À Genève, cette technologie fait l’objet de projets concrets depuis plusieurs années. L’administration cantonale s’engage aux côtés d’acteurs scientifiques et industriels pour comprendre, expérimenter et anticiper les usages de l’informatique quantique, tout en préparant ses infrastructures aux évolutions à venir.
Qu’est-ce que l’informatique quantique ?
Contrairement aux ordinateurs classiques, qui traitent l’information sous forme de 0 ou de 1, les ordinateurs quantiques utilisent des unités d’information appelées qubits, capables de représenter simultanément plusieurs états (0 et 1 à la fois). Cette capacité permet aux ordinateurs quantiques d’explorer un très grand nombre de possibilités en parallèle et de résoudre certains types de problèmes beaucoup plus rapidement.
Pour donner un exemple concret, un ordinateur quantique pourrait identifier rapidement le meilleur scénario parmi des milliers de combinaisons possibles, comme l’optimisation des flux de transports publics d’une ville, là où un ordinateur classique devrait tester chaque option l’une après l’autre.
Quelles opportunités ?
Grâce à ces capacités, l’informatique quantique pourrait transformer certains domaines scientifiques, technologiques et sociétaux. Elle ouvre des perspectives dans la recherche médicale, la découverte de nouveaux matériaux, la simulation de phénomènes complexes ou encore l’intelligence artificielle.
Pour les collectivités publiques, ces avancées pourraient à terme soutenir une meilleure planification, une gestion plus efficace des ressources ou une anticipation plus fine de situations complexes, au bénéfice de la population.
Que fait l’État de Genève ?
L’administration cantonale agit dès aujourd’hui pour se positionner face aux opportunités offertes par les technologies quantiques. Il est notamment partenaire du Geneva Quantum Network (GQN), un consortium réunissant des institutions académiques genevoises, des acteurs industriels et des acteurs publics, dont le CERN, l’Université de Genève, l’HEPIA, ID Quantique et Rolex.
Ce réseau vise à encourager la collaboration, à promouvoir le développement d'applications concrètes des technologies quantiques et à renforcer la visibilité de Genève comme pôle d’excellence en sciences quantiques. Il met l’accent sur la recherche appliquée, la formation, la coordination des acteurs et la sensibilisation du public.
Parallèlement, l’État de Genève a lancé des premiers tests sur des ordinateurs quantiques, travaille à un accès durable à ces technologies et explore des cas d’usage concrets susceptibles d’être utiles à l’action publique.
Quels enjeux pour la protection des données ?
Comme toute technologie émergente, l’informatique quantique soulève également des enjeux en matière de sécurité des données. À long terme, des ordinateurs quantiques très puissants pourraient remettre en question certaines méthodes de protection, comme le chiffrement, utilisées aujourd’hui.
Anticiper ces évolutions permet de préparer progressivement des solutions de protection adaptées. Dans cette perspective, le canton de Genève a récemment participé à la mise en œuvre d’une liaison sécurisée entre deux centres de données en Suisse, conçue pour résister aux attaques exploitant les futures capacités des ordinateurs quantiques. Cette réalisation concrète contribue à renforcer durablement la sécurité et la fiabilité des infrastructures numériques publiques.
Une dynamique tournée vers l’avenir
L’informatique quantique n’est pas une technologie abstraite ou lointaine. Elle se développe dès aujourd’hui à travers des projets concrets et des collaborations internationales
En s’engageant activement dans cet écosystème, l’État de Genève se prépare aux évolutions à venir, soutient l’innovation et veille à ce que les bénéfices de ces technologies puissent, à terme, servir l’intérêt public.