Le vernissage a commencé par un mot de bienvenue de Nicolas Roguet, délégué à l'intégration du canton de Genève. Il a été suivi d'une allocution de Thierry Apothéloz, conseiller d'Etat chargé du département de la cohésion sociale et de Frédéric Josselin, chef du service de la participation citoyenne à l'office de l’urbanisme.
Ensuite, Pierre-Louis Chantre, un des rédacteurs du Magazine de l'intégration, a eu un échange à tour de rôle avec une personne apparaissant dans chacun des articles, afin d'en donner un aperçu :
- Célia Sepe, chargée de projets de quartiers pour Après-GE et responsable du développement territorial au sein de Rez Actifs. Elle est interviewée dans le dossier principal du Magazine, consacré à la cohésion sociale dans les quartiers ;
- Emilie Flamand, directrice du bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences (BPEV). Elle a décrit dans les grandes lignes la loi générale sur l'égalité et contre les discriminations (LED), décryptée en détails dans le Magazine ;
- Liban Duale, coordinateur des ateliers de primo-information à l'Unité Action pour l’information, la prévention et l’intégration de l’Hospice général (AIPI). Liban Duale est revenu sur l'animation de ces ateliers mis en place pour les personnes issues de l'asile et a fait le lien avec son parcours personnel qui l'a amené à cette profession. Ces enjeux sont approfondis dans le reportage et le portrait du Magazine.
Vous trouverez ci-dessous une retranscription de l'allocution de Thierry Apothéloz lors de cet événement.
Mesdames et Messieurs,
Chères et chers partenaires,
J’aimerais commencer par remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce quatrième numéro du Magazine de l’intégration, qui ont proposé les sujets, qui ont accepté de témoigner, qui ont écrit, relu, corrigé, photographié, mis en page.
Ce quatrième numéro est l’occasion de regarder le chemin parcouru depuis le premier, il y a maintenant quatre ans.
En quatre ans, ce magazine a abordé une grande diversité de sujets qui racontent, chacun à leur manière, la réalité de l’intégration dans notre canton : l’accompagnement des familles immigrées, le programme Horizon académique, le décryptage du Programme d’intégration cantonal, et bien d’autres objets.
Dans chaque numéro, j’ai souhaité que nous dressions le portrait d’une actrice ou d’un acteur de l’intégration issu de la société civile. C’est un choix auquel je tiens particulièrement. Parce que derrière les politiques publiques, derrière les programmes, les budgets, les dispositifs et les acronymes il y a des femmes et des hommes qui s’engagent.
Des personnes qui accompagnent, qui orientent, qui traduisent, qui rassurent, qui ouvrent des portes. Des individus qui travaillent auprès de personnes nouvellement arrivées dans notre canton, qu’il s’agisse de personnes venues avec un permis B de travail, de personnes réfugiées, de fonctionnaires internationaux, de personnes sans papiers, de personnes arrivées dans le cadre du regroupement familial.
Ce magazine est donc aussi une manière de rendre visible cet engagement. De montrer que l’intégration n’est pas uniquement une politique publique portée par le canton : c’est une responsabilité collective, qui repose aussi très largement sur la société civile et sur toutes celles et ceux qui, sur le terrain, la font vivre.
En quatre ans, ce magazine a permis d’informer des milliers de Genevoises et de Genevois sur les politiques publiques en matière d’intégration, de lutte contre le racisme et les discriminations. Mais nous le savons : ce magazine est insuffisant.
Pour atteindre largement la population, pour toucher des publics différents, il faut multiplier les canaux d’information. Il faut diversifier les formats, la profondeur et les façons de parler des politiques publiques.
Dans le domaine de l’intégration, il y a bien sûr ce magazine, mais il y a aussi une newsletter, envoyée 6 fois par an. Il y a également le site internet integration.ge.ch qui rassemble toute notre action, mais aussi des sites externes comme français intégration, qui répertorie, avec les associations partenaires, les cours de français gratuits ou à bas prix, de qualité, proposés dans le canton.
Mentionnons les ateliers d’information, notamment sur les permis de séjour et les possibilités d’accès au travail, qui saturent de monde à chaque fois. Les événements publics, comme par exemple celui qui sera prochainement consacré à l’AIS dans le domaine scolaire. Il y a les réseaux sociaux, notamment la page Instagram de ge_intégration, avec certaines vidéos courtes d’information qui totalisent près de 100'000 vues.
100'000 vues ! Je ne sais pas si nous pouvons encore parler de communication institutionnelle à ce stade, ou s’il faut commencer à parler d’influenceurs de la politique publique genevoise… Ce canal, il y a encore quelques années, aurait fait sourire dans une administration — aujourd'hui, il est tout simplement indispensable, et nous l'investissons pleinement. Car nous devons aller là où les gens sont.
Il y a aussi le bon vieux papier : les brochures et dépliants consacrés à l’AIS, au PIC, à Refugees@Work, à Notre Historia et j'en passe — sans même parler de toutes les brochures de primo-information qui ciblent directement les personnes concernées, qui est, lui, un tout autre chapitre.
Il y a les communiqués de presse : lundi dernier encore, celui consacré au bilan des dispositifs estivaux – Français en été et Chapiteaux enchantés – a été repris par la Tribune de Genève et l’ATS.
Et il y a les campagnes d’information, par exemple dans les trams ou via l’affichage communal pour faire connaître nos projets. Ces campagnes s’adressent naturellement en priorité aux personnes immigrées pour qu’elles accèdent aux prestations. Mais elles ont aussi une autre fonction : faire connaître à l’ensemble de la population ce que les pouvoirs publics mettent en place en matière d’intégration.
Cet effort d'information, je le porte aussi à l'échelle de l'ensemble du département. Nous nous attelons au quotidien à faire connaître le plus largement possible les politiques sociales que nous mettons en œuvre. Cela concerne les seniors, les personnes en situation de handicap, les jeunes, les familles, les proche-aidants et les personnes en situation de précarité. Cela passe par des campagnes d’envergure, par exemple sur le désendettement ou pour faire connaitre le Bureau d’information sociale. Cela passe aussi par un travail plus discret, mais absolument essentiel, de simplification et de clarification de l’information sur ge.ch. Avec des sites au langage clair, simple, avec des contenus mis à jour, comme seniors.ge.ch, handicaps.ge.ch ou encore familles-geneve.ch, nous rendons l’information plus accessible. L’objectif est très concret : permettre à chacune et chacun de mieux connaître ses droits et les dispositifs auxquels il peut avoir accès.
Et nous avons aussi développé de nouveaux formats récemment pour atteindre de nouvelles audiences. Je pense notamment à Action! Social, l’émission consacrée au terrain de la politique sociale dans le canton de Genève, réalisée par Léman Bleu sur mandat de l’Hospice général, de la FIDES, de l’AGOEER, du CAPAS, de la Ville de Genève et de notre département. Ses sept premiers épisodes ont permis de faire connaître, de manière très concrète, les coulisses de notre action auprès de publics vulnérables : l’insertion de personnes migrantes, de jeunes en décrochage, de personnes en situation de handicap, les habitats inclusifs, ou encore la cohésion sociale dans les quartiers. Ce dernier sujet fait d’ailleurs directement écho au dossier principal de la nouvelle édition du Magazine de l’intégration.
C’est intéressant parce que ces deux médias, avec des formats très différents, poursuivent finalement un même objectif : donner à voir ce que font les actrices et acteurs publics et associatifs sur le terrain et rendre les politiques sociales plus concrètes et plus compréhensibles. Le succès rencontré par Action! Social, qui figure parmi les émissions les plus suivies de Léman Bleu, montre qu’il existe un véritable intérêt du public pour ces sujets, lorsqu’on trouve les bons formats pour les raconter.
Pourquoi est-ce si important ?
Sans ce travail d'information, le non-recours aux prestations sociales progresse, la précarisation s'installe, avec des conséquences très concrètes sur les personnes — et, in fine, sur le système social lui-même. Les situations s'enveniment, deviennent plus difficiles à accompagner, et le chemin vers l'autonomie s'allonge et se complique.
Informer, c’est donc prévenir.
Mais l’information a une fonction plus large encore.
La cohésion sociale se construit sur la connaissance — la connaissance de l'autre, et la connaissance des programmes publics qui soutiennent les publics vulnérables, dont font partie les personnes migrantes que nous accompagnons. Il faut expliquer ces programmes, faire cet effort de transparence, pour générer compréhension et adhésion. Et, soyons clairs : des politiques sociales expliquées, connues, soutenues par la population, sont des politiques plus difficiles à démanteler par certains bords politiques qui attendent la première occasion pour le faire.
Mais il y a un dernier point, et probablement le plus difficile. Produire l’information n’est que la première étape. Ensuite vient la diffusion. Et là, soyons honnêtes : nous avons du travail !
Nous vivons dans un monde saturé d’informations. Notifications, messages, vidéos, shorts, reels, publicités… Nous assistons à une véritable lutte pour quelques secondes de cerveau disponible. Dans cette compétition, une administration cantonale n’est pas toujours le diffuseur le plus séduisant ! Mais je l’ai dit, c’est notre devoir de faire notre place dans ce paysage saturé.
C’est pourquoi nous devons continuer à diversifier nos formats, à simplifier nos messages, à investir de nouveaux canaux et à aller vers les publics plutôt que d’attendre qu’ils viennent à nous.
Et c’est précisément là que votre rôle, à vous toutes et tous, est essentiel. Chères et chers partenaires, vous êtes des relais indispensables. Vous êtes au contact des personnes, dans les associations, les communes, les institutions, vous êtes au contact d’individus que nous n’arrivons pas toucher seuls. Alors, à l’occasion de la sortie de ce quatrième Magazine de l’intégration, je veux vous remercier pour votre présence, pour votre engagement et je veux surtout vous remercier par avance pour ce que vous continuerez à faire après cette soirée :
lire, partager, relayer.
Parce qu’une information produite mais qui ne circule pas reste… une information. Alors qu’une information qui circule, qui est comprise et qui atteint la bonne personne peut devenir un droit exercé, une porte ouverte, une démarche engagée, une situation améliorée, un soutien de plus à nos politiques sociales.
C’est aussi cela, finalement, notre responsabilité collective. Produire de l’information, c’est une chose. Mais surtout, il faut réussir à la faire vivre.
Je vous remercie et je souhaite longue vie au Magazine de l’intégration qui souffle aujourd’hui ses 4 bougies !