Le salon d'un appartement
Les perturbateurs endocriniens, nanomatériaux, sensibilisants et allergisants, ou encore les biocides se trouvent dans notre environnement et peuvent avoir des conséquences importantes sur notre santé.

L’air intérieur que nous respirons quotidiennement au sein des milieux clos peut contenir de nombreuses substances dangereuses pour la santé et pour l’environnement, en raison du confinement et de la présence de sources d’émissions. Des études montrent même qu’il est parfois plus pollué que l’air extérieur.

L’exposition à ces substances dangereuses dans l’environnement bâti peut avoir des effets importants sur la santé tels que des irritations, del'asthme ou des allergies. Dans certains cas, elle entraîne des conséquences majeures sur le long terme, avec des désordres métaboliques et des pathologies chroniques pouvant être graves (cancers, troubles du développement, problèmes de fertilité).

Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens (ou perturbateurs hormonaux) sont des substances qui altèrent le fonctionnement normal du système hormonal : ils modifient d’une part le système reproducteur provoquant des problèmes de fertilité et des tumeurs hormono-induites, et d’autre part, le système thyroïdien, entraînant des troubles du développement. Le stade fœtal ou la puberté sont des périodes de développement pendant lesquelles l’organisme est particulièrement sensible à une exposition qui peut avoir des répercussions sur la vie entière de l’individu.

Les perturbateurs hormonaux sont des substances bioaccumulables ; ceci signifie que, même en cas d’exposition à de faibles concentrations, le taux d’absorption excède largement le taux d’élimination. Il s’ensuit une augmentation des valeurs de contamination des individus exposés sur le long terme, et donc une augmentation du risque de pathologies.

Principaux matériaux pouvant contenir des perturbateurs endocriniens
Les polybromés

Les agents ignifuges bromés et phosphorés sont intégrés aux matériaux comme retardateurs de feu. Ils sont ainsi utilisés afin de limiter les risques d'incendie.

On les retrouve dans de nombreux produits traités anti-feu :

  • les matériaux de construction et d'isolation (PVC, isolants polystyrène, polyuréthane)
  • les textiles (draps, couette, oreiller, rideau)
  • les mobilier d'intérieur
  • les matériel avec des composants électriques ou électroniques (ordinateur, télévision, téléphone, appareils ménagers).
Les polyfluorés

En raison de leurs propriétés d'imperméabilisation et antitache, on peut trouver des polyfluorés dans de nombreux produits :

  • les textiles d'intérieur (nappes avec effet déperlant, canapés, tapis, couettes, coussins, etc.),
  • les vêtements, notamment pour les activités outdoor (ski, randonnée, chasse, pêche, etc.),
  • les produits liquides ou sprays d'imprégnation pour traitement imperméabilisant et/ou antitache et/ou de nettoyage et protection, apprêts de blanchisserie,
  • les matériaux de construction, dont les sols en pierre traités antitache,
  • les mousses d'extincteurs.
Les phtalates

Il existe une multitude de sources de phtalates, utilisés dans de très nombreux produits aux applications diverses :

  • les plastiques (principalement le PVC),
  • les peintures et vernis,
  • les détergents,
  • les textiles,
  • les cosmétiques.

Le PVC est une source importante de phtalates. Celui-ci est utilisé dans les domaines des sanitaires (distribution d'eau, canalisations, gouttières), de l'électricité (plinthes et goulottes), de l'étanchéité (membranes et profilés), de la décoration (revêtements de murs et sols, plafonds tendus, lambris, bardages, planchers) et des fermetures et huisseries (fenêtres, portes, volets, vérandas).

Par ailleurs, un très grand nombre d'objets courants, par exemple à base de plastique en PVC, sont utilisés à l'intérieur des bâtiments (nappes, rideaux de douche, textiles synthétiques, jouets, bottes). En outre, l'utilisation de certains produits (peintures, vernis, détergents, cosmétiques) à l'intérieur des habitats participe aussi à l'émission de phtalates dans l'air et à leur accumulation dans les poussières.

Les nanomatériaux

On appelle nanoparticules les particules dont au moins une des dimensions est inférieure à 100 nm (0.1 μm).

Les nanoparticules peuvent être générées involontairement lors de procédés de combustion ou d’abrasion. Les récents progrès technologiques nous permettent aussi aujourd'hui d'en fabriquer à la demande en réglant précisément la taille et la forme des particules créées.

Principaux matériaux pouvant contenir des nanoparticules

Depuis quelques années, un nombre croissant de nanomatériaux sont créés par voie technologique et introduits dans les divers domaines de notre vie quotidienne.
On les trouve principalement dans :

  • les cosmétiques
  • les matériaux de construction
  • l’alimentation
  • les produits thérapeutiques.

Quelques exemples de nanomatériaux déjà utilisés dans la construction : l’oxyde de titane, les aérogels, les nanoparticules d'argent, les nanotubes de carbone, les nanoparticules de cuivre, le dioxyde de silice.

Les sensibilisants ou allergisants

A l'heure actuelle, il existe plusieurs centaines d'agents sensibilisants reconnus comme tels. L’apparition des allergies liées à l’exposition à des agents sensibilisants ou allergènes se traduit par des réactions respiratoires (rhinites, asthme), cutanées (sécheresse, rougeurs, démangeaisons, eczéma) ou oculaires (irritations, conjonctivites). Les effets sont généralement dépendants de la dose d'agent sensibilisant ainsi que de la durée et de la fréquence d’exposition.

Principaux matériaux pouvant contenir des allergènes

Dans les milieux intérieurs, les agents sensibilisants peuvent être biologiques (acariens, poils d'animaux), physiques (rayonnement UV) ou chimiques.
Dans ce dernier cas, les sources proviennent d'origines multiples telles que :

  • les matériaux et produits de construction : par exemple, le nickel dans les métaux, le chrome dans les ciments ou encore les isocyanates ou formaldéhyde dans les colles, peintures et résines;
  • les produits d'entretien : par exemple, les désinfectants et détergents peuvent contenir des conservateurs (isothiazolinones) ou des parfums (huiles essentielles)
  • les parfums et produits cosmétiques : un grand nombre de ces produits contiennent des huiles essentielles dont certaines peuvent être sensibilisantes (limonène, pinène, citral, etc.).

Les biocides

Les biocides sont des substances actives utilisées pour détruire ou bloquer des organismes nuisibles tels que des insectes, champignons, bactéries, rongeurs, algues, etc. par une action chimique ou biologique. Du fait de leur activité biologique, l'exposition aux biocides pose la question de leur impact sur la santé, notamment de troubles de la reproduction, de perturbation endocrinienne et de survenue de certains cancers.

Principaux matériaux pouvant contenir des produits biocides

Dans l'environnement bâti, on peut trouver de nombreux produits biocides utilisés dans les domaines suivants :

  • produits de protection des constructions: ce sont par exemple les agents anti-mousse ou anti-fongiques utilisés sur les toitures ou façades des bâtiments, ou encore les produits de conservation du bois contre les insectes xylophages ;
  • produits de désinfestation : il s'agit par exemple des traitements chimiques contre les punaises de lits, les produits domestiques tels que les insecticides, les sprays de traitement phytosanitaire pour plantes d'intérieur ou encore les produits de lutte contre les parasites des chiens et chats (puces, tiques, poux, etc.) ;
  • produits de désinfection : visant à éliminer les micro-organismes (bactéries, virus), ces produits ont de multiples applications, dont la désinfection de l'eau des piscines.