ELIMINONS DURABLEMENT NOS DÉCHETS

de l'incinération à la valorisation et à l'élimination des résidus

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Les résidus de nos déchets : les mâchefers ?

Image déchets
Réduire

Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas. Chacun doit agir pour réduire ses déchets et consommer de façon responsable, entreprises comme particuliers. C’est la priorité de la politique publique de gestion des déchets du canton de Genève.

Recycler

Il reste malgré tout de nombreux déchets qui ne peuvent être évités. Le recyclage des déchets doit également être augmenté dans notre canton afin de réduire de 25% les déchets incinérables d’ici 2025. Certains déchets peuvent toutefois produire de nouvelles ressources.

Que faire de vos déchets recyclables ?

Valoriser

Pour tous les déchets non recyclés, il reste la solution de la valorisation thermique par incinération. La nouvelle usine Cheneviers IV, redimensionnée pour prendre en compte la baisse prévisible des volumes de déchets, permet la production d'électricité et de chaleur réinjectée dans les réseaux de chauffage à distance des SIG.

Les résidus de nos déchets 

On appelle mâchefers, le résidu des déchets ménagers ou industriels qui n’a pas pu être brûlé lors de l’incinération à l’usine des Cheneviers. Cela représente environ 20% de l’ensemble des déchets
genevois, ménages et industries confondus qui sont traités par incinération.

Dans les mâchefers ainsi obtenus, ne restent que les matières qui ne brûlent pas :

  • Les métaux nobles comme l’or, l’argent ou le platine, issus des bijoux ou d’appareils électroniques ;
  • Les métaux ferreux et non ferreux comme le cuivre, le fer, le zinc ou l’aluminium, provenant des boites de conserve, canettes ou enveloppes de piles par exemple ;
  • Les métaux lourds ou rares comme le plomb ou le chrome, issus des batteries ou d’appareils électroniques et souvent polluants ;
  • Les minéraux comme la pierre, le verre ou la porcelaine ;
  • Les cendres issues de la combustion du bois, du papier ou des déchets organiques ;
  • Les sels.

Container

 

 

 

 

 

Tas de déchets avec du verre

COMMENT VALORISER NOS MÂCHEFERS?

Procédé d'aimantation

 

Valorisation des mâchefers

Des métaux récupérés

Différents traitement permettent aujourd’hui  d’extraire une bonne partie des métaux nobles, ferreux, non ferreux et lourds de nos mâchefers afin de les recycler.

Après avoir laissé reposer les résidus ainsi affinés, on réitère l’opération avec une deuxième phase d’extraction des résidus de métaux les plus fins pour une neutralisation complète. Grâce au retrait de ces métaux, notamment les métaux lourds, c’est environ 15% de la masse des mâchefers qui est ainsi valorisée.

Avancée cantonale pour valoriser les mâchefers

Jusqu'à aujourd'hui, seules les techniques liées à la récupération de métaux permettaient de valoriser les résidus. Or, de récents travaux menés sous la direction du canton de Genève ont démontré qu’il est possible de valoriser une part plus large des mâchefers.

Les essais industriels réalisés ont ainsi pu transformer les résidus non métalliques en un sable largement épuré, essentiellement composé de minéraux et de restes de cendres.

Cette percée signifie qu'au-delà des 15% de résidus d'ores et déjà valorisés aujourd'hui, la proportion de déchets valorisables passerait à 75% !

 Adaptation de la législation fédérale nécessaire

Le sable ainsi obtenu, qui représente 60% de la masse des résidus après la valorisation thermique, pourrait être utilisé notamment pour la fabrication de béton et de bitume. Le canton de Genève mène des travaux complémentaires pour valider le processus industriel de production du sable issu des mâchefers et concevoir puis mettre en place une installation de production.

La valorisation du sable nécessite cependant une modification de la législation fédérale. Des discussions portées par l'Etat de Genève sont actuellement en cours avec l’Office fédéral de l'environnement (OFEV). L'objectif : une modification de l’ordonnance fédérale sur la limitation et l’élimination des déchets (OLED).

QUE FAIRE DES RESTES DE MÂCHEFERS?

Des critères environnementaux très stricts

En dépit du processus d’extraction des métaux et de neutralisation, une part d'environ 25% des résidus, ne peut pas être valorisée. Ces restes sont alors stockés dans des espaces prévus à cet effet, selon des critères stricts établis au niveau de la législation fédérale. Les critères établis par la Confédération sont très exigeants sur les enjeux liés aux nuisances, à la santé, ou à l’impact paysager ou sur les riverains. Une décharge est exploitée par étapes successives pour limiter l’impact sur le paysage et les terres agricoles.

Les espaces enterrés sont étanches

Les espaces de stockage enterrés sont situés dans des zones bénéficiant d’une géologie particulière, souvent avec une base argileuse pour une étanchéité optimale afin d’éviter les infiltrations. Les eaux issues des écoulements doivent être récupérées via des aménagements dédiés. Les espaces de stockage sont creusés au fur et à mesure puis revégétalisés pour un minimum d’impact sur le paysage. Un terrain retrouve son usage originel dans les 3-4 années qui suivent l'arrêt de l'exploitation d'une installation de stockage.

Un paysage

 

Reliquats stockés

 OÙ VONT LES RÉSIDUS DE NOS MÂCHEFERS?

Le canton de Genève ne dispose plus d'espace de stockage pour nos mâchefers, le site de Châtillon à Bernex étant arrivé à saturation. L’excellente coopération intercantonale a permis de trouver une solution temporaire de stockage extra-cantonale pour trois ans, dans le canton du Jura, jusqu'à l'horizon 2024. Il est toutefois nécessaire d’identifier un nouvel espace de stockage pour nos mâchefers sur le territoire cantonal afin d'assurer une gestion pleinement responsable de nos déchets.

Une sélection exigeante

Le processus d'identification a permis de confirmer 3 sites privilégiés parmi 13 sites potentiels sur le territoire genevois. Cette sélection repose sur de multiples exigences environnementales et géologiques, mais également sur de nombreux critères définis par les communes, les partenaires et l'Etat afin d'assurer pleinement la sécurité et minimiser les éventuelles nuisances : éloignement des habitations, des cours d’eau, absence d’une nappe d’eau souterraine, etc.

Ce processus de sélection encadré par la HEIG du canton de Vaud a ainsi permis, en concertation avec les communes, d’identifier trois sites potentiels en limite de canton, en toute transparence avec les acteurs politiques, associatifs et économiques locaux, ainsi que les habitants. Les sites possibles sont :

  • Bourdigny à Satigny ;
  • Prodom à Collex-Bossy ;
  • Longs-Prés à Versoix.
Des sondages géologiques cet hiver

Début mars 2022, des mesures géophysiques électromagnétiques (RMT) auront lieu sur le site de Bourdigny à Satigny. Deux personnes parcourront à pied l’ensemble du secteur avec leur matériel (récepteur radio, bobine de mesure de champs magnétique et deux électrodes reliées par un câble électrique) pendant une semaine. Des forages ("trous") pourraient être déployés dans un second temps pour parfaire les informations sur le sous-sol.

Nous pouvons agir concrètement sur la quantité de nos résidus en recyclant davantage nos déchets et en consommant de manière responsable.

 

Loupe sur le canton de Genève

 

 

Carte des sites potentiels d'espaces de stockage pour les mâchefers

illustration

QUESTIONS FRÉQUENTES

  1. Que fait-on de nos déchets qui ne peuvent pas être recyclés ?
    Ils sont incinérés. La nouvelle usine Cheneviers IV, redimensionnée pour prendre en compte la baisse prévisible des volumes incinérables, permet la production d'électricité et de chaleur réinjectée dans les réseaux de chauffage à distance des SIG.
     
  2. Nos déchets non recyclés sont-ils entièrement brûlés ?
    Non, il reste un peu moins de 20% du total de la masse des déchets incinérés qui n’ont pas pu brûler. Ce sont donc les résidus de nos déchets, aussi appelés mâchefers à la sortie des fours.
     
  3. De quoi sont composés les mâchefers après incinération ?
    Il ne reste que les matières qui ne brûlent pas : les métaux nobles comme l’or, l’argent ou le platine, les métaux ferreux et non ferreux comme le cuivre, le fer, le zinc ou l’aluminium, les métaux lourds ou rares comme le plomb ou le chrome, les minéraux comme la pierre, le verre, ou la porcelaine, les cendres issues de la combustion du bois, du papier ou des déchets organiques, et des sels.
     
  4. Les mâchefers issus de l'incinération sont-ils valorisables ?
    Une large proportion est valorisable : 15% du total de la masse est composée de métaux que l’on peut extraire et recycler, 60% du total se composent de sable qui pourrait être recyclé et valorisé dans la construction, 25% du total sont des résidus à ce jour non valorisables, en attendant de nouveaux progrès techniques.
     
  5. Existe-t-il encore des marges de progression dans l’extraction des métaux ?
    Les travaux récents menés sous l’égide du canton sont à la pointe du progrès technique dans ce domaine, ils ont montré très clairement qu’on arrive à extraire 99% des métaux.
     
  6. En dehors des métaux, que peut-on valoriser dans les résidus de nos déchets ?
    Du sable, qui représente 60% de la masse des résidus de nos déchets. Débarrassé des métaux et neutralisé, il est essentiellement composé de minéraux et de restes de cendres ; il peut a priori être réutilisé, notamment pour la fabrication de béton dans les constructions.
     
  7. La valorisation du sable issu des résidus de nos déchets est-elle viable ?
    Oui, le canton de Genève mène actuellement des travaux complémentaires pour valider le modèle économique de valorisation du sable. D’une part, valider le processus industriel de production du sable issu des résidus de déchets et d’autre part, concevoir et mettre en place une installation de production.
     
  8. Existe-t-il des freins légaux à la valorisation du sable issu des résidus de nos déchets ?
    Oui, ces applications (fabrication de béton dans les constructions) ne sont pour l’heure pas autorisées par la Confédération. Des discussions avec l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) sont en cours, en parallèle des travaux d’étude, pour valider formellement, au niveau fédéral, la possibilité d’utiliser les sables issus de l'incinération, dans le béton des constructions. Avec à la clé, une modification de l’ordonnance fédérale sur la limitation et l’élimination des déchets (OLED).
     
  9. Y-a-t-il dans les mâchefers issus de l'incinération une part non valorisable ?
    En dépit du processus de valorisation, une part de ces résidus, environ 25% de la masse totale, ne peut aujourd’hui pas être valorisée, les mâchefers. Cette proportion tend à diminuer de plus en plus au fur et à mesure des progrès effectués, comme l’ont prouvées les démarches genevoises de 2017 à 2020.
     
  10. Que faire des résidus non valorisables à l’heure actuelle ?
    Ces mâchefers doivent être stockés tout en ménageant l’environnement et le paysage. Ils sont placés dans des espaces spécialement prévus à cet effet, et sont en général en partie enterrés. Ils répondent aux critères établis dans le cadre de la législation fédérale.
     
  11. Quelles sont les caractéristiques des espaces de stockage dédiés ?
    Ces espaces de stockage sont situés dans des zones bénéficiant d’une géologie favorable, souvent avec une base argileuse, doublée d'une étanchéité artificielle pour une étanchéité optimale afin d’éviter les infiltrations. Les eaux issues des écoulements doivent être récupérées via des aménagements dédiés. Les espaces de stockage sont creusés au fur et à mesure puis revégétalisés pour un minimum d’impact sur le paysage.  Avec la possibilité, dès que les progrès techniques le permettront, de valoriser les résidus de nos déchets ainsi entreposés. Un terrain retrouve son usage originel dans les 3-4 années qui suivent l'arrêt de l'exploitation d'une installation de stockage.  
     
  12. Ces espaces de stockage ont-ils un impact sur leur environnement immédiat ?
    Non, car les critères établis par la Confédération sont très stricts sur les enjeux liés aux nuisances, à la santé, ou à l’impact paysager, en particulier pour les riverains.
     
  13. Pourquoi la recherche d’un nouvel espace de stockage est-elle nécessaire à Genève ?
    Aujourd’hui, les résidus de nos déchets sont exportés dans le canton du Jura, car l’espace du Nant de Châtillon à Bernex est arrivé à saturation. La solution intercantonale est provisoire, les autorités doivent  identifier de nouvelles solutions de stockage sur notre territoire.
     
  14. Comment la recherche d’un nouveau site de stockage à Genève a-t-elle été engagée ?
    En 2016, une liste d’espaces de stockage potentiels a été formalisée à la suite de nombreuses études menées depuis 25 ans. Ces espaces respectent l’ensemble des critères fédéraux de protection de l’environnement, et prennent en compte des dimensions clés d’aménagement comme la géologie, la bonne accessibilité, l’insertion dans le paysage et l’absence totale de nuisances olfactives, sonores ou visuelles pour les riverains.
     
  15. Comment les nouveaux sites de stockage potentiels à Genève ont-ils été identifiés ?
    Un processus de comparaison sur la base de critères objectifs encadré par la HEIG du canton de Vaud a permis, en concertation avec les communes, les acteurs politiques, associatifs et économiques locaux, ainsi que les habitants, d’identifier trois sites potentiels en limite de canton sur la rive droite.
     
  16. A quoi ressemblera un espace de stockage s'il est réalisé ?
    Durant son exploitation, son impact sur le paysage sera minimal : un casier de stockage est ouvert puis rebouché au fur et à mesure de son utilisation. Au terme de l'exploitation, le site sera totalement bouché et végétalisé.
     
  17. Est-ce que des habitations sont situées à proximité des sites présélectionnés ?
    Non, il n'y pas d'habitats à moins de 500 m. Cette distance est réduite à 200 m en cas d’absence de visibilité (crête, forêt,…) pour les campings et les jardins familiaux, et 100 m pour les bâtiments isolés.
     
  18. Est-ce qu'un site de stockage implique un danger pour les habitants ?
    Non, toutes les mesures de gestion sont prises pour maîtriser et minimiser tout risque pour l'environnement et la santé.
     
  19. Est-ce que les habitants devront faire face à des restrictions localement ?
    Non, comme tous les sites industriels, ce lieu ne sera pas accessible mais il n'y aura pas d'autres restrictions.
     
  20. Pourquoi ne pas stocker ces mâchefers ailleurs en Suisse ?
    L’excellente coopération intercantonale a permis de trouver une solution temporaire de stockage dans le canton du Jura pour trois ans. L’Etat de Genève et les autres cantons romands continuent d’explorer la possibilité de stockage à l'extérieur des frontières genevoises. L'idée consiste à regrouper plusieurs usines d'incinération autour d'une installation commune de traitement des mâchefers située proche d'une installation de stockage, afin de pérenniser l'exportation hors du sol genevois. Des discussions sont initiées à ce sujet. Il faut cependant être bien conscient qu'il s'agit des résidus des déchets produits par la population et les entreprises genevoises et qu'il est du devoir d'une collectivité d'en assumer un traitement responsable, dans le respect de l'environnement, sur son propre territoire.
     
  21. Que va-t-il se passer sur le site de Bourdigny en hiver 2022?
    Des mesures géophysiques électromagnétiques (RMT) auront lieu début mars 2022 en fonction de la  météo sur le site de Bourdigny. Deux personnes parcourront à pied l’ensemble du secteur avec leur matériel  (récepteur radio, bobine de mesure de champs magnétique et deux électrodes reliées par un câble électrique) pendant une semaine. Des forages pourraient être déployés dans un second temps pour parfaire les informations sur le sous-sol.
     
  22. Comment se déroulent les mesures?
    La méthode employée utilise les ondes radios pour déterminer la composition du sous-sol. Ces mesures permettent ensuite de dresser des cartes ou des profils souterrains afin de déduire la nature géologique du sous-sol. Il s'agit de s'assurer en particulier de la nature argileuse du site pour garantir l'étanchéité du possible futur espace de stockage enterré.
     
  23. Y aura-t-il des forages ou sondages sur le site de Bourdigny?
    Dans un deuxième temps, si les mesures par ondes radios ne sont pas suffisamment précises, des forages pourraient être nécessaires pour vérifier la qualité du sol et sa comptabilité pour y implanter un espace de stockage étanche pour nos résidus de déchets. Les modalités de cette deuxième étape d'investigation seront discutés avec les propriétaires des parcelles.
     
  24. Comment la population est-elle informée de ces investigations ? 
    La commune de Satigny est en contact avec les autorités cantonales concernant le projet d'espace de stockage potentiel des restes de mâchefers. Les propriétaires sont informés personnellement par courrier et flyer. Le flyer est également mis à disposition de la commune pour son site Internet et son journal communal. L'Etat de Genève relaiera également l'information sur les réseaux sociaux.
     
  25. Quand et comment les résultats seront-ils communiqués?
    C'est à l'issue du processus incluant de possibles forages du sous-sol qu'une communication sera faite de manière transparente aux habitant-e-s et aux médias, quel que soit le résultat confirmant ou non l'adéquation du site. Ces résultats seront disponibles dans le courant de l'année 2022.