La Bâtie–Rouelbeau: les ruines du château médiéval s’ouvrent au public les 3 et 4 septembre 2016 - 15.08.2016

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Date de publication:
15 août 2016
Après douze ans de fouilles débutées en 2001 et d'importants travaux de mise en valeur du site, les ruines du château de Rouelbeau à Meinier seront dévoilées aux Genevois-es les 3 et 4 septembre 2016. Combinant ce témoignage archéologique à la renaturation de la Seymaz dont les sources jouxtent le château, ce site exceptionnel se présentera au public à l’occasion d’un week-end festif placé sous le signe du Moyen Age. L’Etat de Genève (DALE et DETA), en collaboration avec la commune de Meinier, convie la population genevoise à participer à cette manifestation familiale et festive.
Reconstituttion du château de Rouelbeau

Rare témoignage de l’architecture militaire médiévale encore conservé dans la campagne genevoise, le site du château de Rouelbeau figure en tête de liste des soixante premiers objets classés au sein de l’Inventaire des monuments historiques du canton, en 1921. Conscientes de la nécessité de préserver cet objet unique, les autorités de l’époque placèrent ce château sous la protection de l’Etat, qui se porta acquéreur des parcelles concernées. La végétation et la forêt envahirent bientôt les lieux, le bétail avoisinant n’ayant plus le droit de venir paître sur les terres. La conservation des vestiges fut alors mise en péril, le site ayant été laissé à l’abandon.

Renaturation de la Seymaz : l'ancien château retrouve son environnement

Les actions de restauration de la Seymaz et des milieux naturels voisins, récemment achevées, ont contribué au regain d’intérêt pour le patrimoine de Rouelbeau. En effet, cette rivière entièrement genevoise prend sa source à proximité du château. Grâce au programme cantonal de renaturation des cours d'eau, les marécages présents historiquement dans cette région, le marais de la Haute Seymaz et le cours inférieur de la rivière, ont été revitalisés par l'Etat de Genève. Ces travaux ont permis de réhabiliter de manière spectaculaire une partie des anciens marais en recréant des milieux favorables à la nature et en réduisant le risque de crues. Ainsi, les visiteurs des ruines du château pourront bénéficier d'un paysage naturel marécageux et peut-être entendre le rossignol, observer des libellules ou apercevoir un castor, tout en retrouvant un peu de l'atmosphère si particulière qui baignait à l’origine la forteresse médiévale.

Fouilles archéologiques

Le service cantonal d’archéologie (DALE) entreprit dès 2001 un programme d’intervention afin de remettre en valeur les ruines du château et d’en comprendre la genèse. Les fouilles s’achevèrent en 2014. D’un coût de 3 millions de francs, répartis entre l’Etat de Genève (2,4 millions de francs) et la Confédération (600'000 francs), le site archéologique de Rouelbeau est d’importance nationale. A l’issue des fouilles, une réflexion a été conduite sur l’avenir du site et la façon de le rendre accessible au public genevois. La restauration, la conservation et la mise en valeur du château ont été entièrement financées par une fondation privée genevoise. Aujourd’hui, un parcours accessible aux personnes à mobilité réduite – alliant des panneaux didactiques présentant le patrimoine naturel et historique et une maquette en bronze de près d'une tonne – permet de découvrir et d’aborder l'histoire du château et des zones humides recréées alentours.

Château de bois…puis fortifié

L’édification du château de Rouelbeau fut achevée en juillet 1318 par le chevalier Humbert de Chollay après un an de travaux. L’année suivante, Hugues Dauphin, sire de Faucigny, acheta cette bâtie qui devint sans doute le siège d’une châtellenie. Cette position fortifiée jouait alors un rôle stratégique en garantissant l’accès à la ville neuve d’Hermance, unique débouché sur le lac pour les seigneurs de Faucigny. Les vestiges découverts sur place, couplés à un écrit datant de 1339, décrivent un bâtiment quadrangulaire de 52 mètres sur 39, constitué d’une enceinte palissadée flanquée de trois grosses tours d’angles de deux étages. Au centre se trouvait une maison d’un seul niveau comprenant une grande salle de réception, une cheminée en bois, une chambre, un cellier et une étable. Entièrement réalisé en bois, la forteresse se dressait au sommet d’une motte artificielle entourée de marais, dont le
franchissement était rendu possible grâce à deux ponts en bois enjambant les fossés. Le château maçonné (avec ses puissantes murailles constituées de boulets et de parements de molasse), dont les ruines sont visibles aujourd’hui, fut ensuite édifié entre 1339 et 1355 pour remplacer l’ancien édifice en bois. L’an 1355 fut marqué par l’intégration du Faucigny dans le comté de Savoie et signa la fin de la période d’hostilité entre les deux régions, faisant perdre la raison d’être du château. Le site fut progressivement abandonné et il servit de carrière pour la construction des maisons des villages avoisinants.

Week-end festif des 3 et 4 septembre 2016

Le week-end des 3 et 4 septembre accueillera une manifestation permettant de faire revivre et animer le château et ses environs dans l’esprit médiéval qui devait être le sien au 14e siècle. De nombreuses animations entraîneront le public dans une ambiance médiévale, avec des démonstrations de combats de chevaliers aux allures didactiques, des jeux, des animaux de basse-cour, des artisans, une présentation de fauconnier, ainsi que divers stands de marché et produits du terroir. Les associations de Meinier, partenaires de l’événement, proposeront mets et boissons du terroir genevois.

Pour visualiser le dispositif interactif en 3D
http://www.batie-rouelbeau.ch

Pour toute information complémentaire :

  • Fouilles archéologiques: M. Jean Terrier, archéologue cantonal, office du patrimoine et des sites, DALE, tél. +41(0)76 326 33 60 ;
  • Patrimoine naturel : M. Bertrand von Arx, conservateur de la nature et du paysage, direction générale de l'agriculture et de la nature, DETA, tél. +41(0)22 388 55 37

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