L'essentiel en bref

La pratique de l'apiculture n'est pas anodine et réclame, en sus d'une sérieuse formation avant de se lancer,  plusieurs démarches administratives.

En effet, l'abeille est, selon l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn; 455.1), un animal de rente.

Les animaux de rente sont les espèces détenues directement ou indirectement en vue de la production de denrées alimentaires ou pour fournir une autre prestation déterminée, ou qu'il est prévu d'utiliser à ces fins.

Il y a dès lors plusieurs obligations qui découlent de la détention d'abeilles pour la pratique de l'apiculture notamment l'annonce auprès du SCAV ou encore l'obligation de tenir un journal des colonies.

En ce qui concerne la formation, même si elle n'est pas obligatoire, il n'est pas conseillé de se lancer dans la pratique de l'apiculture sans savoir déjà comment installer une ruche ou sans être à même d'identifier un problème au sein d'une colonie.

Annoncer votre activité ou un nouveau rucher

Démarches administratives

Tout nouvel apiculteur doit s'annoncer auprès du SCAV afin de pratiquer cette activité.

L'abeille est considérée comme un animal de rente en raison de sa production de miel.

Tout déplacement d'abeilles doit être annoncé à l'inspecteur des ruchers de son secteur .

 

  1. Remplir le formulaire d'annonce de nouvel apiculteur / nouveau rucher qui est à renvoyer au SCAV avant le début de son activité (le SCAV se charge au besoin de demander  à la Direction générale de l'agriculture et de la nature un numéro d'exploitant).
  2. Identifier son rucher au moyen de la plaquette fournie par le SCAV et envoyée par poste avec les données relatives à l'exploitation.
  3. Remplir le registre des colonies en n'omettant pas d'y indiquer les dates des traitements.

 

 

 

Où installer des ruches - Ruches sur les toits

Il n'existe pas de législation particulière quant à l'installation de ruches sur le canton de Genève, cependant il est important de suivre certaines règles, notamment :

  • Demander l'accord du propriétaire du terrain sur lequel vous souhaitez installer vos ruches.
  • Informer vos voisins lorsque les ruches sont installées dans votre jardin.

Afin de trouver des emplacements, il peut être utile d'utiliser le site Internet du SITG du canton de Genève afin d'avoir une cartographie aérienne ainsi que la possibilité de trouver les propriétaires des parcelles.

Ruches sur les toits

Il  n'existe aucune législation sur ce type d'apiculture.

Cependant, le service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) déconseille fortement d'installer des ruches sur les toits en raison de :

  • Problèmes de sécurité (vent, etc.)
  • Manque de confort pour l'apiculteur-trice (accès, extraction, etc.)
  • Plus grande exposition des ruches au intempéries

Frelon asiatique - Que faire ?

Le frelon asiatique est présent depuis 2016 dans l'Ain et dans les Hautes-Alpes mais n'a pas encore traversé notre frontière. Cependant, celui-ci est donc présent aux portes de Genève et la question n'est plus de savoir s'il va arriver, mais quand ?

Les autorités cantonales ont mis sur pied une stratégie de lutte contre l'envahisseur. Ce plan d'action implique plusieurs organes, notamment :

  1. Les gardes de l'environnement pour l'identification du frelon asiatique ou les référents de la société genevoise d'apiculture (dès début 2019) pour l'identification du frelon asiatique.
  2. Le service d'incendie et de secours (SIS) pour la destruction du nid une fois celui-ci trouvé (le SIS est également apte à identifier le frelon asiatique).

L'illustration suivante peut vous servir à différencier le frelon asiatique du frelon commun, voire des autres hyménoptères :

Frelon asiatique et autres hymenopteres

Chacun est appelé à la vigilance en cas de suspicion. Il est impératif de ne pas s'approcher trop du nid, ni d'essayer de détruire la colonie soi-même.

Maladies des abeilles

Loque américaine

La loque américaine est l'épizootie la plus dangereuse pour les abeilles. Elle est due à la bactérie Paenibacillus larvae qui produit des spores. Ces dernières sont extrêmement résistantes et restent infectieuses pendant des décennies dans les colonies d'abeilles, sur les rayons et autres matériaux. En conséquence une lutte rigoureuse contre la loque américaine est indispensable. Il est obligatoire de brûler les colonies malades et de désinfecter ou d'éliminer les ustensiles et outillages contaminés du rucher infesté, ainsi que de contrôler les ruchers avoisinants (zone sous interdiction). L'utilisation d'antibiotiques est interdite aussi bien pour la prévention que pour la lutte contre cette maladie.

Loque européenne

La loque européenne est une maladie bactérienne touchant le couvain et ayant une forte contagiosité. Néanmoins, moins dangereuse que la loque américaine, elle représente un diagnostic différentiel important de celle-ci. Les bactéries impliquées sont la Melissococcus pluton, la Paenibacillus alvei et P. pulvifaciens, dont la ténacité est modérée. L'évolution est rapide et sans image clinique homogène. Suivant la combinaison des bactéries qui interviennent, les larves périssent déjà avant l'operculation ou bien ce sont principalement les couvains operculés qui sont atteints. L'infection se transmet oralement. Suspicion : apparition de brèches dans le couvain et/ou mise en évidence microscopique des spores. Il n'existe ni de vaccin ni de prophylaxie immunitaire.

Varroase

La varroase est une épizootie dite "à surveiller". C'est une acariose des abeilles qui provoque des dégâts surtout chez le couvain. Une forte infestation par ces acariens peut affaiblir une colonie jusqu'à la faire disparaître. La transmission d'une colonie à une autre s'effectue par pillages, par les faux-bourdons et les ouvrières qui volent, par les essaims sauvages et par l'apiculteur/trice. Suspicion : apparition de jeunes abeilles atrophiées et de faux-bourdons possédant une taille de nain, un abdomen raccourci et des malformations des ailes. Il n'existe pas de vaccin ou de prophylaxie immunitaire.

Feu bactérien

Les apiculteurs/trices participent activement, au ralentissement du feu bactérien, en acceptant certaines contraintes. Le feu bactérien est une maladie bactérienne (Erwinia amylovora) destructrice. Elle noircit et déforme jusqu'à la mort les inflorescences et les rameaux des arbres fruitiers à pépins et des arbustes ornementaux à pépins de la famille des rosacées. Le contrôle de sa présence et de sa lutte sont obligatoires. C^'est la station phytosanitaire cantonale qui effectue des contrôles et organise la lutte au cas par cas. En évitant le déplacement des abeilles des régions atteintes vers les indemnes, les apiculteurs/trices éliminent une importante voie de contamination.

En cas de suspicion de maladie, ou d'un quelconque doute, il faut impérativement contacter l'inspecteur des ruchers de son secteur.

Importation d'abeilles

L'importateur de paquets d'abeilles sur le territoire genevois nécessite d'être au bénéfice d'un certificat TRACES émis par un vétérinaire officiel ou les autorités sanitaires du pays d'exportation.

La loque européenne n'étant pas mentionnée dans le formulaire, une surveillance vétérinaire de 30 jours est effectuée au frais de l'apiculteur.

Le cheptel genevois est en bonne santé et nous entendons le conserver ainsi.Ainsi, tout paquet d'abeilles importé frauduleusement est séquestré par le SCAV et au besoin détruit.

 

Sources utiles - abeilles

Le site Internet bienen.ch comporte deux volets qui peuvent grandement vous aider dans la pratique de l'apiculture :

La Société genevoise d'apiculture regroupe la plupart des apiculteurs genevois.