Gestion sédimentaire du Rhône

Jonction
Jonction
A Genève comme en France, le Rhône fournit des ressources hydroélectriques importantes grâce aux barrages construits sur son cours, comme ceux de Verbois (CH) et de Génissiat (FR).

Ces ouvrages entraînent localement une accumulation de sédiments (limons, sables, etc.) dans le lit du fleuve. Chaque année, ce sont en effet en moyenne 700'000m3 de sédiments qui sont charriés par l'Arve et dont environ la moitié vient se déposer dans la retenue du barrage de Verbois. Cette accumulation augmente ainsi les risques d'inondation de certains quartiers de la ville de Genève comme la Jonction. Une élimination régulière des dépôts de sédiments est donc indispensable pour assurer la sécurité des habitants riverains du fleuve en cas de crue de part et d'autre de la frontière franco-suisse. Par le passé, cette action était réalisée au moyen d'une vidange complète des retenues des barrages suivie d'une chasse des sédiments. Cette méthode entraînait des conséquences néfastes sur l'environnement, en particulier pour les poissons.

Une gestion concertée

Les autorités ont donc souhaité limiter ces impacts environnementaux tout en garantissant la sécurité des riverains et en préservant le potentiel hydroélectrique du Rhône. Un groupe de travail franco-suisse a ainsi été mandaté et a proposé, en 2014, des solutions alternatives aux vidanges complètes des barrages pour le tronçon du Rhône allant de Genève à Lyon. Celles-ci ont fait l'objet d'une large concertation auprès des collectivités publiques, des exploitants, des riverains et des associations de protection de l’environnement de chaque côté de la frontière.
A l'issue de ce processus collaboratif, un protocole d'accord transfrontalier pour la gestion sédimentaire du Haut-Rhône a été signé en 2015 par la préfecture de l'Ain et le Canton de Genève. Il énonce énonce les objectifs cadres auxquels les exploitants (SIG pour la Suisse et la CNR pour la France) doivent se conformer :

  • Garantir la sécurité de l'ensemble des riverains du Rhône ;
  • Permettre l'exploitation normale des aménagements hydroélectriques en garantissant leur sécurité ;
  • Veiller au transit des sédiments, indispensable à la dynamique écologique du fleuve ;
  • Maintenir la biodiversité et toutes les fonctionnalités écologiques du fleuve.

Autrefois rapide et complet, l'abaissement est depuis 2016 uniquement partiel pour assurer la protection de la faune et de la flore. Ce nouveau mode de gestion vise à concilier tous les enjeux de cette opération, qu'ils soient sociaux, économiques et environnementaux en adoptant les 3 méthodes suivantes :

  1. Tous les 3 ou 4 ans, le niveau d'eau des barrages de Verbois, de Chancy-Pougny et de Génissiat est abaissé partiellement (2016, 2020) ;
  2. Lors des crues de l'Arve, le transit des sédiments est favorisé en maintenant des vitesses suffisantes dans le Rhône par des apports d'eau provenant du Léman ;
  3. Si besoin, des dragages ponctuels évacuent les matériaux restants.

Compte tenu de la crise sanitaire provoquée par le COVID-19, l'opération d’abaissement partiel du Rhône pour la gestion sédimentaire du Haut-Rhône entre le Léman et Lyon prévue du 25 mai au 6 juin 2020 sera reportée à l'année prochaine, dans le respect du protocole d'accord signé en 2015 par la Préfecture de l’Ain et la République et canton de Genève. La protection des personnes et des biens contre les crues reste assurée et les dispositifs complémentaires à l'abaissement sont maintenus par les exploitants des barrages.