Les personnes LGBTIQ+ sont les plus exposées aux violences de genre

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Le Bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences (BPEV) publie le rapport spécifique LGBTIQ+ de l’enquête Iceberg. Cette analyse approfondie met en lumière l’ampleur et la gravité des violences sexistes, sexuelles et LGBTIQ+phobes envers les personnes LGBTIQ+ à Genève. Les résultats montrent que les personnes LGBTIQ+ sont nettement plus exposées aux violences de genre.

Ce rapport intervient à la suite de la publication, en juin 2025, du rapport général de l’enquête Iceberg sur les violences sexistes, sexuelles, LGBTIQ+phobes et domestiques dans notre canton. Alors que le rapport général dressait un panorama global, qui montrait déjà une surexposition des femmes et des personnes LGBTIQ+ à ces violences, le présent rapport spécifique s’intéresse plus particulièrement aux violences commises à l’encontre des personnes LGBTIQ+, offrant une analyse plus détaillée et permettant pour la première fois une comparaison systématique avec la population générale. Fondé sur un échantillon de 463 personnes, ce rapport offre une photographie inédite de la situation à Genève.

Des violences dans tous les contextes de vie

Les résultats montrent que les personnes LGBTIQ+ sont nettement plus exposées aux violences que les personnes cis et hétérosexuelles, et ce dans tous les domaines de la vie : espace public, travail, formation, sphère privée et espaces numériques.

Quelques chiffres clés :

  • 93,6 % des femmes lesbiennes et bisexuelles, 88,9 % des personnes trans et non binaires et 78,5 % des hommes gays et bisexuels ont été victimes de violences dans l’espace public.
  • 68,9% des personnes trans et non binaires, 62,1% des femmes lesbiennes et bisexuelles et 44,3% des hommes gays et bisexuels ont déjà été confrontés à une violence de genre sur leur lieu de travail.
  • 83,3 % des personnes trans et non binaires, 73,4% des femmes lesbiennes et bisexuelles et 56,3% des hommes gays et bisexuels ont subi des violences dans des espaces privés.
  • 54,2 % des personnes LGBTIQ+ ont déjà été victimes de stalking (harcèlement obsessionnel). 

Le rapport souligne que ces violences sont largement répandues et touchent toutes les tranches d’âge, confirmant l’existence d’un phénomène systémique.

Des conséquences lourdes sur la santé et les parcours de vie

Les impacts des violences sont significatifs et durables. Au-delà de la santé, ces violences influencent l’accès à la formation, l’insertion professionnelle et l’usage de l’espace public, contribuant à des formes d’exclusion et d’isolement.

Un non-recours préoccupant aux dispositifs d’aide

Malgré la gravité des faits, une majorité des victimes ne sollicitent pas de soutien formel : 60,9 % des personnes LGBTIQ+ n’ont demandé aucune aide après avoir subi une violence dans l’espace public ayant des conséquences sur leur santé ou leur comportement. 

Lorsqu’elles le font, elles privilégient avant tout leur entourage (proches, collègues, famille) ou les professionnels de santé, révélant un besoin de renforcer la visibilité et la confiance dans les dispositifs existants.

Des violences ancrées dans des discriminations persistantes

Le rapport met en évidence le lien étroit entre violences et discriminations. Les préjugés à l’égard des personnes LGBTIQ+ restent présents : 29,6 % des hommes hétérosexuels trouvent normal que des parents ressentent de la déception ou de la colère si leur enfant est LGBTIQ+. 

Ces constats interviennent malgré des avancées importantes du cadre légal, notamment l’entrée en vigueur du mariage pour toutes et tous en 2022 et l’adoption, à Genève, de la loi sur l’égalité et la lutte contre les discriminations liées au sexe et au genre (LED-Genre) en 2023.

Un engagement renforcé du Canton de Genève

Face à ces résultats, le Canton de Genève réaffirme sa détermination. Il entend poursuivre ses actions en cours et les renforcer, notamment en matière de :

  • prévention des violences
  • lutte contre le non-recours
  • campagnes d’information
  • amélioration de la détection, de l’orientation et de la prise en charge des victimes.

L’enquête Iceberg sera reconduite régulièrement afin de suivre l’évolution de la situation et d’adapter les politiques publiques. Ce rapport constitue un outil essentiel pour mieux comprendre, visibiliser et combattre les violences envers les personnes LGBTIQ+. Il rappelle que garantir à chaque personne la possibilité de vivre librement, en sécurité et dans le respect de sa dignité demeure une responsabilité collective au cœur de l’action publique.

 

Pour toute information complémentaire aux médias :

Mme Emilie Flamand, directrice du bureau de la promotion de l'égalité et de prévention des violences (BPEV), DF, T. 022 388 74 50.

Mme Tatiana Oddo Clerc ou M. Dejan Nikolic, secrétaires généraux adjoints chargés de communication, DF, T. 076 527 73 17 ou 079 416 84 10