Glossaire de l'eau potable

Type de publication
Date de publication
17 novembre 2020
Glossaire des termes liés à l'eau
Glossaire des termes liés à l'eau
Lexique des termes techniques liés à l'eau.

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Par ordre alphabétique
Termes Définition
Adduction de l'eau

Ensemble des techniques permettant de conduire les eaux de leur source jusqu'aux installations de traitement puis de distribution.

AEP

L’alimentation en eau potable (AEP) est l’ensemble des équipements, des services et des actions qui permettent, en partant d’une eau brute, de produire une eau conforme aux normes de potabilité en vigueur, distribuée ensuite aux consommateurs. On considère 5 étapes distinctes dans cette alimentation : prélèvements, captages, traitement pour potabiliser l'eau, adduction (transport et stockage), et distribution au consommateur.

Aération de l'eau

Mise en contact d'eau et d'air afin d'éliminer de l'eau certains gaz dissous (notamment responsables de mauvaises odeurs) et d'y introduire du dioxygène permettant d'oxyder certains composés tels que le fer et le manganèse (afin de prévenir la corrosion).

Affaissement péziométrique Baisse temporaire ou non du niveau piézométrique d’une nappe du fait de modifications naturelles ou artificielles (prélèvement, diminution de l’alimentation, mise en communication des aquifères).
Altération 

Modification des propriétés physico-chimiques des minéraux, et donc des roches, par les agents atmosphériques, par les eaux souterraines et les eaux thermales (altération hydrothermale). Elle dépend en particulier du climat, de la température des eaux, de la nature des roches, et de leur degré de fracturation. Elle a généralement pour effet de rendre les roches moins cohérentes ce qui facilite leur désagrégation.

Aquifère L'aquifère est une nappe d'eau souterraine. Plus précisément, il s’agit d’eau contenue dans les pores ou les fissures des roches saturées par les eaux de pluie qui se sont infiltrées. Les formations géologiques qui composent le sol ont, lorsqu’elles sont assez perméables et poreuses, la capacité de permettre les écoulements verticaux et transversaux de l’eau et de l’emmagasiner. Elles constituent alors des aquifères dans lesquels le comportement des eaux souterraines est très variable selon les caractéristiques physiques et structurales des terrains.
Bras mort Partie du réseau de distribution où l'eau stagne. Le réseau genevois, densément maillé, empêche l’eau de stagner grâce à des boucles dans lesquelles elle peut circuler dans les deux sens. Aux endroits où cela n’est pas possible, des fontaines sont installées ou des écoulements provoqués (purges systématiques) aux extrémités de ces bras morts.
Dureté

La dureté représente la somme des concentrations en calcium et magnésium contenue dans l'eau. Au fil de son parcours sur des couches rocheuses, sur des pierres et des graviers, l'eau se charge de particules de calcium et de magnésium et de nombreux autres minéraux. Plus l'eau potable est riche en particules dissoutes, plus elle est dure. Cela n'a pas d'effet sur la qualité de l'eau, mais modifie son goût.

En Suisse, on distingue six classes de dureté, exprimées en degrés français (°fH). 1 °fH correspond à 0,1 millimole d'ions calcium et magnésium par litre d'eau.

  • Eau très douce : 0-7               
  • Eau douce : 7-15             
  • Eau moyennement dure : 15-25           
  • Eau assez dure : 25-32          
  • Eau dure : 32-42          
  • Eau très dure : Plus de  42  
Eau potable

Eau propre à la consommation, ne contenant aucun germe pathogène. L'eau prélevée directement dans le sol ou dans un lac ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d'être distribuée chez l'usager.

Etiage

L’étiage est le débit minimal d'un cours d'eau, en hydrologie. Il correspond statistiquement (sur plusieurs années) à la période de l’année où le niveau d’un cours d'eau atteint son point le plus bas (basses eaux). Cette valeur est annuelle. Il intervient pendant une période de tarissement et est dû à une sécheresse forte et prolongée qui peut être aggravée par des températures élevées favorisant l’évaporation, et par les pompages agricoles à fin d’irrigation.

Géothermie La géothermie désigne l'énergie géothermique issue de l'énergie de la Terre qui est convertie en chaleur. Pour capter l'énergie géothermique, on fait circuler un fluide dans les profondeurs de la Terre. Ce fluide peut être celui d'une nappe d'eau chaude captive naturelle, ou de l'eau injectée sous pression pour fracturer une roche chaude et imperméable. Dans les deux cas, le fluide se réchauffe et remonte chargé de calories (énergie thermique). Ces calories sont utilisées directement ou converties partiellement en électricité ou en eau chaude sanitaire.
Micropolluants organiques

Le terme générique micropolluants organiques décrit tous les composés contenant au minimum du carbone et de l’hydrogène, qui se retrouvent dans le milieu naturel à des  concentrations allant de l’ordre du microgramme par litre (μg/L) au nanogramme par litre (ng/L). Dans ses documents, la Confédération suisse a, elle, retenu le terme synonyme composé trace organique.

Nappe phréatique

Première nappe rencontrée lors du creusement d’un puits. Nappe généralement libre, c’est-à-dire dont la surface est à la pression atmosphérique. Elle peut également être en charge (sous pression) si les terrains de couverture sont peu perméables. Elle circule, lorsqu’elle est libre, dans un aquifère comportant une zone non saturée proche du niveau du sol.

Nappe souterraine

Ensemble de l’eau contenue dans une fraction perméable de la croûte terrestre totalement imbibée, conséquence de l’infiltration de l’eau dans les moindres interstices du sous-sol et de son accumulation au-dessus d’une couche imperméable. Les eaux souterraines correspondant aux eaux infiltrées dans le sol, circulant dans les roches perméables du sous-sol, forment des « réserves ». Différents types de nappes sont distingués selon divers critères qui peuvent être : géologiques (nappes alluviales - milieux poreux superficiels, nappes en milieu fissuré - carbonaté ou éruptif, nappes en milieu karstique - carbonaté, nappes en milieu poreux - grès, sables) ou hydrodynamiques (nappes alluviales, nappes libres, ou nappes captives. Une même nappe peut présenter une partie libre et une partie captive.

Nitrate

Principaux aliments azotés des plantes, dont ils favorisent la croissance, le nitrate joue un rôle important comme engrais. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement du nitrate à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). Dans de nombreuses eaux souterraines et de surface, on observe aujourd’hui une augmentation de la concentration en nitrate d’origine diffuse (entraînement provenant des engrais minéraux ou organiques non utilisés par les plantes) ou ponctuelle (rejets d’eaux usées domestiques, agricoles ou industrielles). L’enrichissement progressif des eaux en nitrate peut conduire à compromettre leur utilisation pour la production d’eau potable et conduit, dans certains cas, à des développements importants d’algues. Ce phénomène d’eutrophisation est accentué par la présence de phosphore.

Organoleptique

On qualifie d'organoleptique tout ce qui est susceptible d'exciter un récepteur sensoriel. Ainsi, l'apparence, l'odeur, le goût, la texture ou encore la consistance constituent les qualités organoleptiques d'un aliment ou d'une boisson.

Perchlorate

Les sels de perchlorate, ou perchlorate (p.ex. perchlorate d’ammonium) sont rares à l’état naturel mais peuvent être présents dans certains engrais. Ils sont synthétisés industriellement en grande quantité pour les carburants des fusées, les munitions ainsi que les feux d’artifices. L’ion perchlorate (ClO4-) est très soluble dans l’eau et stable : il peut donc contaminer durablement les eaux souterraines. Comme l’ion perchlorate est un perturbateur endocrinien qui inhibe la production des hormones thyroïdiennes, sa présence dans les eaux souterraines peut représenter un enjeu sanitaire et environnemental.

Suite à la détection de perchlorate dans la nappe phréatique du Genevois en 2017, l’OSAV a réalisé en 2018, en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), un monitorage dans le cadre de l'Observation nationale des eaux souterraines NAQUA.

Périmètre de protection

Limite de l’espace réservé réglementairement autour des captages utilisés pour l'alimentation en eau potable, après avis d’un hydrogéologue agréé. Les activités artisanales, agricoles et industrielles, ainsi que les constructions y sont interdites ou réglementées afin de préserver la ressource en eau, en évitant des pollutions chroniques ou accidentelles. On peut distinguer réglementairement trois périmètres : le périmètre de protection immédiate où les contraintes sont fortes (possibilités d’interdiction d’activités), le périmètre de protection rapprochée où les activités sont restreintes, et le périmètre éloigné pour garantir la pérennité de la ressource.

Péziométrie

Hauteur du niveau d'eau dans le sol.

Prélèvement de nappe

Extraction d’eau d’une source souterraine, de manière permanente ou temporaire, et transportée à son lieu d’usage. Les prélèvements d’eau regroupent l’ensemble des prélèvements liés aux activités générées par l’agriculture, l’industrie (y compris de l’énergie), l'alimentation en eau potable ou autre source d’eau minérale autorisée, production de neige artificielle, etc.).

Protection de la nappe

Ensemble de réglementations et de dispositions prises pour protéger les ressources en eau souterraine.

Remontée de la nappe

Mouvement ascendant du niveau de la nappe ou de la surface piézométrique dû à une réalimentation faisant suite à une période d’épuisement.

Restauration de la nappe

Intervention corrective visant à améliorer la qualité des eaux d’une nappe souterraine.

Secteurs de protection des eaux 

Les zones, secteurs, aires et périmètres de protection des eaux souterraines déterminent des portions de territoire à l'intérieur desquelles des mesures de protection doivent être prises. Elles sont délimitées pour tenir compte au mieux des intérêts particuliers de chacun en fonction des impératifs nécessaires pour assurer une protection efficace des eaux publiques.
Secteurs de protection des eaux à Genève

Secteur de protection Ao

Le secteur de protection Ao est défini pour les eaux superficielles. Il est cantonné sur les rives du lac Léman ainsi que sur certaines zones considérées comme biotopes d'importance nationale.

Secteur de protection Au

Le secteur de protection Au comprend les régions disposant de gisements d’eau souterraine utilisables ainsi que les régions bordières nécessaires à leur protection et les terrains karstiques particulièrement vulnérables (calcaires aquifère dépourvu ou presque de couche protectrice, mauvaise capacité de filtration).

Secteur de protection Au-p

Il s'agit des secteurs de protection Au pour les eaux en profondeur.

Secteur de protection Zu

Le secteur de protection Zu  (pour les eaux souterraines) est définie comme la surface de territoire recueillant le 90% des eaux qui réalimentent un captage d'intérêt public. Cette information précieuse donne au canton les connaissances nécessaires pour préserver sa ressource à long terme et la transmettre aux générations futures. La délimitation d'une aire Zu est nécessaire dans tous les cas où l'eau alimentant un captage d'intérêt public est polluée par des substances dont la rétention ou la dégradation sont insuffisantes, (p.ex. nitrates ou phytosanitaires).

Site pollué

Site dont le sol, le sous-sol ou les eaux souterraines ont été pollués par d’anciens dépôts de déchets ou l’infiltration de substances polluantes, cette pollution étant susceptible de provoquer une nuisance ou un risque pérenne pour les personnes ou l’environnement. Ces pollutions sont souvent dues à d’anciennes pratiques sommaires d’élimination des déchets, mais aussi à des fuites ou des épandages fortuits ou accidentels de produits chimiques.

STEP

La station d'épuration des eaux usées (STEP) est une installation permettant la dépollution des eaux usées urbaines domestiques.

Fonctionnement d'une  STEP

Turbidité

La turbidité désigne la teneur d’une eau en particules suspendues qui la troublent. Les eaux de surface (lacs, réservoirs, rivières et ruisseaux), les puits peu profonds ou mal construits sont des sources plus vulnérables à une turbidité élevée. Les eaux turbides contiennent souvent des matières organiques et des micro-organismes. Les micro-organismes se fixent aux particules en suspension dans l’eau turbide, ce qui empêche l’eau d’être correctement désinfectée et peut augmenter les risques de maladies gastro-intestinales. Boire de l’eau turbide peut être particulièrement risqué pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Pour la production d'une eau de consommation de qualité, la filtration de l’eau contribue à l’élimination des particules à l'origine de la trubidité. 
Vulnérabilité de la nappe

Risque d’infiltration de polluants issus de la surface, à travers le sol et la zone non-saturée. La vulnérabilité des nappes est intrinsèque : elle dépend du contexte topographique (pente du terrain), pédologique (perméabilité), géologique (perméabilité, épaisseur). Une nappe captive, recouverte par une formation peu perméable (souvent des argiles) est peu vulnérable en comparaison d’une nappe libre.

Type de publication
Date de publication
17 novembre 2020