 avec une série d'opérations sur le terrain pour expérimenter et consolider cette technologie.

Dans un premier temps, les radars anti-bruit d'avertissement ont été testé et déployés : muni d'un écran affichant les résultats en direct, ils permettent de sensibiliser les usagères et usagers de la route à cet enjeu.

  • Printemps 2020: premier test national d'un radar anti-bruit d'avertissement dans un contexte urbain à Genève (avenue Wendt);
  • Automne 2020: l'analyse des données de ce premier test intégrant 160'000 passages de véhicules révèle que seule une toute petite minorité (1.5% des véhicules) est à l'origine des excès sonores, qui peuvent ponctuellement être très marqués (un pic relevé à cette occasion équivalait à lui seul à plus de 400 fois la puissance sonore moyenne des véhicules mesurés !);
  • Automne 2020: test d'un radar anti-bruit d'avertissement dans un contexte hors agglomération (route de Verbois à Russin). Ces tests ont permis de confirmer la fiabilité des technologies employées, quels que soient les contextes d'utilisation;
  • Automne 2023: nouvelle compagne de sensibilisation avec des radars anti-bruit d'avertissement mis également à la disposition des communes genevoises. 
L'objectif: sanctionner les excès

Compte tenu des progrès observés, des radar anti-bruit de contrôle ont aussi été déployés sur le territoire. Ils ont une capacité de ciblage des véhicules pour identifier et sanctionner les contrevenantes et contrevenants.

  • Eté 2023: projet pilote avec la Confédération visant à tester sur le terrain un radar anti-bruit de contrôle. Outre l'évaluation des aspects pratiques, cette opération doit ouvrir à Genève la porte à des actions concrètes pour agir à l'avenir à l'encontre des excès sonores sur la route.
  • Automne 2024 : L'évaluation rendue publique par la Confédération confirme sans équivoque la fiabilité des radars anti-bruit de contrôle pour cibler ces excès. Autre avancée majeure de cette étude sur le terrain à la portée nationale: déterminer un seuil unique à 82 dB pour une utilisation de ces appareils en ville. Ce seuil s'avère adapté pour déceler un excès sonore pour tous les véhicules privés, aussi bien aux limites de vitesse à 30, 50 ou 60km/h. Le rapport fédéral relève enfin l'efficacité imbattable de ces équipements permettant de suivre le passage de 10'000 véhicules par jour sans intervention de la police sur le terrain

Les conclusions des différentes opérations pilotes confortent l'Etat de Genève dans son engagement à l'égard de cette technologie arrivée à maturité. L'enjeu est aujourd'hui d'assurer une homologation fédérale et des bases légales pour sanctionner les nuisances sonores au moyen de ces appareils comparables au radar de vitesse. Genève poursuit donc son soutien actif en faveur d'un déploiement des radars anti-bruit de contrôle, avec l'objectif résolu de cibler ces excès occasionnant à la population un préjudice sonore aussi néfaste qu'évitable.

86% de la population genevoise souhaite plus de sanctions contre les excès de bruit sur la route! C'est ce que révèle un sondage Etat de Genève-MisTrend réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 590 personnes au printemps 2022. Cette étude révèle également un enseignement inattendu: il n'y pas de clivage lié aux moyens de transport utilisés puisque, avec un soutien de 83%, les propriétaires de voiture répondent pratiquement de la même façon que l'ensemble de la population: réduire les incivilités sonores sur la route de quelques indélicats semblent faire largement l'unanimité. 
Cibler une petit minorité à l'origine des excès

Les diverses études conduites sur le terrain le confirment : les pics de bruit dépassant 82 dB sont le fait d'une très petite minorité. Ainsi, durant la période de suivi en 2023, ces pics ne représentaient qu'entre 0.1 et 1.2% des passages relevés. Même si les deux-roues sont les véhicules les plus souvent en cause, 90% des motocyclistes et scootéristes n'activent pas le radar anti-bruit grâce à une conduite adaptée. Les incivilités sonores ciblées par le radar anti-bruit résultent donc essentiellement de comportements facilement évitables - accélérations brusques, modifications techniques - de très peu d'usagères et d'usagers qui occasionnent des nuisances aux effets disproportionnés pour les riverains.