Egalité femmes-hommes et violence en couple: l'action du DIP et de ses partenaires

Ce matin 21 janvier, Mme Anne Emery-Torracinta, conseillère d'Etat chargée du DIP, a présenté l'action du département dans le domaine du genre, et plus particulièrement de l'égalité femmes-hommes et de la violence en couple. En cette matière, les collaborations avec le monde associatif et la société civile sont essentielles. Trois partenaires du DIP étaient donc présents pour exposer leurs plus récentes initiatives. Le deuxième Observatoire a détaillé le contenu de son récent guide intitulé "Le Ballon de Manon & la corde à sauter de Noé"; l'Aide aux victimes de violence en couple (AVVEC) et la Fédération des associations des parents du post-obligatoire (FAPPO) ont expliqué leur campagne de prévention "La violence en couple: aussi une affaire de jeunes!", lancée ces jours.

L'action du DIP dans le domaine du genre et de l'égalité s'appuie sur la loi sur l'instruction publique, notamment son article 12, qui prévoit que "le département sensibilise à l’égalité entre filles et garçons et la promeut, notamment en matière d'information et d'orientation professionnelle". C'est pourquoi il est investi dans ce domaine depuis de nombreuses années. Mais l'actualité récente accentue l'importance des enjeux: mouvement MeToo, forte présence des questions d'égalité de salaire et de représentation politique dans les débats publics, annonce d'une nouvelle grève des femmes le 14 juin 2019... "Malgré les progrès accomplis depuis quelques décennies, l'égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences sexuelles restent deux grands défis de notre époque", affirme ainsi Mme Emery-Torracinta.

Pour s'en saisir, le DIP doit former les élèves et les enseignant-e-s, nouer des partenariats avec le monde associatif – dont l'expertise et l'engagement sont des ressources précieuses – et travailler sur la longue durée. Dans ce cadre, le département poursuit deux grands objectifs. Le premier est d'ordre éducatif: éduquer sans stéréotypes de genre et encourager les élèves à suivre des filières non stéréotypées. Le second est d'ordre préventif: lutter contre les discriminations et les violences de genre. De nombreuses actions concrètes sont en cours depuis des années dans ces deux domaines. Pour le volet éducatif, par exemple, on peut mentionner le programme "Eugénie dans les écoles", qui propose depuis 2016 des ateliers en partenariat avec le groupe femmes de la Société suisse des ingénieurs et des architectes, ou le dispositif "Mosaïque Lecture", qui met à disposition des kits de livres pour aborder l'orientation sexuelle ou l'ouverture à la différence. Pour le volet préventif, on peut citer la campagne "Non, c'est non!", née en 2015 à l'initiative de collégiennes soucieuses de développer une culture du consentement et conduite en collaboration avec divers partenaires [1]; ou le programme "Avec prudence, avec confiance", délivré par le service de santé de l'enfance et de la jeunesse à tou-t-e-s les élèves de 4P pour les initier aux frontières de l'intimité, au respect de soi et au droit de dire non.

Le deuxième Observatoire œuvre depuis plus de vingt ans à construire une société plus égalitaire, notamment par l’élaboration d’outils de prévention. Dans la lignée du guide destiné aux professionnel-le-s de la petite enfance La poupée de Timothée et le camion de Lison, le deuxième Observatoire propose un nouvel outil, adressé cette fois-ci aux professionnel-le-s des écoles primaires: Le ballon de Manon et la corde à sauter de Noé. Ce guide expose des situations issues d’observations menées durant une année dans des écoles primaires des cantons de Genève, Fribourg, Jura et Neuchâtel. Il est par exemple ressorti que les garçons sont davantage interrogés que les filles en classe par les enseignant-e-s, cela de manière totalement inconsciente. Autre exemple: les garçons occupent plus l’espace sonore et les filles se retrouvent davantage dans les marges dans la cour de récréation. En outre, le guide présente l’analyse de quatre manuels scolaires (mathématiques, allemand, français, histoire). Que ce soit dans les illustrations, dans les textes, dans les titres, les personnages masculins sont prédominants (un rapport de deux tiers/un tiers en faveur des personnages masculins). A ces constats s’ajoutent des rôles et des expressions de genre très stéréotypés. En parallèle du guide, un court métrage Filles et foot, la fin du hors-jeu illustre une démarche novatrice dans une école genevoise pour une occupation des terrains de jeux de ballons plus égalitaire.

La violence en couple, qui touche une femme sur cinq durant sa vie de couple, concerne aussi les jeunes, les filles comme les garçons. En août 2018, une enquête pour les écoles neuchâteloises révélait que 60% des jeunes en couple âgés entre 15 et 16 ans se disaient victimes de violences ou d’abus de la part de leur partenaire. Consciente que les premières relations amoureuses sont fondatrices des futurs couples qui s’établiront en tant qu’adulte, l’association AVVEC souhaitait depuis plusieurs années pouvoir sensibiliser les jeunes sur le sujet dans les écoles. Le partenariat initié par AVVEC avec le DIP et la FAPPO a permis de le faire. Cela se traduit aujourd’hui par la production de toute une série de supports de communication, dont une exposition composée d’affiches et de vidéoclips réalisés par des jeunes du CFP Arts, à qui l’association a confié la mission de sensibiliser leurs pairs à cette problématique complexe. Des ateliers dispensés dans certaines classes par la directrice d’AVVEC, Mme Béatrice Cortellini, complètent cette action en collaboration avec les enseignant-e-s, conseillers-ères sociaux-ales et autres personnels encadrant les élèves dans les établissements du post-obligatoire. L’ensemble de ce dispositif sera disponible jusqu’en 2020.

Pour mener à bien ce projet, AVVEC a pu compter notamment sur l’engagement de la FAPPO, l’association faîtière des associations de parents d’élèves du secondaire II. Pascal Pupet, président de la FAPPO, explique: «Au-delà de l’instruction qu’elle dispense, l’institution scolaire peut et doit être un lieu de sensibilisation des adolescents et des jeunes adultes à des problématiques sociétales fondamentales. C’est dans cette optique que la FAPPO s’est impliquée dans cette initiative exemplaire dès son origine.»

 

 

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[1] Partenaires du DIP pour la campagne "Non, c'est non!" : La FAPPO, le centre LAVI, Terre des Femmes Suisse, le deuxième Observatoire, Viol-Secours, Slutwalk Suisse, F-Information, le service égalité de l'Université de Genève, le bureau de la promotion de l'égalité entre femmes et hommes et de prévention des violences domestiques (BPEV) et la Ville de Genève.

 

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