Pandémie COVID-19  et qualité de l'air à Genève

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Date de publication:
1 avril 2020
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Déployées à large échelle, les mesures appliquées à travers le monde afin d'agir à l'encontre de la pandémie de COVID-19 ont des effets mesurables sur l'environnement et la qualité de l'air. Le cas le plus frappant est sans doute celui de certaines régions de Chine, marquées par un tissu industriel très dense et une énergie provenant encore largement de centrales thermiques. En Europe, cet effet est aussi observé mais de façon plus nuancée. A Genève, les données récoltées vont dans le même sens.
Analyse de la qualité de l'air

Avec des procédures adaptées aux consignes sanitaires relatives à l'état de nécessité, la surveillance de la qualité de l'air se poursuit à Genève selon une méthodologie inchangée, permettant ainsi d'assurer la continuité et la qualité des données récoltées et de pouvoir comparer leur évolution. 

Tendance à la baisse des concentrations de dioxyde d'azote

Ce suivi permet d'observer que c'est le dioxyde d'azote (NO2), dont la source principale est la circulation automobile, qui indique actuellement une évolution la plus nette. Ainsi, entre la dernière semaine de mars et la première quinzaine du même mois (avant l'instauration des mesures de lutte contre la pandémie), les stations péri-urbaines montrent en moyenne une baisse de ce polluant de l'ordre de 50% et la station urbaine de l'ordre de 35%. Les concentrations journalières en milieu périurbain deviennent ainsi du même ordre de grandeur que celles mesurées en milieu rural, qui sont habituellement basses et qui demeurent globalement inchangées. Cette diminution est indiscutablement à mettre en relation avec la diminution des activités, en particulier le trafic routier, même si les concentrations restent très dépendantes des conditions météorologiques. Par exemple, à la faveur de masses d'air stables qui ont été favorables à l'accumulation des polluants, les taux de NO2 remontaient légèrement en fin de semaine dernière.

 

graphique moyenne journaliere NO2

 

Des phénomènes complexes

Alors qu'il suffit de couper le moteur d'un véhicule pour que ses nuisances sonores s'interrompent de façon immédiate, pour les polluants de l'air les choses ne sont en général pas aussi simples. Ainsi, l'ozone, un polluant secondaire qui se crée sous l'effet du soleil à partir des oxydes d'azote (NOx) et de composés organiques volatils (COV), n'a pas connu d'évolution notable sur la même période, avec des concentrations normales pour la saison. Par ailleurs, les appareils de mesure genevois ont relevé pour les particules fines (PM10) une augmentation sensible des concentrations au milieu de la dernière semaine du mois de mars, puis une chute avec l'arrivée du vent le soir du 29 mars. Ce phénomène a été noté dans toute la Suisse et s'explique notamment par le passage d'un nuage de sable engendré par une dépression sur la Méditerranée qui a entraîné des afflux d'air venant du Sud. Cet exemple illustre combien il est délicat d'isoler un seul facteur dans le cadre de dynamiques atmosphériques complexes. Cependant, même si d'autres paramètres peuvent intervenir et entrainer des augmentions locales ou ponctuelles des concentrations en polluants, il est indéniable que les émissions polluantes issues des activités humaines jouent un rôle déterminant en matière de qualité de l'air, comme l'indique déjà le dioxyde d'azote. Il est donc à prévoir que les mesures mises en œuvre pour lutter contre la pandémie de COVID-19 aient indirectement un impact temporaire favorable sur notre environnement, à l'échelle globale mais aussi locale.

 

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