«Le Préapprentissage d’intégration (PAI) est un tremplin vers l’emploi pour les jeunes et les adultes de 18 à 35 ans issus de la migration, ou suisses de retour de l’étranger. L’objectif est de renforcer leur intégration professionnelle grâce à une année intensive de préparation avant d’entrer en AFP, en CFC ou accéder directement au marché du travail», explique Léna Strasser, responsable du dispositif l'intégration, à l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) de Genève.
Concrètement, le PAI repose sur une formation duale à plein temps: trois jours par semaine en entreprise, deux jours à l’école, sur dix mois. En entreprise, les stagiaires plongent dans la réalité du terrain: pratiques métier, codes professionnels, vocabulaire spécifique. Les objectifs sont fixés avec le formateur, puis évalués en fin de stage.
À l’école, priorité au français, aux mathématiques et à la culture générale. À la clé, une attestation cantonale reconnue. Des ateliers complètent le programme pour préparer la recherche d’une place d’apprentissage et faciliter l’intégration dans le monde du travail.
Intégrer le monde professionnel
Adonay Tesfu, assistant en soins et santé communautaire (ASSC), est aujourd’hui formateur d’apprentis à l’IMAD (Institution genevoise de maintien à domicile). «En 2019, je faisais partie de la première volée du PAI à Genève. J’ai pu évoluer dans la profession et je forme aujourd’hui un apprenti de ce même dispositif PAI», s’enthousiasme-t-il. La roue tourne.
Rétrospectivement, le professionnel qu’il est devenu, arrivé d’Érythrée, se souvient de ses débuts, de la confiance à reconstruire, des efforts pour valoriser ses compétences, et surtout de la fierté ressentie à l’obtention de ce premier diplôme. «Je n’avais plus peur d’avancer!» confie-t-il.
Pour lui, le PAI a été un déclic, un cadre structurant qui lui a permis de s’inscrire dans le monde professionnel. Face à lui, son apprenti, Ismaël Camara, 25 ans, incarne la relève. Originaire de Guinée, il travaillait comme garde-malade dans un hôpital régional avant son arrivée à Genève en 2023. Rapidement, il s’engage comme bénévole à la Croix Rouge genevoise, dans un EMS. «Le domaine de la santé est une évidence pour moi. Partager, apporter mon soutien aux autres fait partie de mes valeurs», explique-t-il. Leurs deux parcours se croisent. Et se répondent.
«Coup de pouce»
Valérian Richoz revendique son engagement. Installateur sanitaire et formateur, il a déjà accompagné plusieurs apprentis issus du Préapprentissage d’intégration (PAI). «Dans notre secteur, nous cherchons des personnes compétentes. Il faut les former. Ces jeunes sont souvent très motivés, avec le goût du travail bien fait. À nous de leur donner ce coup de pouce pour entrer dans le monde professionnel», explique-t-il.
Parmi eux, Abdullah Husseini reflète cette dynamique. Son année de PAI, il l’a bouclée avec brio: «6 sur 6!» sourit-il. Repéré pour son sérieux, il décroche une AFP d’aide en sanitaire. Aujourd’hui en première année, il vise déjà plus loin: le CFC d’installateur sanitaire. «Mon objectif, c’est d’être indépendant financièrement.»
Au quotidien, sa formation le plonge dans la réalité du métier: installation de conduites et de robinetterie, recherche de fuites, interventions d’urgence, travail en équipe sur les chantiers. «Les collègues sont comme une famille. Ils m’apprennent le métier, mais aussi à parler avec les clients. Ça m’aide à m’intégrer», confie-t'il. Son parcours force le respect. Parti seul d’Iran en 2019, passé par la Turquie puis la Grèce, il traverse ensuite à pied sept pays européens avant d’arriver à Genève en 2023. Il avance avec détermination: le pas à pas, il connaît.
Besoin d’aide pour votre inscription?
Inscrivez-vous à l’une des séances de soutien aux inscriptions, à l’OFPC, par courriel à l’adresse selectionpai@etat.ge.ch ou par téléphone 022 388 44 83:
- Mardi 17 mars à 17 h
- Vendredi 27 mars à 15 h
- Mercredi 8 avril à 14 h
Les entreprises genevoises s’engagent pour le PAI
Pour engager un ou une préapprentie de ce dispositif, l’entreprise doit être autorisée à former par l’OFPC et doit désigner un ou une formatrice à la pratique professionnelle.
Pour plus d’informations: Service de la formation professionnelle, T. 022 388 46 56, E-mail: formation.professionnelle@etat.ge.ch
Texte: Eliane Schneider, Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), DIP; Photo: Frank Mentha
Article également paru dans la Tribune de Genève du 5 mars 2026