Méningite bactérienne à méningocoques: informations utiles

Une épidémie de méningite à méningocoque B a touché l’Université du Kent et des établissements secondaires dans la région de Canterbury, au Royaume-Uni. Le risque en Suisse est considéré comme très faible.

Généralités sur la maladie

Qu'est-ce que la méningite?

La méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Elle nécessite dans une grande proportion des cas une prise en charge urgente.
Elle peut être :

  • virale 
  • bactérienne

Les principaux symptômes sont:

  • fièvre 
  • maux de tête,
  • vomissements
  • sensibilité à la lumière. 

Qu'est-ce que la méningite à méningocoques ?

Il s’agit d’une forme de méningite bactérienne causée par des bactéries appelées méningocoques.
Elle se transmet par contacts rapprochés et prolongés via des gouttelettes (vie en communauté, contacts étroits). 

C'est une urgence médicale
Pour les professionnels de santé

Il existe plusieurs souches : Men A, Men B, MenC, MenW, Men X et MenY, qui sont couverts par des vaccins différents ; les indications vaccinales post-expositionnelles diffèrent d’un vaccin à l’autre.

Pour les détails, se référer à Plan de vaccination suisse, EpiScope février 2025.

Quelles sont les personnes les plus concernées ?

Les personnes les plus concernées par cette maladie sont :

  • les nourrissons et les enfants en bas âge,
  • les adolescents, 
  • les personnes vivant en collectivité (résidences universitaires, casernes militaires), 
  • les personnes immunodéprimées
  • les seniors.
 Epidémiologie actuelle

Que s'est-il passé au Royaume-Uni ?

Une épidémie de méningite à méningocoque B a touché l’Université du Kent et des établissement secondaires dans la région de Canterbury.

Au 25 mars 2026:

  • 20 cas confirmés et 2 cas probables ont été recensés 
  • les 20 cas confirmés sont dus au méningocoque du groupe B
  • 2 décès ont été enregistré (18 et 21 ans)
  • 1 cas lié détecté en France
  • Plusieurs cas ont été exposé dans une discothèque de Cantebury (Club chemistry) entre le 5 et le 7 mars
  • Un courrier a été envoyé à l’ensemble des étudiants et du personnel de l’université afin de les alerter et pour identifier les personnes symptomatiques ou les cas contacts nécessitant un suivi
  • Les autorités sanitaires enquêtent sur cette épidémie et mettent en place une réponse globale, comprenant la distribution d'antibiotiques aux cas contacts, ainsi qu'un programme de vaccination ciblé avec le vaccin contre le méningocoque B (MenB).

Faut-il s'inquiéter en Suisse ?

Non, le risque est considéré comme très faible.

  • L’épidémie est localisée dans le comté du Kent au Royaume-Uni et semble désormais sous contrôle.
  • La transmission du méningocoque nécessite des contacts très étroits et seules des populations particulières sont à risque significatif de maladie invasive.
  • Aucun cas en Suisse lié à l’épidémie n’a été signalé.

Les autorités suisses surveillent toutefois la situation de près et cette flambée peut servir de rappel quant à l’importance de la vaccination avec un vaccin disponible, recommandé chez les nourrissons/enfants en bas âge ainsi que chez les adolescents et les jeunes adultes, qui constituent des populations à risque pour cette maladie.

Nous vous invitons à vous référer à votre pédiatre ou à votre médecin traitant, pour obtenir davantage d’informations sur les modalités de cette vaccination.

Quelle est la situation actuellement en Suisse ?

  • Une moyenne de 36 cas (3 à Genève) par an ces 10 dernières années, généralement isolés. 
  • En 2025 : 40 cas (dont 2 à Genève), soit une incidence faible (0,4 cas pour 100 000 habitants). 
  • Une tendance globale à la baisse depuis 2000. 

Des clusters peuvent survenir, notamment dans des environnements de vie rapprochée, mais ils restent rares.

Une épidémie similaire peut-elle survenir en Suisse ?

Oui, mais cela reste peu probable.

  • Les situations à risque existent (vie en communauté : ex. caserne militaire, etc), 
  • La vaccination est recommandée et remboursée pour les personnes à risque de contracter une maladie invasive. 

Des plans d’action sont prêts:

  • La maladie invasive à méningocoque est une maladie à déclaration obligatoire. Chaque cas fait l’objet d’une enquête dans les 24h-48h et, si besoin, de mesures de la part des autorités de santé publique:
Antibiotiques pour les contacts proches 
Vaccination ciblée 
Coordination entre cantons et autorités sanitaires.
 Prévention

Comment prévenir la méningite ?

La protection la plus efficace reste la vaccination.

En Suisse :

  • environ 80 % des nourrissons, 
  • environ 50 % des adolescents sont vaccinés. 

La vaccination est:

  • recommandée (mais non obligatoire) 
  • remboursée pour les populations à risque.
Si vous avez des doutes sur l’indication ou votre statut de vaccination, contactez votre médecin traitant ou votre pédiatre.

Le vaccin est-il recommandé pour les enfants ?

Oui, la vaccination contre les méningocoques reste recommandée pour les enfants en bas âge (possible jusqu’à <5 ans) puis entre 11-15 ans (possible jusqu’à 20 ans).

Contactez votre médecin si vous avez un enfant de cette tranche d’âge qui n’est pas encore vacciné.
Pour les professionnels de santé

A Genève il n’y a actuellement pas de flambée de méningocoque en cours, raison pour laquelle nous ne dévions pas de ces recommandations habituelles. Par contre, c’est une bonne occasion de rappeler de vacciner les adolescents (rattrapage possible jusqu’à 20 ans), selon le plan de vaccination suisse.  Augmenter la proportion d’enfants et adolescents vaccinés permet de diminuer le risque d’épidémie.

Le vaccin est-il recommandé pour les adultes ?

Oui, dans certains cas :

  • personnes à risque d’ exposition (profession ou environnement) 
  • personnes immunodéprimées 
  • personnes identifiées comme ayant eu un contact avec un malade.
Une discussion avec un médecin est recommandée pour évaluer le besoin.
Pour les professionnels de santé

 En cas d’utilisation hors autorisation (off label) et hors recommandation par l’OFSP, toute utilisation est de la responsabilité du médecin, et ne sera pas remboursé. Par ailleurs, la vaccination contre le méningocoque B n’est pas recommandée en cas de contact isolé avec un malade. Ce sont les autorités de santé publique qui posent l’indication en cas d’épidémie.

Faut-il se faire vacciner même si la maladie est rare ?

Oui, si vous faites partie des personnes avec une indication médicale (enfants en bas âge, adolescents, immunodépression, risque élevé d’exposition ou exposition avérée).

Même si elle est rare, la méningite bactérienne est grave et potentiellement mortelle.
La vaccination reste la meilleure protection individuelle.

Doit-on se vacciner avant un voyage au Royaume-Uni ?

Les sites de référence de vaccination Infovac et de vaccination pour les voyages HealthyTravel.ch | HealthyTravel, ainsi que l’Office fédéral de santé publique (OFSP) ne préconisent pas de vaccination en cas de voyage en Angleterre. Les recommandations habituelles restent donc d’actualité. Cependant, c’est l’occasion de procéder à un rattrapage vaccinal pour les personnes à risque, par exemple, pour un jeune de 19 ans qui part en Angleterre et se pose la question de se faire vacciner : s’il n’a pas reçu le vaccin recommandé pour la tranche d’âge 11-15 ans, (ou discutable si elle date de > 5 ans) alors oui il faut le vacciner (NB 2 doses à intervalle de 1 mois minimum).

Le site HealthyTravel.ch | HealthyTravel met régulièrement à jour les indications de vaccination pour tout voyage.

Que faire en cas de contact avec une personne infectée ?

Vous serez contactés par les autorités de santé publique pour évaluer l’indication à des mesures qui permettront de prévenir une maladie. Si vous n’avez pas été contactés, prenez vous-même contact avec un médecin pour vous signaler.

Ces mesures sont:

  • l'administration préventive d’antibiotiques
  • parfois une vaccination
  • un suivi médical.
Traitement

Comment traite-t-on la méningite bactérienne ?

Le traitement repose sur :

  • une antibiothérapie rapide
  • une prise en charge médicale urgente.