3 questions à Hector Salvador Vicente, membre de la compagnie de théâtre genevoise La Temeraria

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Hèctor Salvador Vicente © La Temeraria
Hèctor Salvador Vicente © La Temeraria
Hector V. a monté le spectacle « Shoubluk » pour l'édition 2026 des Chapiteaux enchantés, dans le cadre d'une résidence pilote de création pour la petite enfance.

Organisée par le service cantonal de la culture (SCC), en étroite collaboration avec le bureau de l'intégration et de la citoyenneté (BIC) et les services de la culture et de la petite enfance et familles de la Ville de Meyrin, cette résidence a notamment impliqué plusieurs semaines d'immersion dans des structures d'accueil à Meyrin. La compagnie présentera dans quelques jours ce spectacle pensé pour les enfants de 2 à 4 ans et leurs parents, avec une attention particulière portée à l'inclusion et aux publics allophones.

De quoi parle le spectacle « Shoubluk » et pourquoi venir le voir ? 

Le spectacle Shoubluk parle du pouvoir de l'imaginaire et de la liberté que nous offre la vie si on ose aller au-delà des normes sociales et culturelles de notre société, qui parfois ne nous laissent pas nous épanouir, mais toujours avec le respect et la coopération de notre entourage.

Rire et s'émerveiller

Après ces grands mots, tout se passe dans une proposition pleine d'humour et d'émerveillement. J'inviterais les gens à venir d'abord pour le cadre des Chapiteaux Enchantés, qui est une proposition magnifique et extraordinaire pour passer un bon moment en famille avec plein d'activités ludico-culturelles où les parents peuvent connaître encore mieux leurs enfants et vice-versa.

Pour découvrir une démarche artistique basée sur le geste et le théâtre physique, où la voix est utilisée mais sans parole/texte au sens classique du terme.

Pour voir en action ma partenaire de jeu, Fanny Duret, qui est une magnifique comédienne-clown.

Et aussi pour rire et partager ensemble un bon moment où, via l'humour, on peut vivre un vrai voyage dirigé par l'imaginaire, l'émerveillement et la bienveillance. Vu les temps qui courent, on pense qu'une proposition qui essaie de donner un peu d'espoir à l'être humain, ça vaut la peine de venir la partager à plusieurs.

Comment avez-vous concrètement pensé l'accessibilité du spectacle pour les familles allophones et pour des publics peu familiers des propositions culturelles ?

Pour être honnête, nous n'avons pas eu besoin de beaucoup de réflexions par rapport à ce sujet car, comme l'indique notre ligne artistique, celle-ci est basée sur un théâtre gestuel, simple et populaire qui utilise l'humour comme moyen pour exprimer ses idées et réflexions.

Une approche artistique accessible à tous

Ça fait donc partie de notre ADN, ce type de démarche. Nous pensons que la culture est accessible à tout le monde, ou devrait l'être, car il y a toujours des choses universelles qui relient tous les êtres humains et donc toute l'humanité, indépendamment de leur culture, origine ou religion. Et pour nous, l'humour, l'imaginaire et la vulnérabilité font partie de ces éléments qui arrivent à nous connecter à tout le monde.

Par contre, l'âge du public auquel on s'adresse, des enfants de 2-4 ans plus leurs adultes accompagnants, c'est autre chose. Car nous devions réfléchir à comment s'adresser aux plus petits sans perdre les adultes et vice-versa. Comment on gère les énergies de jeu, les émotions, car de 2 à 4 ans, c'est aussi l'âge où les peurs se développent le plus, et on peut être plus impressionné par des êtres et des énergies qui ne font pas partie de son quotidien (comme le Père Noël par exemple). Ce public implique aussi d'aller vers des propositions simples et très concrètes, ce qui est toujours le plus compliqué dans n'importe quelle discipline artistique. Le simple est souvent le plus compliqué à trouver et créer.

En tout cas, nous avons travaillé dans ce sens. On verra avec le public si nous sommes arrivés à notre but…

Après vos temps d'immersion et les tests avec les structures partenaires, qu'est-ce qui a le plus influencé votre création initiale ?

C'est tout l'ensemble des temps d'immersion qui a influencé la création. Ce projet, même s'il y a toujours des choses à améliorer et perfectionner, c'est vraiment un cadeau pour une compagnie qui s'intéresse au public de la petite enfance.

Être aux côtés de spécialistes du développement des enfants de 0-4 ans nous a apporté une ouverture d'horizons au niveau théorico-pratique. Partager du temps avec les éducatrices de l'EVE et de la Marelle de Meyrin, et surtout les voir en action sur le terrain, nous a donné des bases pour comprendre mieux ce qui anime, plaît, concentre ou touche les enfants de cet âge. Pouvoir travailler une partie de la phase de création directement dans l'EVE nous a permis aussi de tester en direct des parties de notre création avec les enfants et avoir un retour direct de notre proposition.

Stimuler l'imaginaire

Surtout, le processus d'immersion nous a réaffirmé l'importance de partir d'une proposition la plus simple possible sans forcément tomber dans l'envie d'exciter les enfants avec une grande énergie explosive, car ils/elles sont déjà dans cet état presque par nature. L'immersion nous a donc poussés à explorer d'autres propositions comme la douceur, l'émerveillement et l'imaginaire.

Nous espérons que cette première expérience sera seulement le lancement d'une série de beaux projets de coopération entre le Canton de Genève les EVE du canton, pour arriver à développer une grande recherche et démarche artistique pour le public de la petite enfance. Le potentiel, vu notre expérience, est déjà là !