Présente lors de cet événement, Beatrice Ferrari, directrice de la Direction des affaires internationales du Canton de Genève, a rappelé l’importance de cette thématique et le rôle particulier de Genève dans la défense du droit international humanitaire.
Un hommage aux personnels de santé
Adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 3 mai 2016, la résolution 2286 réaffirme l’obligation de respecter et de protéger le personnel, les structures et les équipements médicaux, ainsi que les blessés et les malades. Dix ans plus tard, les attaques contre les soins de santé restent pourtant une réalité dans de nombreux conflits.
« Derrière chaque statistique sur les attaques contre les soins de santé, il y a un médecin qui continue à travailler malgré le danger. Il y a une infirmière qui choisit de rester auprès de ses patients », a souligné Beatrice Ferrari lors de son intervention.
La fresque dévoilée à Genève constitue ainsi un hommage à toutes celles et ceux qui continuent de soigner au milieu des conflits, parfois au péril de leur vie. Elle rappelle également que les attaques contre les soins de santé ne peuvent être considérées comme une conséquence inévitable de la guerre.
Genève, capitale de l’action humanitaire
Berceau des Conventions de Genève et centre opérationnel majeur de l’action humanitaire, Genève accueille de nombreuses organisations engagées en faveur de la protection des populations civiles et de la mission médicale.
À travers ses fonds dédiés à la solidarité internationale, le canton de Genève soutient notamment le CICR, Médecins Sans Frontières Suisse et les HUG dans la mise en œuvre de leurs mandats. Ce soutien contribue à leurs opérations en faveur des populations civiles touchées par les conflits armés, mais également au maintien de leurs capacités opérationnelles, de leur expertise et de leurs partenariats.
Voir le communiqué de presse de MSF Suisse : Genève : une fresque de MSF devant les HUG appelle à la protection des soins de santé
Discours de Beatrice Ferrari, Direction des Affaires internationales du Canton de Genève
Madame la Présidente de Médecins Sans Frontières Suisse,
Monsieur le Directeur général des HUG,
Madame la Directrice des opérations du CICR,
Monsieur le Directeur exécutif du Programme OMS de gestion des situations d’urgence,
Mesdames, messieurs, les salutations protocolaires ayant été prononcées, je vous salue en vos titres et fonctions.
Mesdames et Messieurs,
L’adoption à l’unanimité du Conseil de sécurité des Nations unies de la résolution 2286 le 3 mai 2016 marque un tournant historique de l’action humanitaire. Par le biais de cette résolution, les États s’engagent formellement à respecter et protéger les personnels, structures et équipements médicaux, ainsi que les blessés et les personnes malades. Ce 3 mai 2016, la communauté internationale réitère un des principes fondamentaux du droit international humanitaire : la protection de la mission médicale.
Une décennie plus tard, force est de constater que les principes même de la résolution ne sont pas respectés. Depuis 2018, l’OMS a documenté plus de 8'500 attaques contre les soins de santé dans 22 pays et territoires, ayant fait plus de 3'800 morts et 6'200 blessés parmi les patients et les personnels de santé.
Derrière chaque statistique sur les attaques contre les soins de santé, il y a un médecin qui continue à travailler malgré le danger.
Il y a une infirmière qui choisit de rester auprès de ses patients.
Il y a un ambulancier qui prend la route alors même que celle-ci n’est plus sûre.
Il y a un patient qui doit pouvoir croire que, lorsqu’il franchira la porte d’un hôpital, il sera soigné et protégé.
Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, il convient de rendre hommage à toutes celles et ceux qui continuent de soigner les blessés et les malades, malgré la violence, les intimidations et trop souvent au péril de leur vie.
Cette fresque que nous allons découvrir dans quelques instants leur est dédiée.
Genève est internationalement reconnue comme la capitale de l’humanitaire. Elle est le berceau des Conventions de Genève et un centre opérationnel de l’action humanitaire. Sa notoriété repose sur des acteurs clés de la santé, comme ceux qui portent aujourd’hui cette commémoration.
Ici et à travers le monde, le CICR, MSF et les HUG œuvrent tous les jours en faveur de la protection de la mission médicale. Leurs actions en faveur des blessés et des malades illustrent le principe même d’humanité. Nous saluons le courage, le professionnalisme et la détermination de leurs équipes. Nous sommes fiers d’être l’hôte de leurs sièges et de bénéficier de leur expertise.
A travers les fonds dédiés à la solidarité internationale, le canton de Genève soutient le CICR, Médecins Sans Frontières et les HUG dans la mise en œuvre de leurs mandats respectifs, et contribue ainsi à la réalisation de leurs opérations en faveur des populations civiles dans les conflits armés.
Pour le canton de Genève, soutenir ces acteurs essentiels de la Genève internationale signifie aussi soutenir concrètement les conditions qui permettent à ces acteurs d’agir : leur capacité opérationnelle, leur expertise, leurs partenariats et, surtout, leurs actions en faveur du respect du droit international humanitaire.
Dans un moment géopolitique particulièrement volatil, cette fresque est à la fois un hommage et un rappel.
Un hommage au courage de ces femmes et de ces hommes qui, partout dans le monde, continuent de soigner au milieu de la violence des conflits armés.
Et un rappel à notre responsabilité collective : nous ne devons jamais nous habituer aux attaques contre les soins de santé. Nous ne devons jamais considérer qu’elles sont une conséquence inévitable de la guerre.
Protéger les soins de santé, c’est défendre un principe fondamental d’humanité.
En cette année qui marque les dix ans de la résolution 2286, Genève doit continuer à être une voix forte pour cette protection.
Je voudrais donc remercier très chaleureusement Médecins Sans Frontières Suisse, les Hôpitaux Universitaires de Genève, le CICR et l’OMS pour cette initiative, ainsi que toutes celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de cette œuvre.
Je vous remercie.