L'ambition de ce nouveau document peut se résumer en une formule: partager publiquement l'ensemble des indicateurs et composantes de la relation numérique entre l'administration et ses usagers.
On y apprend que 191 des 462 démarches numérisables sont disponibles en ligne, soit 43 %, avec une cible de 50 % d'ici 2028. Autre exemple, le site ge.ch cumule plus de 41 millions de pages vues, mais ce qui retient l'attention, c'est surtout la lecture croisée des métriques: les visites augmentent pendant que les pages vues et les actions par visite diminuent — signe a priori que les parcours deviennent plus efficaces.
Zoom sur les usages et l'avis du public
Le premier bilan annuel de l'offre de cyberadministration inclut aussi les résultats d'un sondage MIS Trend commandé par l'OCSIN - office cantonal des systèmes d'informations et du numérique - mené auprès de 1 220 personnes en ligne et 483 aux guichets. La satisfaction globale tourne autour de 92 à 94 %, mais les nuances sont instructives: 23 % des personnes interrogées aux guichets ne connaissaient tout simplement pas les e-démarches, et la facilité à trouver l'information recherchée reste le point faible avec 65 % de satisfaction chez les usagères et usagers résidents. Le principe du «once only» — ne fournir une information qu'une seule fois — suscite un fort intérêt (87 à 89 %), ce qui donne une assise populaire aux deux projets de loi déposés par le Conseil d'État, assortis d'une enveloppe de 18,9 millions de francs.
Côté chantiers, le bilan signale plusieurs jalons structurants: nouvelle charte graphique et design system basé sur Material Design, inventaire consolidé de 95 % des prestations de l'État, stratégie d'identité numérique articulée autour d'AGOV, et lancement d'un agent conversationnel IA pour ge.ch prévu en 2026. On note aussi l'arrivée du hacking éthique en continu, un choix qui aligne Genève sur la pratique fédérale. Le tout s'inscrit dans une perspective à horizon 2030, avec en ligne de mire le coffre-fort numérique, les référentiels cantonaux de personnes et d'entreprises, et une nouvelle déclaration fiscale préremplie attendue pour début 2027.
Aussi un outil de pilotage interne
Ce bilan a été commandé par le Comité de suivi du site internet officiel de l'Etat, l'organisme interdépartemental chargé de la coordination de l'offre de cyberadministration. Et concrètement, ce sont les travaux de l'OCSIN, mais aussi tous ceux de ses clients et partenaires — la chancellerie d'Etat, le centre de compétence cyberadministration, les départements — qui sont réunis.
Il représente à ce titre autant un outil de pilotage interne qu'un signal envoyé à l'écosystème: Genève rend des comptes sur sa maturité numérique, chiffres à l'appui. Un document de référence à suivre d'une édition à l'autre.