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Un écosystème propice au développement des drones

PMA

Genève possède une histoire forte dans le domaine de l’aviation civile. Au début du XXème siècle déjà, les frères genevois Armand et Henri Dufaux écrivaient un chapitre de l’histoire des pionniers de l’aviation. Aujourd’hui, l’audace et la créativité sont toujours d’actualité dans le canton. Ces caractéristiques font de Genève un cas unique et propice au développement de l’utilisation sûre et efficace des drones. L’aéroport international est tout d’abord un acteur central dans toute discussion sur l’emploi ou l’exploitation d’engins volants, autonomes ou non. La présence du prestataire de service national de la navigation aérienne SKYGUIDE sur sol genevois facilite la collaboration et l’échange d’informations sur les nouveaux défis de l’espace aérien. À cela s’ajoute le fait de bénéficier d’un cadre légal favorable et flexible au niveau national, grâce à l’OFAC et son nouveau bureau de l’innovation. De même, le partage d’une frontière avec la France, un autre état pionnier en matière d’utilisation et de régulation des drones, permet d’envisager des opérations transfrontalières. Genève bénéficie aussi de l’écosystème dynamique du canton de Vaud, siège de nombreuses sociétés de drones et du Centre National de Compétence en Recherche Robotique (NCCR Robotics) à l’EPFL.

Le Canton de Genève a par ailleurs trois fortes traditions qui renforcent sa position stratégique. Tout d’abord, des organisations humanitaires s’intéressent à l’utilisation de drones pour des missions d’entraide ou en cas de catastrophe.

La Fondation Suisse de Déminage, la Croix Rouge ou un nouvel arrivant dans le domaine de l’entrepreneuriat social, WeRobotics, ont une réelle expertise dans le domaine. Ensuite, en tant qu’objet connecté, les drones font appel aux résultats des travaux des offices de standardisation comme l’UIT et ISO, basés à Genève, ou à des associations industrielles comme la Global UTM Association à Lausanne. Enfin, le canton possède une culture aéronautique très bien établie, avec la présence l’Association internationale du transport aérien (AITA) et de la Société internationale de Télécommunication Aéronautique (SITA) ainsi qu’avec la tenue du salon annuel de la communauté européenne de l’aviation d’affaires (EBACE). La convergence des technologies liées aux véhicules autonomes s’est par ailleurs exprimée de façon remarquée au dernier Salon International de l’Automobile (mars 2017). Airbus y a en effet présenté en première mondiale son concept de mobilité multimodale (roulante et volante) : Pop.Up

Trois éléments d’ordre structurel finissent de compléter ce tableau réjouissant. En premier lieu, l’hébergement d’organisations internationales requiert une compréhension immédiate, des nuisances et dangers liés aux drones, tout comme la présence de centres stratégiques et sensibles tels que Genève Aéroport, les prisons, le stade de Genève et autres lieux de manifestations. La frontière avec la France contraint également à penser le phénomène drone sous un angle international, douanier et d’interopérabilité entre deux pays aux normes aujourd’hui différentes. Finalement, le fait d’être situé au bout du lac Léman permet d’envisager des activités au-dessus de l’eau, par nature moins risquées que les activités au-dessus de zones fortement peuplées.

La présence d’un écosystème propice au développement de cette technologie innovante permet d’envisager l’avenir avec enthousiasme, en positionnant Genève comme une place reconnue et incontournable dans le domaine des drones.


Pierre Maudet
Conseiller d’Etat Genève

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