« On a volontairement gardé le message provocateur - tu vois que c’est dur, regarde comme c’est beau - car la génération Z n’a pas envie qu’on lui raconte des salades », souligne Yanik Marguerat, responsable communication à l’OrTra santé-social genève.
La campagne porte sur trois métiers : Aide en soins et accompagnement (AFP-ASA) et Assistant en soins et santé communautaire (CFC-ASSC), ainsi que le Bachelor en Soins infirmiers (HES). Ces professions s’adressent à un large public grâce à trois niveaux de formation et des passerelles de l’une à l’autre. « Le lien essentiel entre elles est l’humain, avec une réalité exigeante physiquement et émotionnellement, mais souvent très belle dans l’accompagnement et les soins apportés, et offrant en retour la reconnaissance des patients et des proches », relève Yanik Marguerat. Si la campagne s’inscrit dans le long terme, elle porte déjà ses fruits. On observe une forte progression des postulations au Centre de formation professionnelle santé pour la filière ASSC duale mixte (première année en école plein temps puis en dual), ainsi qu’une augmentation de 30% des candidatures pour les apprentissages d’ASA et d’ASSC relevée par les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). Concernant les soins infirmiers, la Haute école de santé de Genève (HEdS-Genève) affiche des effectifs stables avec environ 200 étudiants par année.
Cependant l’année propédeutique (modules complémentaires pour les candidats sans titre d’accès direct et maturité spécialisée santé) connaît une nette progression passant d’environ 415 à plus de 445 étudiants.
D’ASA à ASSC
« En pleine pandémie, c’était compliqué de trouver une place de formation dans les soins. Je me suis retrouvée à l’ECG avant de signer avec les HUG pour une formation d’aide en soins et accompagnement (ASA)», raconte Sofia Rodrigues. Fidèle à son objectif, elle effectue des stages dans différents services et réussit brillamment ses examens finaux avant de poursuivre avec une formation d’assistante en soins et santé communautaire (ASSC). « Je suis apprentie aux HUG en division privée et c’est génial car plusieurs spécialités sont regroupées dans un seul service. En plus de la médecine générale, il y a la gastro-entérologie, la dermatologie, la chirurgie de la main et la chirurgie maxillo-faciale. Ça change tout le temps et pour moi qui ai besoin que ça bouge, c’est idéal », se réjouit Sofia. Le travail peut toutefois varier selon les unités avec des tâches plus spécialisées ou répétitives, sans oublier les situations émotionnellement lourdes comme en oncologie ou dans le cadre de pathologies psychiatriques. « Ces situations peuvent être difficiles à gérer, mais je peux compter sur l’appui de toute une équipe. Quant aux remerciements des patients et des familles, c’est la beauté de notre métier », insiste celle qui envisage de rejoindre la HEdS après une maturité professionnelle post CFC.
Du design aux soins
« J’ai eu des étoiles plein les yeux dès mon premier jour de Bachelor ; les cours, les matières, tout était stimulant avec en plus un stage sur le terrain à la fin de chaque semestre», explique Célestin Fournier, 23 ans, en 3ème année d’études en Soins infirmiers. Pourtant, il rejoint les bancs de la HEdS-Genève après une première formation de polydesigner 3D avec maturité professionnelle, un domaine qu’il a adoré. « Le côté créatif me stimulait, mais en stage j’ai découvert un monde professionnel qui ne me convenait pas : trop mercantile et peu de relations humaines. À la suite d’une blessure, je me suis intéressé au monde de la santé. » Il vient de commencer son dernier stage aux soins intensifs après avoir pratiqué dans cinq autres domaines : l’addictologie en psychiatrie, la cardiologie, les soins à domicile avec l’IMAD, les urgences pédiatriques et les soins palliatifs. « On devient de vrais généralistes capables de couvrir l’ensemble des soins avec une pratique basée sur des protocoles qui évoluent. » Mais plus que les aspects techniques, c’est la personne qui est au centre de son attention. « Chaque patient est différent, à nous d’adopter la bonne posture, les mots propres à chacun. Même si certains vont te mettre en difficulté, c’est souvent la découverte de personnes incroyables, un véritable antidote à l’épuisement professionnel ».
Bachelor en Soins infirmiers en poche, jusqu’où irez-vous ?
Au bénéfice d’une formation généraliste, les perspectives professionnelles sont aussi nombreuses que les lieux et les personnes requérant des soins : hôpitaux, réseaux extrahospitaliers et soins à domicile, entreprises, écoles, organisations humanitaires et de coopération internationale, organismes de promotion de la santé, enseignement, recherche et bien d’autres. Les formations post-bachelor sont nombreuses : Master en sciences de la santé, Master en sciences infirmières ou en psychomotricité ainsi que de nombreuses formations postgrade. En tant qu’infirmière ou infirmier, il est possible de se spécialiser (évolution clinique, soins aigus, prévention par exemple), d’évoluer (gestion d’équipe, pratique avancée, etc.) ou de poursuivre sur une carrière académique. Les débouchés sont aussi vastes que passionnants !
Plus d’infos sur: https://www.hesge.ch/heds/ et https://ortra-ge.ch/
Texte : Patrick Bagnoud, Office pour l'orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), DIP
Photo : OrTra santé-social genève
Article également paru dans la Tribune de Genève du 23 avril 2026