Ces métiers de la météo et du climat qui veillent sur notre quotidien

De gauche à droite: Alicia Pache, collaboratrice scientifique, et Aude Untersee, météorologue.
De gauche à droite: Alicia Pache, collaboratrice scientifique, et Aude Untersee, météorologue.
Lien entre la science et la population, la météo aide chaque jour à prendre de bonnes décisions. En Suisse et dans le monde. Décryptage et portraits de deux spécialistes.

En Suisse, tant la population et l’économie que la science bénéficient des multiples prestations fournies par quelque 350 collaboratrices et collaborateurs de Météo Suisse à Genève, Payerne, Zurich et Locarno. Et l’intérêt du public est massif: plus de 1 milliard d’ouvertures de l’application météo l’année dernière!

 

Une diversité de métiers

Les titulaires d’un CFC (allant des domaines de l’électronique au commerce) assurent le fonctionnement opérationnel des stations de mesures, des radars et des réseaux informatiques, parfois dans des conditions exigeantes, en montagne ou dans les aéroports.

Les profils universitaires, météorologues, physiciens ou data scientists analysent, quant à eux, les données issues des modèles numériques et satellites. Ils les transforment en prévisions, alertes et conseils spécialisés, notamment pour l’aviation, les autorités ou les médias.


«Nous sommes tous des passionnés»

À Genève, la salle de prévisions ne dort jamais. La météo non plus. Jour et nuit, les cartes défilent, les modèles s’actualisent, les décisions se prennent en continu. La vigilance reste permanente.

«La prévision, c’est un travail d’équipe et de continuité», souligne Aude Untersee, météorologue. Les tours de service s’enchaînent et chaque prise de poste commence par une remise de situation transmise par le collègue précédent. «Puis vient l’analyse… où l’expérience compte autant que les données. Il n’est pas rare, lors de situations délicates, de voir arriver les collègues en renfort. Nous sommes des passionnés!»

Avec sa formation scientifique et après une expérience dans le secteur privé des énergies renouvelables, la professionnelle rejoint Météo Suisse en 2020. «La météo, ce sont ces phénomènes atmosphériques qui façonnent nos quotidiens, de la journée ensoleillée aux intempéries sévères. En Suisse, avec ses reliefs et ses saisons contrastées, la diversité des situations est permanente. Notre métier s’apparente presque à de la formation continue.» En parallèle des prévisions, Aude Untersee s’investit dans des projets de fond en développement d’outils et en conseil.


Une aide à l’humanitaire

Autre profil, autre métier. Formée en biologie, ethnographie et environnement, Alicia Pache, elle, évolue à l’interface de la science et de la société. Experte internationale à Météo Suisse, elle rend accessibles les données météorologiques, climatiques et hydrologiques aux organisations humanitaires, en lien avec les Nations Unie, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) ou la Croix- Rouge – via l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
«Des prévisions fiables permettent d’adapter sur le terrain les plans d’aide, d’anticiper les besoins logistiques (tentes, nourriture) et d’orienter la recherche de fonds.»

La collaboratrice scientifique coordonne aussi un soutien au Corps suisse d’aide humanitaire, en cas de catastrophes. «En 2024, après le typhon Yagi au Vietnam, des prévisions ciblées ont permis une coordination efficace des secours.»

Alicia Pache soutient également l’organisation des présentations des nouveaux scénarios climatiques CH2025 (changement climatique) pour les administrations cantonales, communales, les bureaux d'ingénieurs, médias.


L’expertise humaine

Pour susciter des vocations, notamment féminines, les deux professionnelles partent d’un constat simple: «La météo concerne tout le monde et évolue rapidement, portée par l’IA, le machine learning et la data science. Elle ouvre de nombreux débouchés, par exemple dans l’industrie, l’eau et l’énergie, la construction, l’agriculture, la finance et les assurances, le sport, l’événementiel, la communication, etc.»

De plus, depuis 2025, les données de Météo Suisse sont en libre accès, permettant à des acteurs privés de développer des offres complémentaires. «Le sur-mesure progresse, concluent-elles. Mais l’expertise humaine fait la différence!»

La météo, une passion? Assurément. Même en dehors du travail, les deux collègues continuent de dialoguer avec le ciel: Aude Untersee en planeur, Alicia Pache sur son voilier.

 


Comment devenir météorologue?

Le recrutement de Météo Suisse s’appuie sur les recommandations de l’OMM et privilégie les parcours académiques: bachelor/master en sciences de la terre, géosciences, physique, sciences de l’environnement. Si les itinéraires peuvent varier, tous doivent conduire à l’obtention d’un BIP-M (Basic Instruction Package for Meteorologists).

Travailler chez Météo Suisse  

www.orientation.ch  

Zoom Métiers météo et climat

L’Organisation météorologique mondiale (7bis, avenue de la Paix, à Genève) accueillera ce Zoom Métiers le mercredi 4 février 2026, de 14 h précises à 16 h. En salle, des météorologues présenteront leur quotidien professionnel. La rencontre sera suivie d’une visite de la salle de prévisions et des locaux de l’OMM. Inscription obligatoire.
 
Plus d’informations: www.citedesmetiers.ch , rubrique «Événements, Zooms Métiers».


Texte: Eliane Schneider, Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), DIP; Photo: Frank Mentha
Article également paru dans la Tribune de Genève du 29 janvier 2026