VIH/sida à Genève : en bonne voie pour le contrôle de l’épidémie

A l’occasion de la Journée mondiale de sida, Genève publie ses indicateurs d’avancement vers l’objectif 2020 de l’ONUSIDA. Une étape importante est franchie dans notre canton, mais l’effort doit être soutenu.
VIH/sida à Genève : en bonne voie pour le contrôle de l’épidémie
VIH/sida à Genève : en bonne voie pour le contrôle de l’épidémie

Depuis 1998, le 1er décembre marque la Journée mondiale de sida, une journée internationale consacrée à la sensibilisation à la pandémie et à la mémoire des 32 millions de personnes qui sont décédés de suite de maladies liées au sida depuis le début de l'épidémie. Selon les estimations d’ONUSIDA, environ 38 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde à l’heure actuelle, dont environ 24 millions ont accès à des traitements antirétroviraux hautement efficaces.

Grâce au traitement antirétroviral, l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH est aujourd’hui presque comparable à celle des personnes séronégatives, et une personne sous traitement antirétroviral efficace ne transmet pas le virus, y compris lors des rapports sexuels.

Au vu de ces constats scientifiques, ONUSIDA a formulé en 2013 l’objectif « 90-90-90 » : A l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. A l’horizon 2020, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable. A l’horizon 2020, 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée.

Genève a réussi ce pari ; aujourd’hui, à Genève, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, dont 96% reçoivent un traitement antirétroviral, dont 94% ont une charge virale durable supprimée.

90-96-94 : une étape importante est donc franchie dans la lutte contre le VIH dans notre canton. « C’est le moment de reconnaître le soutien infaillible de l’Etat de Genève qui a mené une politique proactive de prévention, d’accès aux soins et de soutien aux personnes concernées par le VIH depuis les années 1980, qui a financé un réseau socio-médical dédié au VIH depuis plus de trente ans, et qui a notamment fait figure de pionnier en matière d’accès aux traitements antirétroviraux en 1996 », soulignent la Professeure Alexandra Calmy, responsable de la consultation VIH aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et Heide Jimenez Dávila, Présidente du Groupe sida Genève. Ces résultats démontrent clairement que la politique de santé contre la propagation du VIH et la promotion de la santé sexuelle, défendue et financée par l'Etat de Genève et le département en charge de la santé depuis le début de l'épidémie, a porté ses fruits. Le Service du médecin cantonal attribue une grande partie de cette réussite à l'excellente collaboration et coordination entre les différents acteurs cantonaux. Les institutions, les médecins et laboratoires de ville, les HUG et les associations ont œuvré et oeuvrent encore, grâce à une volonté politique renouvelée chaque année à combattre cette maladie ainsi que les discriminations qui lui sont liées.

Le nombre de nouveaux diagnostics a fortement baissé l’année passée en Suisse, et dans notre canton également. Le programme d’accès à la prophylaxie pré-exposition PrEP (PrePared) permet d’augmenter le nombre de personnes bénéficiant d’un traitement préventif, leur évitant ainsi d’acquérir le virus du SIDA.

L’effort doit être toutefois soutenu, car pour éliminer le SIDA d’ici 2030 dans notre pays, la route est encore longue, à la hauteur des espoirs qu’un tel objectif suscite.

 

Pour tout renseignement complémentaire : Prof. Jacques-André Romand, médecin cantonal genevois par l'intermédiaire de Laurent Paoliello au 079 935 86 75

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