Apprendre le métal et le bois à plein temps

Jonas Mettler, apprenti ébéniste à plein temps en 4e année: «Durant tout mon cursus, j’ai vraiment senti un soutien sincère des enseignants.»
Jonas Mettler, apprenti ébéniste à plein temps en 4e année: «Durant tout mon cursus, j’ai vraiment senti un soutien sincère des enseignants.»
Plongée dans deux métiers d’avenir où le travail des mains sublime la matière brute.
Focus sur le Centre de formation professionnelle construction, à Genève.

Machines de soudage, forges, presses plieuses, Noah Barbato nous accueille dans l’atelier dédié à la métallurgie. Avant de s’y sentir comme un poisson dans l’eau, l’apprenti en construction métallique (CFC) a dû manger son pain noir: «J’ai mis du temps à trouver ma voie. Je voulais devenir mécanicien en maintenance d'automobiles mais je n’ai pas trouvé d’ apprentissage dans ce domaine.»


Cadre structurant

Se lancer dans le métier de constructeur métallique était-il un choix par défaut ? Loin de là. « J’avais à cœur de découvrir une profession qui puisse me plaire autant que la mécanique. La construction métallique me permet d’être créatif et de travailler avec mes mains. J’aime créer une pièce de A à Z, du design à l’usinage », raconte l’apprenti de deuxième année.

La formule à plein temps proposée par le Centre de formation professionnelle construction (CFPC) s’est progressivement imposée comme une évidence pour lui. « La première année commence par deux mois de cours au centre, que nous partageons avec les apprentis en entreprise. C’était très rassurant, car on y apprend l’essentiel sur les matériaux, l’outillage et les normes de sécurité », explique le jeune homme de 19 ans. L’encadrement y joue un rôle clé : « Nous sommes autonomes tout en bénéficiant d’un suivi continu de la part des enseignants. Dès que nous en avons besoin, ils sont là pour nous. » Il souligne également la modernité des machines mises à disposition.

 

Le bois au quotidien

De l’atelier de métallurgie à celui d’ébénisterie, il n’y a qu’un pas. Nous y retrouvons Jonas Mettler, apprenti à plein temps en quatrième année. Après le cycle d’orientation et quelques stages, son intérêt s’est rapidement porté vers les métiers du bois : « Je détestais rester assis à l’école. Il me fallait un métier manuel où je pouvais être actif. »

Créer des objets du quotidien, comme des armoires ou des bureaux, l’a naturellement attiré vers l’ébénisterie. La technique minutieuse du placage, qui consiste à recouvrir un élément en bois d’une fine couche de ce matériau, fait partie des savoir-faire qu’il affectionne particulièrement : « L’année passée, j’ai eu la chance de concevoir une porte de cave pour un client. C’était un modèle ancien composé de lames de bois horizontales et verticales. J’ai été très fier du résultat final. »

Des horizons ouverts

Encore quelques mois et, il l’espère, Jonas Mettler aura son CFC en poche. L’occasion pour lui de revenir sur tout le chemin parcouru: «En première année, certains meubles me semblaient impossibles à construire. Avec le temps, la complexité de ces réalisations est devenue un moteur pour moi.» Sur le plan personnel, il gardera un souvenir marquant de sa formation: «Durant tout mon cursus, j’ai vraiment senti un soutien sincère des enseignants. Je retiens aussi l’esprit de camaraderie qui régnait au sein de notre classe.»

À 18 ans, il se trouve à la croisée des chemins. Le Genevois souhaite continuer sa carrière dans la police ou l’armée. Une décision qui sort des sentiers battus selon Nicolas Petit, son maître de classe: «La majorité de nos élèves entrent dans la vie active en tant qu’ébénistes. D’autres poursuivent avec un diplôme de technicien ES (École supérieure) en technique du bois, spécialisation menuiserie-ébénisterie.»

Complété par une maturité professionnelle, ce CFC ouvre par ailleurs la porte de la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA), dans les filières architecture ou génie civil (bachelor). Autant d’exemples qui illustrent la diversité des trajectoires qu’offre l’apprentissage.

 

Texte: Christophe Tournier, Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), DIP; Photo: Christophe Tournier
Article également paru dans la Tribune de Genève du 12 février 2026