Innovation dans le secteur public - entretien avec M. Jean-Luc Cochard au sujet du Linked Data

Date de publication:
12 janvier 2018
A l'invitation de Patrick Genoud, membre du Genève Lab, Jean-Luc Cochard, responsable informatique des Archives fédérales suisses, a présenté le Linked Data à une dizaine de responsables de l'Etat de Genève, ouvrant ainsi un échange sur les perspectives en la matière. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions à ce sujet.
The Linking Open Data cloud diagram - "Linking Open Data cloud diagram 2017, by Andrejs Abele, John P. McCrae, Paul Buitelaar, A
The Linking Open Data cloud diagram - "Linking Open Data cloud diagram 2017, by Andrejs Abele, John P. McCrae, Paul Buitelaar, Anja Jentzsch and Richard Cyganiak. http://lod-cloud.net/"

En Suisse, la mise à disposition de données ouvertes s'effectue par le portail opendata.swiss, géré par les Archives fédérales dont vous êtes le responsable informatique. Monsieur Cochard, pourquoi ouvrir les données ?

Les données ouvertes répondent à des enjeux de transparence, d'innovation et de valorisation. En effet, celles-ci peuvent servir à d'autres usages complémentaires à ceux pour lesquels ces données ont été collectées. Dans ce contexte, rendre publiques des données rassemblées ou générées par les administrations permet une utilisation supplémentaire d'un résultat qui est généralement cher à produire et à maintenir.

 

Dans ce contexte, qu'est-ce que le linked data et qu'est-ce qu'il apporte ?

Le linked data permet aux données rendues publiques de devenir réutilisables de manière optimale par des programmes et des algorithmes. L'alternative la plus répandue de publication des données est de passer par l'entremise de fichiers déposés par les uns, repris par les autres ; méthode relativement basique. Autre solution : passer par des API [application programming interfaces, ou interfaces de programmation], qui permettent un accès direct aux sources de données. Cette approche basée sur des API a deux défauts majeurs : le premier est que chaque API est différente et chaque utilisation d'une API sur un jeu de données nécessite une analyse des options disponibles. Le deuxième est que tout nouveau besoin d’interrogation des données nécessite d’adapter une API existante ou d’en créer une supplémentaire. En s’appuyant sur le linked data on bénéficie entre autres d’une API uniforme pour tous les jeux de données et d’un mécanisme permettant d’établir des liens entre éléments d’information.

 

En lien avec le linked data, vous relevez l'importance de registres communs. Comment s'organiser pour permettre aux jeux de données d'être combinables ?

Dans ce contexte, la logique qui doit prévaloir est celle de la collaboration. Ainsi, il est clair que si l'on veut partager des données ou faire en sorte qu’elles soient réutilisables et combinables, il faut pouvoir s'appuyer sur des vocabulaires communs. Soit on s’appuie sur des vocabulaires génériques qui existent déjà et que l'on réutilise, soit on commence par établir un vocabulaire spécifique à un domaine. Typiquement, c'est ce qui est fait dans le cadre de eCH [association d'intérêt public qui vise à définir des normes facilitant les échanges entre les administrations et avec leurs parties prenantes] avec des normes sous forme de documents. L’idée serait de s’orienter vers une approche de type eCH en lien avec des données ou des vocabulaires en linked data.

 

Le numérique transforme de nombreux secteurs d'activité de l'Etat, dont les archives. Qu'en est-il de la transformation numérique des Archives fédérales suisses ?

Les Archives fédérales suisses, vivent actuellement une période transitoire entre la gestion d'archives analogiques et l'arrivée en masse d’archives digitales. Donc le principal défi actuel des AFS est de mettre en place de nouveaux moyens de publication qui couvrent le spectre allant du digital à l'analogique.

Un autre défi pour le monde des archives consiste à relier entre elles des données provenant des catalogues propres à chaque institution. Il s'agit donc d’établir des liaisons entre des dossiers d’archives sur des entités telles que des personnes, lieux ou dates afin que la recherche puisse se faire de manière globale à travers l’ensemble des archives et pas sur chacun des systèmes séparément. C’est précisément ce qu’expérimentent depuis trois ans les Archives fédérales suisses et plusieurs archives cantonales dont les Archives d’Etat de Genève en mettant leurs catalogues à disposition sous forme de linked data.

 

Merci beaucoup.

 

Jean-Luc Cochard est responsable informatique des Archives fédérales suisses.

 

La présentation de Jean-Luc Cochard : "Introduction à Linked Data : Les activités des Archives fédérales suisses"

 

Pour en savoir plus, une vidéo d'introduction à Linked Data Service LINDAS :

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