Midi des Archives du 27 mars 2026: "Rêves, sortilèges & secrets"

Type de publication
Date de publication
16 mars 2026
A l’occasion du Festival histoire et cité 2026*, qui a pour thème "Comme par magie", les Archives d’Etat de Genève (AEG) ouvrent leurs portes pour exposer et décrypter de précieuses sources issues de leurs fonds. Cet événement prend la forme d’un Midi des Archives intitulé "Rêves, sortilèges & secrets".
Informations pratiques
 Vendredi 27 mars 2026 de 12h à 14h 
 Archives d'Etat de Genève, 1, rue de l'Hôtel-de-Ville
Pièce à conviction du procès criminel intitulé Action intentée à Moïse Morier pour vente d’un livre de magie « Le grand grimoire » (février-mars 1773). AEG P.C. 12420
Pièce à conviction du procès criminel intitulé Action intentée à Moïse Morier pour vente d’un livre de magie « Le grand grimoire » (février-mars 1773). AEG P.C. 12420

A Genève, si la fin du XVIIe siècle coïncide avec l’abandon de la "Grande chasse aux sorcières", les magistrats continuent de réprimer (modérément) la "prétendue magie" que monnayent les "devineurs et devineresses". Les procédures criminelles évoquent les "boîtes", "billets magiques" et autres enchantements vendus aux crédules pour prédire l’avenir, écarter le malheur ou séduire l’être aimé. Au côté de ces procès, le public est invité à découvrir un exemplaire du Grand Grimoire (XVIIIe siècle), ouvrage mystérieux qui aurait offert la faculté à ses lecteurs de "découvrir tous les trésors cachés et se faire obéir à toutes sortes d’esprits".

Encre sympathique, rébus historique, automates, "escarpolette magique" ou encore agents secrets: en parallèle, les AEG interprètent un peu plus librement – et parfois de façon ludique – le thème du *festival en valorisant notamment les fonds de l’Exposition nationale de Genève de 1896 et ceux du réseau d’espionnage Rado (1943). Elles mettent enfin à l’honneur l’un des plus célèbres magiciens du début du XXe siècle, le Genevois Adolphe Blind, dit "Professeur Magicus" (voir ci-dessous).

Digne héritier du Professeur Magicus, le "maître magicien" Gianfranco se fondra dans le public pour prolonger la magie au-delà des archives.

Le public est invité à découvrir librement ces documents aux Archives d'Etat (1, rue de l'Hôtel-de-Ville) vendredi 27 mars entre 12h et 14h.
A 12h15, 12h45 et 13h15, une introduction générale est proposée. Dans les intervalles, l’équipe des AEG commente les documents et répond à vos questions.

 *Festival histoire et cité 2026

 

Personne de contact: Mme Anouk Dunant Gonzenbach, archiviste d'Etat adjointe, CHA, T. 022 327 93 20anouk.dunant-gonzenbach@etat.ge.ch.


 

Sélection d’images (haute définition sur demande).

Lucifuge Rofocale, l’un des six démons importants, qui sont juste inférieurs à Satan (Lucifer), Belzébuth et Astraroth. L’image est tirée du livre « Le grand grimoire » (voir image suivante).
Lucifuge Rofocale, l’un des six démons importants, qui sont juste inférieurs à Satan (Lucifer), Belzébuth et Astraroth. L’image est tirée du livre « Le grand grimoire » (voir image suivante).
Pièce à conviction du procès criminel intitulé Action intentée à Moïse Morier pour vente d’un livre de magie « Le grand grimoire » (février-mars 1773). AEG P.C. 12420
Pièce à conviction du procès criminel intitulé Action intentée à Moïse Morier pour vente d’un livre de magie « Le grand grimoire » (février-mars 1773). AEG P.C. 12420
Pièce du procès criminel intitulé Action intentée à Moïse Morier pour vente d’un livre de magie « Le grand grimoire » (février-mars 1773). AEG P.C. 12420 Par le procureur général Berthelemy Galiffe : « L’on est affligé de voir qu’il y a encore des hommes assez ignorans et assez superstitieux pour croire à la magie ; mais l’on est indigné d’en trouver qui cherchent à entretenir cette superstition et à abuser de la crédulité de ces esprits faibles pour les dépouiller […] »
Pièce du procès criminel intitulé Action intentée à Moïse Morier pour vente d’un livre de magie « Le grand grimoire » (février-mars 1773). AEG P.C. 12420 Par le procureur général Berthelemy Galiffe : « L’on est affligé de voir qu’il y a encore des hommes assez ignorans et assez superstitieux pour croire à la magie ; mais l’on est indigné d’en trouver qui cherchent à entretenir cette superstition et à abuser de la crédulité de ces esprits faibles pour les dépouiller […] »

 

Exposition nationale de Genève, 1896 : Pièce du dossier de candidature pour des distributeurs automatiques.  Ces distributeurs automatiques (souvent en panne, ce qui a provoqué les plaintes du public), proposaient des chocolats, bonbons, cartes postales, photographies ou encore médailles).  AEG Exposition nationale 57/350/67
Exposition nationale de Genève, 1896 : Pièce du dossier de candidature pour des distributeurs automatiques. Ces distributeurs automatiques (souvent en panne, ce qui a provoqué les plaintes du public), proposaient des chocolats, bonbons, cartes postales, photographies ou encore médailles). AEG Exposition nationale 57/350/67

 

Recette d’encre sympathique, 31 octobre 1617. Lettres d’un Sieur Florantin adressées au Petit Conseil au sujet de deux recettes, l’une pour une encre sympathique, l’autre pour mettre le feu au moyen de boulets et de balles. AEG P.H. 2605
Recette d’encre sympathique, 31 octobre 1617. Lettres d’un Sieur Florantin adressées au Petit Conseil au sujet de deux recettes, l’une pour une encre sympathique, l’autre pour mettre le feu au moyen de boulets et de balles. AEG P.H. 2605
Rébus envoyé à Caroline Lefort. AEG Archives de famille 1e série Le Fort Nouveau fonds 9.2
Rébus envoyé à Caroline Lefort. AEG Archives de famille 1e série Le Fort Nouveau fonds 9.2

 

Le Professeur Magicus est un célèbre magicien genevois, qui nait en 1862 sous le nom d’Adolphe Blind. A l’âge de 14 ans, il assiste sur la plaine de Plainpalais à la représentation d’un magicien autrichien, Gustav Agoston, qui marque le début de sa vocation. A 16 ans en 1878, Adolophe Blind ouvre une échoppe de produits magiques sous l’enseigne "Bosco, Blind et Cie" et créée un petit journal nommé Le Cagliostro, qu’il vend à ses amis collégiens. Il entre ensuite dans la florissante entreprise familiale, qui installe des becs de gaz pour l’éclairage des rues. A 37 ans, fortune faite, il quitte l'entreprise pour se consacrer à la magie. A partir de 1900, il se consacre à l’illusionnisme et le "Professeur Magicus" devient l’un des magiciens les plus célèbres d’Europe.

Pendant vingt-cinq ans, il va inventer ou perfectionner 4924 tours de magie, qu’il partage sans relâche pour ses confrères dans de nombreux articles. Il travaille avec des machines, des automates qu’il construit dans l’atelier de sa maison. Selon Alfred Chapuis, qui préface en 1927 son ouvrage Les automates truqués, "le plus énigmatique des dispositifs de Blind sera le distributeur automatique, présenté en 1905 à Paris", qui distribue des cartes à jouer.

Blind est installé avec sa famille dans une maison du quartier de la Servette, à la rue du Moléson, qu’il dénomme "Villa Magica". Il y réunit la plus grande collection européenne d’ouvrages illusionnistes.

Il meurt sur scène, lors d’un spectacle au château de Bossey, alors qu’il venait de prononcer des paroles magiques préludant l’escamotage d’un œuf (dans un tour appelé le "sac à l’œuf"). Pour le premier anniversaire de sa disparition, des sociétés de prestidigitation viennent inaugurer une plaque en son honneur dans le cimetière du Petit-Saconnex. Le "Prix Magicus", fondé par sa veuve et sa fille en 1927, est encore attribué.
Répertoire des soirées fantastiques - Adolphe Blind: Magicus
Répertoire des soirées fantastiques - Adolphe Blind: Magicus

 

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Date de publication
16 mars 2026