LA SECONDE VIE DE NOS DÉCHETS

de l'incinération à la valorisation

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Les résidus de nos déchets : QU'EST-CE QUE C'EST ?

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En priorité, il s’agit pour chacun d’entre nous, particuliers et entreprises, de diminuer notre consommation afin de limiter notre production de déchets et ainsi économiser nos matières premières. C’est la priorité de la politique publique de gestion des déchets du canton de Genève.

Recycler

Il restera malgré tout de nombreux déchets qui ne peuvent être évités. Dès lors, il s’agit d’améliorer encore le tri de ces déchets afin de pouvoir augmenter les volumes recyclés et ainsi transformer les déchets produits en nouvelles ressources.

Valoriser

Et pour tous les déchets non recyclés, il reste la solution de la valorisation thermique par incinération. La nouvelle usine Cheneviers IV, redimensionnée pour prendre en compte la baisse prévisible des volumes de déchets, permet la production d'électricité et de chaleur réinjectée dans les réseaux de chauffage à distance des SIG.

Les résidus de nos déchets 

Les résidus issus de l’incinération de nos déchets, c’est-à-dire toutes les matières qui n’ont pas pu brûler, ont un nom au sortir des fours : les mâchefers. Ces résidus représentent un peu moins de 20% du total de la masse de nos déchets traités par cette filière.

Dans les mâchefers ainsi obtenus, ne restent que les matières qui ne brûlent pas :

  • Les métaux nobles comme l’or, l’argent ou le platine, issus des bijoux ou d’appareils électroniques ;
  • Les métaux ferreux et non ferreux comme le cuivre, le fer, le zinc ou l’aluminium, provenant des boites de conserve, canettes ou enveloppes de piles par exemple ;
  • Les métaux lourds ou rares comme le plomb, l’arsenic ou le chrome, issus des batteries ou d’appareils électroniques et souvent polluants ;
  • Les minéraux comme la pierre, le verre ou la porcelaine ;
  • Les cendres issues de la combustion du bois, du papier ou des déchets organiques ;
  • Les sels.

Container

 

 

 

 

 

Tas de déchets avec du verre

Les résidus de nos déchets : COMMENT LES VALORISER ?

Procédé d'aimantation

 

Graphiques camemberts

Des métaux récupérés

Différentes techniques permettent aujourd’hui d’extraire une bonne partie des métaux nobles, ferreux, non ferreux et lourds des mâchefers, ceci afin de les recycler.

Après avoir laissé reposer les résidus ainsi affinés, on réitère l’opération avec une deuxième phase d’extraction des résidus de métaux les plus fins pour une neutralisation complète. Grâce au retrait de ces métaux, notamment les métaux lourds, c’est environ 15% de la masse des résidus de nos déchets qui est ainsi valorisée.

Du sable épuré

Jusqu'à aujourd'hui, seules les techniques liées à la récupération de métaux permettaient de valoriser les résidus. Or, de récents travaux menés sous la direction du canton de Genève ont démontré qu’il est possible de valoriser une part plus large des mâchefers.

Les essais industriels réalisés ont ainsi pu transformer les résidus non métalliques en un sable largement épuré, essentiellement composé de minéraux et de restes de cendres.

Cette percée signifie qu'au-delà des 15% de résidus d'ores et déjà valorisés aujourd'hui, la proportion de déchets valorisables passerait à 75% !

Des avancées cantonales

Le sable ainsi obtenu, qui représente 60% de la masse des résidus après la valorisation thermique, pourrait être utilisé notamment pour la fabrication de béton. Le canton de Genève mène actuellement des travaux complémentaires pour d’une part valider le processus industriel de production du sable issu des mâchefers et d’autre part concevoir et mettre en place une installation de production.

La valorisation du sable nécessite cependant une modification de la législation fédérale. Des discussions portées par l'Etat de Genève sont actuellement en cours avec l’Office fédéral de l'environnement (OFEV) à ce propos. L'objectif : une modification de l’ordonnance fédérale sur la limitation et l’élimination des déchets (OLED).

Les résidus de nos déchets : QUE FAIRE DES RELIQUATS ?

Des espaces étanches

En dépit du processus d’extraction des métaux et de neutralisation, une part d'environ 25%, ne peut pas être valorisée. Ces reliquats, doivent dès lors être stockés tout en ménageant l’environnement et le paysage. A ce titre, les critères établis par la Confédération sont très stricts avec zéro tolérance sur les enjeux liés aux nuisances, à la santé, ou à l’impact paysager, ceci en privilégiant des solutions enterrées.

Ces espaces de stockage sont situés dans des zones bénéficiant d’une géologie particulière, souvent avec une base argileuse pour une étanchéité optimale afin d’éviter les infiltrations. Les eaux issues des écoulements doivent être récupérées via des aménagements dédiés. Les espaces de stockage sont creusés au fur et à mesure puis revégétalisés pour un minimum d’impact sur le paysage.

Un terrain retrouve son usage originel dans les 3-4 années qui suivent l'arrêt de l'exploitation d'une installation de stockage.

Un paysage

 

Reliquats stockés

Les résidus de nos déchets : OÙ STOCKER LES RELIQUATS ?

Aujourd’hui, les reliquats de nos déchets sont stockés dans l’espace du Nant de Chatillon à Bernex. Cet espace sera bientôt (2021) entièrement rempli, obligeant les autorités à identifier de nouvelles solutions de stockage.

L’excellente coopération intercantonale a permis de trouver une solution temporaire de stockage extra-cantonale pour trois ans. Avec l’idée, pour les cantons romands, de s’associer dans le cadre de travaux menés par le canton de Genève afin d'améliorer encore la valorisation des résidus de nos déchets et diminuer le volume à stocker. Il n’en reste pas moins la nécessité impérieuse d’identifier un nouvel espace de stockage pour ces reliquats à Genève pour assurer une gestion pleinement responsable de nos déchets.

Une sélection exigeante

Le processus d'identification a permis de confirmer 3 sites privilégiés parmi 13 sites potentiels sur le territoire genevois. Cette sélection repose sur de multiples exigences environnementales et géologiques, mais également sur de nombreux critères définis par les communes, les partenaires et l'Etat afin d'assurer pleinement la sécurité et minimiser les éventuelles nuisances : éloignement des habitations, des cours d’eau, absence d’une nappe d’eau souterraine, etc.

Ce processus de sélection encadré par la HEIG du canton de Vaud a ainsi permis, en concertation avec les communes, d’identifier trois sites potentiels en limite de canton, en toute transparence avec les acteurs politiques, associatifs et économiques locaux, ainsi que les habitants. Les sites sont :

  • le site Chemin de la Route Départementale entre le CERN et le parc industriel TECHNOPARC qui remplit a priori tous les critères ;
  • les sites Autoroute A1 et Chemin de Prodoin respectivement à la frontière avec le canton de Vaud et proche des douanes Collex-Versonnex qui représentent deux alternatives crédibles.
Des sondages géologiques

L'Etat procédera à des sondages fin 2020 pour vérifier l'adéquation des sites aux critères de la législation fédérale. Puis, une nouvelle phase de concertation pilotée par le canton avec les acteurs locaux concernés démarrera afin de convenir des modalités concrètes de création d’un espace sur-mesure, en prenant en compte l’ensemble des paramètres, souhaits et opportunités de toutes les parties prenantes.

L'identification d'un espace de stockage, en collaboration avec la commune et les propriétaires concernés, ne signifie pas que cette option sera privilégiée : si une autre solution est assurée, l'Etat de Genève interrompra la mise en place d'une installation de stockage sur sol genevois.

 

Loupe sur le canton de Genève

 

 

Les espaces de stockage potentiels

illustration

QUESTIONS FRÉQUENTES

  1. Que fait-on de nos déchets qui ne peuvent pas être recyclés ?
    Ils sont incinérés. La nouvelle usine Cheneviers IV, redimensionnée pour prendre en compte la baisse prévisible des volumes incinérables, permet la production d'électricité et de chaleur réinjectée dans les réseaux de chauffage à distance des SIG.
     
  2. Nos déchets non recyclés sont-ils entièrement brûlés ?
    Non, il reste un peu moins de 20% du total de la masse des déchets incinérés qui n’ont pas pu brûler. Ce sont donc les résidus de nos déchets, aussi appelés mâchefers à la sortie des fours.
     
  3. De quoi sont composés les mâchefers après incinération ?
    Il ne reste que les matières qui ne brûlent pas : les métaux nobles comme l’or, l’argent ou le platine, les métaux ferreux et non ferreux comme le cuivre, le fer, le zinc ou l’aluminium, les métaux lourds ou rares comme le plomb, l’arsenic ou le chrome, les minéraux comme la pierre, le verre, ou la porcelaine, les cendres issues de la combustion du bois, du papier ou des déchets organiques, et des sels.
     
  4. Les mâchefers issus de l'incinération sont-ils valorisables ?
    Une large proportion est valorisable : 15% du total de la masse est composée de métaux que l’on peut extraire et recycler, 60% du total se compose de sable qui pourrait être recyclé et valorisé, 25% du total sont des reliquats à ce jour non valorisables, en attendant de nouveaux progrès techniques.
     
  5. Existe-t-il encore des marges de progression dans l’extraction des métaux ?
    Les travaux récents menés sous l’égide du canton sont à la pointe du progrès technique dans ce domaine, ils ont montré très clairement qu’on arrive à extraire 99% des métaux.
     
  6. En dehors des métaux, que peut-on valoriser dans les résidus de nos déchets ?
    Du sable, qui représente 60% de la masse des résidus de nos déchets. Débarrassé des métaux et neutralisé, il est essentiellement composé de minéraux et de restes de cendres ; il peut a priori être réutilisé, notamment pour la fabrication de béton dans les constructions.
     
  7. La valorisation du sable issu des résidus de nos déchets est-elle viable ?
    Oui, le canton de Genève mène actuellement des travaux complémentaires pour valider le modèle économique de valorisation du sable. D’une part, valider le processus industriel de production du sable issu des résidus de déchets et d’autre part, concevoir et mettre en place une installation de production.
     
  8. Existe-t-il des freins légaux à la valorisation du sable issu des résidus de nos déchets ?
    Oui, ces applications (fabrication de béton dans les constructions) ne sont pour l’heure pas autorisées par la Confédération. Des discussions avec l’OFEV sont en cours, en parallèle des travaux d’étude, pour valider formellement, au niveau fédéral, la possibilité d’utiliser les sables issus de l'incinération, dans le béton des constructions. Avec à la clé, une modification de l’ordonnance fédérale sur la limitation et l’élimination des déchets (OLED).
     
  9. Y-a-t-il dans les mâchefers issus de l'incinération une part non valorisable ?
    En dépit du processus de valorisation, une part de ces résidus, environ 25% de la masse totale, ne peut aujourd’hui pas être valorisée, les reliquats. Cette proportion tend à diminuer de plus en plus au fur et à mesure des progrès effectués, comme l’ont prouvées les démarches genevoises de 2017 à 2020.
     
  10. Que faire des reliquats non valorisables à l’heure actuelle ?
    Ces reliquats doivent être stockés tout en ménageant l’environnement et le paysage. Ils sont stockés dans des espaces spécialement prévus à cet effet. Ils répondent aux critères établis dans le cadre de la législation fédérale.
     
  11. Quelles sont les caractéristiques des espaces de stockage dédiés ?
    Ces espaces de stockage sont situés dans des zones bénéficiant d’une géologie favorable, souvent avec une base argileuse, doublée d'une étanchéité artificielle pour une étanchéité optimale afin d’éviter les infiltrations. Les eaux issues des écoulements doivent être récupérées via des aménagements dédiés. Les espaces de stockage sont creusés au fur et à mesure puis revégétalisés pour un minimum d’impact sur le paysage.  Avec la possibilité, dès que les progrès techniques le permettront, de valoriser les résidus de nos déchets ainsi entreposés. Un terrain retrouve son usage originel dans les 3-4 années qui suivent l'arrêt de l'exploitation d'une installation de stockage.  
     
  12. Ces espaces de stockage ont-ils un impact sur leur environnement immédiat ?
    Non, car les critères établis par la Confédération sont très stricts avec zéro tolérance sur les enjeux liés aux nuisances, à la santé, ou à l’impact paysager, en privilégiant systématiquement des solutions enterrées.
     
  13. Pourquoi la recherche d’un nouvel espace de stockage est-elle nécessaire à Genève ?
    Aujourd’hui, les résidus de nos déchets sont stockés dans l’espace du Nant de Chatillon à Bernex. Cet espace sera bientôt (2021) entièrement rempli, obligeant les autorités à identifier de nouvelles solutions de stockage.
     
  14. Comment la recherche d’un nouveau site de stockage à Genève a-t-elle été engagée ?
    En 2016, une liste d’espaces de stockage potentiels a été formalisée à la suite de nombreuses études menées depuis 25 ans. Ces espaces respectent l’ensemble des critères fédéraux de protection de l’environnement, et prennent en compte des dimensions clés d’aménagement comme la géologie, la bonne accessibilité, l’insertion dans le paysage et l’absence totale de nuisances olfactives, sonores ou visuelles pour les riverains.
     
  15. Comment les nouveaux sites de stockage potentiels à Genève ont-ils été identifiés ?
    Un processus de comparaison sur la base de critères objectifs encadré par la HEIG du canton de Vaud a permis, en concertation avec les communes, les acteurs politiques, associatifs et économiques locaux, ainsi que les habitants, d’identifier trois sites potentiels en limite de canton sur la rive droite.
     
  16. A quoi ressemblera un espace de stockage s'il est réalisé ?
    Durant son exploitation, son impact sur le paysage sera minimal : un casier de stockage est ouvert puis rebouché au fur et à mesure de son utilisation. Au terme de l'exploitation, le site sera totalement bouché et végétalisé.
     
  17. Est-ce que des habitations sont situées à proximité des sites présélectionnés ?
    Non, il n'y pas d'habitats à moins de 500 m. Cette distance est réduite à 200 m en cas d’absence de visibilité (crête, forêt,…) pour les campings et les jardins familiaux, et 100 m pour les bâtiments isolés.
     
  18. Est-ce qu'un site de stockage implique un danger pour les habitants ?
    Non, toutes les mesures de gestion sont prises pour que l'espace de stockage n'implique aucun risque pour l'environnement et la santé.
     
  19. Est-ce que les habitants devront faire face à des restrictions localement ?
    Non, comme tous les sites industriels, ce lieu ne sera pas accessible mais il n'y aura pas d'autres restrictions.
     
  20. On a beaucoup parlé des mâchefers, il y a quelques années. Qu'en est-il aujourd'hui ?
    Les mâchefers représentent l'ensemble des éléments non brulés après la valorisation technique en usine de traitement des déchets. Ce projet prévoit de recycler une part importante de ces matières, laissant seulement un volume beaucoup plus réduit de matériaux qui doivent être placés dans un espace de stockage. Ces derniers sont les reliquats des résidus de nos déchets.
     
  21. Pourquoi ne pas stocker ces reliquats ailleurs en Suisse ?
    L’excellente coopération intercantonale a permis de trouver une solution temporaire de stockage extra-cantonale pour trois ans. L’Etat de Genève continue d’explorer la possibilité de stockage à l'extérieur des frontières genevoises. L'idée consiste à regrouper plusieurs usines d'incinération autour d'une installation commune de traitement des mâchefers située proche d'une installation de stockage, afin de pérenniser l'exportation hors du sol genevois. Des discussions sont initiées à ce sujet. Il faut cependant être bien conscient qu'il s'agit des résidus des déchets produits par la population et les entreprises genevoises et qu'il est du devoir d'une collectivité d'en assumer un traitement responsable, dans le respect de l'environnement.

 

Consulter les présentations du forum de discussion du 1er octobre 2020
Le recyclage des mâchefers, résidus de nos déchets