Environnement - Qualité de l'air

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Date de publication:
22 mai 2017
Qualité de l'air : un tournant positif conforte la poursuite des mesures mises en œuvre à Genève
Qualité de l'air

Certains polluants de l'air marquent le pas à Genève. C'est ce qu'indiquent les données récoltées durant l'année 2016 par les stations de mesure de la qualité de l'air. Le dioxyde d'azote n'a ainsi pas dépassé les valeurs limites journalières prévues par la loi, une situation qui ne s'était pas présentée depuis 2002. Pour les particules fines, le niveau de pollution relevé est le plus faible depuis le début des mesures en 1998 et, pour la première fois, tous les seuils fixés par la loi ont été respectés à Genève. Si des conditions météorologiques favorables expliquent en partie ces résultats encourageants, ceux-ci sont aussi à mettre en parallèle avec les actions de long terme mises en oeuvre dans ce domaine dans notre canton. L'Etat s'appuie sur la stratégie cantonale d'assainissement de l'air, adoptée l'année dernière, et sur les mesures renforcées actuelles et futures. Ainsi, à la veille des journées estivales potentiellement affectées par l'ozone, le canton de Genève active son dispositif anti-smog pour protéger la santé de la population lors des épisodes de pollution.

Chaque année, l'Etat de Genève établit une image détaillée de la pollution atmosphérique de l'année écoulée en se basant sur les mesures collectées quotidiennement par un réseau de stations réparties sur le canton. Pour 2016, ces données scientifiques révèlent un tournant
favorable en matière de qualité de l'air. Dans une région en croissance continue, cette situation indique que la charge de pollution atmosphérique par habitant diminue de façon notable.

Des résultats positifs inédits
Ce constat positif est notamment confirmé pour les particules fines (PM10), ces poussières minuscules qui caractérisent le smog hivernal et sont particulièrement nocives pour la santé. Ce polluant connaît en 2016 ses concentrations annuelles les plus faibles mesurées.

Ainsi, pour la première fois depuis que des données sont relevées à Genève (1998), tous les critères fixés par la loi ont été respectés dans notre canton l'an dernier, alors même que des épisodes de pollution marquée touchaient des régions voisines à la fin de l'automne. Ce résultat réjouissant semble ainsi confirmer la tendance à l'amélioration esquissée depuis quelques années et qui rompt avec la phase de stagnation notée pour les concentrations annuelles de ce polluant durant les années 2000.
Pour le dioxyde d'azote (NO2) également, un résultat favorable peut être relevé : les valeurs limites journalières prévues par la loi n'ont été dépassées à aucun moment en 2016, une situation qui ne s'était pas présentée depuis 2002. De plus, les concentrations moyennes de ce polluant connaissent une légère baisse par rapport à l'année précédente et cette tendance s'installe pour la zone rurale et périphérique. Au centre-ville, l'évolution est toutefois insuffisante et les niveaux mesurés demeurent encore au-dessus du seuil fixé par la loi.
C'est pour l'ozone (O3), le polluant des journées ensoleillées, que les progrès sont les moins apparents en 2016 : ses concentrations se situent dans la fourchette des dernières années, avec toutefois un nombre de dépassements de la valeur légale bien inférieur à ce qui avait été relevé en 2015.

Le dispositif anti-smog le plus complet de Suisse

Pour limiter les atteintes à la santé de la population lorsqu'un épisode météorologique entraîne une hausse ponctuelle des concentrations de polluants, l'Etat de Genève dispose également du dispositif anti-smog le plus complet de Suisse. Ce dernier est maintenant activé afin de maintenir la vigilance à l'égard de l'ozone (smog estival). A la fois volontariste et novateur, le dispositif anti-smog genevois prévoit une gradation des interventions, avec des mesures d'information, de prévention et d'incitation (voir encadré). Parmi celles-ci, c'est sans doute la circulation alternée volontaire qui constitue la mesure la plus innovante. Annoncée l'automne dernier, celle-ci n'a pas encore été enclenchée compte tenu des niveaux mesurés de particules fines durant l'hiver.

Ne pas baisser la garde en poursuivant le renforcement des mesures genevoises en faveur de la qualité de l'air

Si des conditions météorologiques propices expliquent en partie ces résultats encourageants, ces derniers sont aussi à mettre en parallèle avec les mesures appliquées à Genève et renforcées au cours des dernières années. Celles-ci demeurent pleinement d'actualité car la pollution de l'air constitue un enjeu pour la santé publique tant que tous les seuils fixés par la loi ne sont pas respectés.
«Pour réduire durablement la pollution atmosphérique, nous ciblons les émissions polluantes à la source, tout en intervenant avec vigueur lors des pics de pollutions», explique M. Luc Barthassat, conseiller d'Etat chargé du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture (DETA). «Si ces chiffres sont très encourageants à l'égard des mesures que nous avons développées, nous ne voulons surtout pas baisser la garde et nous poursuivons activement le travail pour consolider notre dispositif de lutte contre la pollution de l'air», conclut-il.

Des innovations à venir

A cet effet, le canton explore toutes les voies permettant de mieux maîtriser la pollution de l'air et ses méfaits. Or Genève ne dispose pas d'un instrument légal cantonal unique permettant de rassembler les différentes actions visant à lutter contre les pics de pollution. Cette lacune est en voie d'être comblée, non seulement pour consolider le dispositif actuel mais aussi pour faciliter le développement à l'avenir de nouvelles mesures. Un projet de loi répondant à cette nécessité en encours d'élaboration au sein du DETA
Par ailleurs, la pollution atmosphérique est un enjeu qui dépasse les frontières. Afin d'augmenter encore les synergies dans ce domaine, ce sujet est désormais à l'ordre du jour de toutes les instances de collaboration et concertation régionale. L'objectif est de pouvoir déployer dans un proche avenir de nouvelles actions concertées à l'échelle transfrontalière, grâce à des instruments de suivi et de prévision partagés comme l'a permis le projet G2AME.

Des actions coordonnées par une stratégie cantonale

Ces développements futurs pourront ainsi compléter les actions qui sont déjà menées à Genève dans le domaine des chauffages (voir l'encadré), des transports ou en matière de planification territoriale et coordonnées depuis 2016 dans le cadre d'un nouvel outil directeur cantonal, la Stratégie de protection de l’air 2030. Cet instrument pionnier en Suisse fixe également des objectifs chiffrés pour le canton : réduire de 50% les émissions d'oxydes d'azote et de 18% les particules fines en 2030 par rapport à l'année de référence 2005.
Télécharger le rapport Qualité de l'air 2016 et accéder aux résultats complets : www.ge.ch/air.


Pour tout complément d'information :

  • M. Luc Barthassat, conseiller d’Etat, par l’intermédiaire de M. Thomas Putallaz, secrétaire général adjoint, DETA, 079 417 09 69 ;
  • M. Philippe Royer, directeur SABRA, DETA, 022 388 80 40.

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