Mettre en relation des jeunes à la recherche d’une place d’apprentissage et des entreprises formatrices : tel est le principe du Printemps de l’apprentissage ou de la Nuit de l’apprentissage, organisée dans le canton de Vaud. À Genève, près de 50 entreprises participeront à ce recrutement en direct géant, le mercredi 18 février au Pavillon Sicli, proposant quelque 450 places de formation de niveau AFP et CFC dans une cinquantaine de métiers différents.
Tandis que les recruteurs dénicheront leurs futurs talents, de nombreux jeunes tenteront leur chance lors d’entretiens parfois décisifs. Pour certains, ce sera le bon échange au bon moment.
Oser la rencontre
Aurélien Frey en sait quelque chose. En 2023, il n’a que 14 ans quand il se rend au Printemps de l’apprentissage. Encore élève au cycle d’orientation, il sait combien il est difficile, à cet âge, d’envoyer des dossiers de candidature qui restent parfois sans réponse. Avec le soutien de sa maman, il décide donc d’aller à la rencontre de l’entreprise d’aménagement extérieur Jacquet, où il a déjà effectué un stage, dans l’espoir de devenir apprenti horticulteur-paysagiste.
Sur place, Aurélien se sent rapidement à l’aise. L’accueil est chaleureux, l’ambiance bienveillante. Pourtant, en attendant son tour parmi la cohorte de candidats, ses doigts jouent nerveusement avec ses cheveux blonds, trahissant le stress du moment. Heureusement, le sourire et l’abord avenant des recruteuses font rapidement retomber la pression. « Comme je savais depuis longtemps ce que je voulais faire, la discussion a finalement été très fluide. J’étais heureux d’être là », se souvient-il.
Au-delà du dossier
Sourire et être bien informé sur le métier pour lequel on postule : c’est précisément ce que recommande Mélodie Ruhaud-Bruzzi, responsable des ressources humaines chez Jacquet. Fidèle au rendez-vous depuis plus de huit ans, elle affirme : « Je privilégie des échanges sincères qui me permettent de déceler le potentiel de chacun. La motivation des jeunes se repère surtout dans la cohérence de leurs propos et les étoiles dans leurs yeux. »
Pour la professionnelle, l’émulation du Printemps de l’apprentissage est une occasion unique de remettre l’humain au cœur du recrutement, loin de la froideur d’un dossier ou d’une candidature standardisée. Ces rencontres en face à face sont aussi un véritable gain de temps : en quelques minutes, l’alchimie opère. Parfois, cette dernière permet même d’envisager des profils qui n’auraient pas forcément retenu l’attention sur le papier.
L’authenticité fait la différence
C’est le cas d’Aurélien qui, du haut de ses 14 ans, a su convaincre Mélodie Ruhaud-Bruzzi, pourtant habituée à recruter des apprentis plus âgés. Il n’est pas le seul dont la personnalité a fait mouche. Lors de la même édition et face à la même entreprise, Théo Cornu, alors âgé de 22 ans, s’est lui aussi démarqué, malgré un parcours atypique et non linéaire. C’est lors d’un séjour sabbatique en Guadeloupe, où il a pu travailler à l’entretien d’espaces verts en attendant de trouver sa voie, que le déclic se produit : il découvre le plaisir de travailler dans la nature et décide de devenir horticulteur-paysagiste.
Une envie qu’il parvient à transmettre lors de son entretien, mené avec un savant mélange d’expérience et de spontanéité. Pour lui, inutile d’en faire trop : mieux vaut rester naturel et honnête. « Quand un projet est vraiment mûri, ça se ressent », confie-t-il, convaincu que l’authenticité fait souvent la différence.
Du contact au terrain
La suite ? « Quand un candidat retient notre attention, nous lui proposons un stage. C’est l’occasion de le voir à l’œuvre sur le terrain, mais aussi d’observer comment il trouve sa place au sein de l’équipe », explique Mélodie Ruhaud-Bruzzi. Une étape clé qui, pour Aurélien comme pour Théo, a confirmé l’intuition de la recruteuse.
Aujourd’hui, tous deux sont en troisième et dernière année d’apprentissage chez Jacquet. À voir ces jeunes s’épanouir dans leur métier, la responsable des ressources humaines se dit convaincue que le recrutement en direct est la meilleure formule. D’autant plus qu’elle constate que les candidats arrivent de mieux en mieux préparés, notamment grâce au travail des conseillers en orientation et aux dispositifs de soutien tels que Go-Apprentissage et CAP Formations.
Quant à Aurélien et Théo, ils encouragent les jeunes à franchir le pas. « Ce n’est qu’une journée dans une vie, dont on ressort toujours gagnant. Même si cela ne débouche pas sur un engagement, on apprend beaucoup sur soi. »
Jennifer Weil – OFPC
Infos pratiques
Mercredi 18 février, Printemps de l’apprentissage (recrutement en direct géant)
Pavillon Sicli, route des Acacias 45, 1227 Genève
10 h 00–12 h 30 : créneau réservé pour les élèves du cycle d’orientation
14 h 00–17 h 00 : tout public
8 h 30–11 h et 12 h 30–15 h : simulations d’entretien en partenariat avec le Rotary Club
Programme, entreprises présentes et places d’apprentissage à saisir : citedesmetiers.ch/printemps