En ouverture de la soirée, M. Walder conseiller d’état en charge du département du territoire a rappelé la place stratégique de la donnée territoriale dans la connaissance et la conduite des politiques publiques. Elle constitue une véritable infrastructure de connaissance, indispensable pour appréhender des enjeux très concrets qui concernent directement le territoire et sa population : logement, climat, énergie, mobilité, risques et, plus largement, adaptation du territoire aux transformations en cours. Dans ce contexte, disposer d’une information territoriale fiable, accessible et mobilisable constitue une condition essentielle pour éclairer les choix publics et accompagner l’action de l’État.
Cette perspective a donné le fil conducteur de la soirée : au-delà de la donnée elle-même, il s’agit de mieux comprendre ce qu’elle permet de faire, de la transformer en connaissance utile et de renforcer sa contribution à l’action publique.
Vers une véritable infrastructure de connaissance du territoire.
De la donnée au service de la décision
La soirée a rappelé une évidence devenue stratégique : la donnée territoriale n’est plus seulement une ressource technique destinée aux spécialistes de la géomatique. Elle devient un véritable levier d’action et d’aide à la décision. Avec l'IA, la qualité et la maîtrise des données territoriales deviennent encore plus stratégiques ; nous devons industrialiser la qualité de bout en bout, de la production à la diffusion ; développer davantage l'aide à la décision ; et ouvrir progressivement la géoinformation à d'autres univers de données. L’enjeu n’est plus seulement de disposer de données, mais de savoir les croiser, les comprendre, les contextualiser et les transformer en connaissances utiles à l’action. L'objectif pour les prochaines années est bien d'aller vers une véritable infrastructure de connaissance du territoire.
"L’IA change la manière d’interroger le territoire"
La restitution de l’expérimentation d’un assistant conversationnel basé sur les données territoriales a constitué un temps fort de la soirée. Elle a permis de passer du discours général sur l’intelligence artificielle à des usages concrets, en montrant comment l’IA peut modifier la manière d’accéder à l’information territoriale et d’interroger les données.
Une soirée riche en échanges et en regards croisés
Près d’une centaine de participants, issus d’horizons variés, se sont retrouvés autour d’un même sujet : la donnée territoriale et son rôle dans la compréhension et la transformation de notre territoire.
Parmi les temps forts, la table ronde « Quand l’IA interroge le territoire » a réuni cinq regards complémentaires — de l’énergie à l’immobilier, du numérique à la stratégie IA et à la sociologie urbaine. Une diversité qui a permis de dépasser la seule question technologique pour interroger les usages, les métiers, la ville et les modes de décision de demain.
Voir la vidéo de la table ronde
Une question a traversé les échanges : que se passe-t-il lorsque l’accès à la donnée devient conversationnel et que chacun peut interroger le territoire en langage naturel ?
Cela ouvre de nouvelles possibilités, mais impose aussi de nouvelles exigences : vérifier les réponses car une réponse cohérente n’est pas forcément une réponse juste, comprendre leurs limites, conserver la capacité d’expertise et savoir qui porte la responsabilité de la décision. La discussion a ainsi permis de dépasser la fascination pour la technologie pour revenir à l’essentiel : l’IA doit-elle seulement faciliter l’accès à l’information, ou peut-elle réellement contribuer à mieux décider ?
Fiabilité des réponses, traçabilité, gouvernance des données, équilibre entre ouverture et protection, cybersécurité, protection des infrastructures critiques, interopérabilité, souveraineté technologique et dépendance aux fournisseurs ont été au cœur des questionnements.
Les échanges ont également mis en évidence les conditions nécessaires pour que l’IA puisse trouver sa place dans l’action publique.
L’un des défis majeurs est de trouver le bon équilibre entre ouverture et protection : permettre davantage de croisements et d'usages des données tout en maîtrisant les risques liés aux informations sensibles et aux infrastructures essentielles.
Au-delà de la technologie, une autre question demeure fondamentale : l’IA peut-elle faciliter la coopération entre organisations sans créer de nouvelles dépendances ou fragilités ?
De l’expérimentation à l’action
La soirée a finalement posé une question centrale : comment passer de la preuve de concept à des usages concrets et responsables ?
L’enjeu pour les prochaines années sera moins de multiplier les expérimentations que d’identifier celles qui apportent une réelle valeur au territoire, aux professionnels, aux citoyens et à la décision publique. Cela suppose de continuer à expérimenter, mais aussi de définir des règles, de développer les compétences, de garantir la qualité des données et de conserver une capacité humaine d’analyse et de décision.
Une communauté qui se rencontre
Au-delà des présentations et des débats, la soirée a surtout permis de créer un espace de rencontre entre des acteurs qui partagent le même territoire mais qui ne se côtoient pas toujours. Les échanges informels et le moment de convivialité qui ont suivi les interventions ont prolongé les discussions et favorisé de nouvelles connexions entre acteurs publics, privés et académiques.
Cette première édition a démontré que les Rencontres de la donnée territoriale ont vocation à devenir un lieu de dialogue entre acteurs publics, privés et académiques autour de l'usage des données pour les politiques publiques et l'économie.