Rapport sur la durabilité de la forêt genevoise : des espaces boisés cantonaux en bonne santé mais fragiles

Sous-bois
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Le canton de Genève publie une version réactualisée de son rapport sur la durabilité de la forêt genevoise. Cette évaluation approfondie, réalisée une première fois en 2015, présente une vision de l’état des massifs genevois, sur la base de 30 indicateurs, conformément à une méthodologie de suivi préconisée par l'office fédéral de l'environnement. Le constat global est que les écosystèmes forestiers sont plutôt sains et présentent une vitalité satisfaisante, avec cependant une forte diversité en termes de situations locales.

Dans un canton exigu où la pression territoriale est forte, la forêt genevoise tient bon ! C'est le premier enseignement du rapport réévaluant périodiquement la santé des massifs locaux : la surface des espaces boisés reste très stable au cours des années, voisinant avec une superficie d'environ 3000 ha. Cet espace peut ainsi assurer ses fonctions multiples et précieuses pour la population.

Pour autant la vigilance pour préserver les écosystèmes locaux forestiers demeurent de mise. En effet, trois indicateurs parmi les trente retenus pour assurer le suivi de ces espaces connaissent une tendance défavorable depuis 2015 : l'évolution des facteurs environnementaux ("la pression biotique ») peut ainsi susciter de nouvelles inquiétudes, compte tenu notamment des modifications de climat en cours et des risques d'implantation d'espèces invasives. Le "bilan des défrichements" est passé du statut acceptable à préoccupant et la "pression de la grande faune", plus particulièrement notée dans les Bois de Versoix, est aujourd'hui évaluée comme critique, rejoignant dans cette catégorie le critère d'exploitation "commercialisation du bois".

Un très haut niveau de biodiversité

Des évolutions réjouissantes sont cependant aussi relevées : les indicateurs "gestion des forêts sous contraintes de gestion" et "regroupement des propriétaires forestiers" se sont améliorés au cours des cinq dernières années. De plus, certains acquis importants demeurent : trois indicateurs témoignant de la vitalité des forêts étaient bons en 2015 et le sont restés en 2020 : "volume de bois sur pied", "composition des essences" et "diversité des espèces ». A ce propos, le rapport relève que la forêt genevoise recèle un très haut niveau de biodiversité ; ses peuplements bénéficient de la présence du chêne et d'une riche palette des milieux et modes de gestion. Le potentiel de cette diversité biologique, précieuse pour les services qu'elle assure en faveur de notre territoire, est toutefois limité par le morcellement des surfaces et par le fonctionnement insuffisant de certains corridors biologiques hors forêt.

Avec les deux tiers de ses critères indiquant un statut inchangé, le rapport sur la durabilité de la forêt genevoise montre que la santé de la forêt genevoise demeure stable. Elle est ainsi globalement satisfaisante mais néanmoins fragile compte tenu de l’exiguïté des espaces boisés et l'importance des pressions qui s’y exercent. Cette précarité est source de préoccupation du fait notamment de la menace que représente le changement climatique et du besoin de résilience requis à cet égard. Une attention particulière doit donc être portée au renouvellement des peuplements afin d'anticiper aux mieux ces enjeux, conformément à ce que prévoit le plan directeur forestier cantonal. 

En dressant une analyse fine du contexte forestier genevois, le rapport sur la durabilité de la forêt genevoise contribue directement à la préservation de cette dernière. Il permet d'objectiver la gestion entreprise sur le terrain et d'orienter ainsi la politique publique forestières menée par les autorités afin d'assurer la pérennité de ces espaces qui participent activement à la qualité de notre cadre de vie.

Accéder au rapport sur la durabilité de la forêt genevoise