Sorry, you need to enable JavaScript to visit this website.

Vague de froid et mesures de protection des travailleurs

Froid

Selon le bulletin météorologique de l'Office fédéral de météorologie et de climatologie du lundi 19 février dernier, une masse d'air glacial de type continental arctique en provenance de Sibérie devait se présenter aux frontières nord et est de la Suisse en fin de week-end et pourra ensuite déferler sur nos régions dans un fort courant de bise. C’est ainsi que, à partir du dimanche 25 février, les températures vont plonger avec des minima souvent en-dessous de -10°C en plaine et des maxima qui devraient rester sous zéro degré pendant plusieurs jours d'affilée. C'est pour nous l'occasion de vous rappeler les mesures permettant de préserver la santé des travailleurs.

Le grand froid peut avoir des effets néfastes sur la santé mais aussi sur la sécurité des travailleurs. De plus, les risques associés à la survenue d'autres phénomènes météorologiques potentiellement dangereux, comme la neige et le verglas, peuvent s'ajouter aux risques déjà engendrés par le froid.

Travailler à une température inférieure à +15° C peut déjà générer des situations d’inconfort thermique, notamment pour des travaux sédentaires, pouvant se traduire, entre autres, par une pénibilité et une fatigue accrues (liées à une augmentation de la dépense énergétique).

Une température ambiante (à l’abri du vent) inférieure à 5 °C, a, quant à elle, des effets directs et immédiats sur la santé des personnes exposées. En outre, de différents facteurs tels que la vitesse du vent et l’humidité peuvent accentuer la sensation de froid et ces effets. Dans ce contexte, des risques spécifiques d’une exposition au froid se surajoutent aux risques liés à l’activité, à savoir : un risque d’hypothermie (température du corps en dessous de 35°C) ; un risque de gelures plus ou moins graves (par exposition au froid ambiant ou par contact avec des surfaces froides) ; un risque accru de troubles musculosquelettiques et de certaines affections respiratoires et cardiovasculaires, ainsi qu’un risque d’accident du travail consécutif à des effets directs et indirects d’une exposition au froid (tels que la perte de dextérité et/ou de la sensibilité tactile associée au froid et/ou au port de gants et de vêtements de protection ou encore les difficultés de déplacement dans la neige ou sur des surfaces gelées glissantes, entre autres).

Nous soulignons que les travailleurs le plus à risque sont ceux qui sont âgés de plus de 55 ans; qui souffrent de maladies cardiovasculaires, de diabète, de rhumatisme, d’asthme induit par le froid, de la maladie des doigts blancs (syndrome de Raynaud), de troubles rénaux, d’épilepsie, entre autres ; qui exécutent un travail physique intense ; qui ont subi des lésions antérieures causées par le froid ; qui consomment du tabac ou de l’alcool de manière excessive ; qui prennent des médicaments susceptibles d’altérer la régulation thermique (tels que l’insuline, certains tranquillisants et antidépresseurs, etc.). Pour rappel, les travaux impliquant une exposition à des températures ambiantes inférieures à –5° C sont interdits aux femmes enceintes, qui figurent également parmi les travailleurs plus vulnérables aux effets du froid.

Dans ce cadre, les employeurs doivent mettre en place des mesures permettant de préserver la santé des travailleurs dans ces conditions telles que :

  • des mesures techniques comportant l’utilisation des chauffages locaux (par rayonnement infrarouge) tout en évitant de créer de grandes différences de températures, l’utilisation de matériaux thermiquement isolants et de couvertures des surfaces exposées, l’utilisation pour les sols des matériaux adaptés au froid afin de prévenir le risque de glissade et des dispositifs de protection contre le vent, ainsi que la mise en place d’abris appropriés ;
  • des mesures organisationnelles permettant, entre autres, d'adapter le rythme de travail, d'accorder des pauses de réchauffement dans un environnement thermique agréable (comptées comme temps de travail), de permuter les travailleurs concernés vers des postes de travail plus chauds, de créer de locaux de séjour adéquats, de mettre à disposition des boissons chaudes et d’informer les travailleurs des risques spécifiques ;
  • ainsi que les mesures de protection individuelle, en particulier la mise à disposition de vêtements adéquats de protection contre le froid et les intempéries, en quantité suffisante.

Vous trouverez dans les documents ci-dessous des précisions sur l'ensemble des mesures préventives dans le document élaboré par le SECO ainsi que dans les commentaires de l’article 21 OLT3.

Dr. Mariângela de Moraes Pires Médecin inspectrice du travail

Partagez cette page