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3. Prise en charge des cas

4.1 | Traitement précoce et prophylaxie (nouveau)

4.1.1 | Traitement pour les patients COVID-19 ambulatoires (nouveau)

 

4.1.1.1 | Critères d'éligibilité pour les patients ambulatoires présentant un risque élevé 

Les traitements par anticorps monoclonaux (AcM) ou par antiviraux à action directe (AAD) sont utilisés chez les patients avec un COVID-19 confirmé présentant un risque élevé de développer une forme sévère de la maladie. Le traitement a pour objectif de diminuer le risque d’hospitalisation chez ces patients très à risque.

Les critères cliniques suivants doivent être remplis :

  • Adultes et adolescents âgés de ≥12 ans et pesant ≥40 kg.
  • ET infection confirmée au SARS-CoV-2 par PCR ou test antigénique: un test antigénique positif est suffisant pour commencer le traitement, si les autres critères sont remplis. 
  • Et symptômes du COVID
  • ET de préférence dans les 5 jours qui suivent l'apparition des symptômes.
  • ET faisant partie de la liste des patients présentant un risque élevé ci-dessous (voir également la l'éligibilité selon la liste des conditions hautement prioritaires (28.11.2022))

Patients présentant un risque élevé (fortement immunosupprimées):

  • Infection par le VIH avec un nombre de cellules T CD4+ < 200 par μl
  • Immunodéficiences héréditaires
  • Traitement par anticorps monoclonal anti-CD20 ou anti-CD19 ou autres thérapies de déplétion des cellules B, inhibiteurs de la tyrosine kinase de Bruton, 
  • y compris les traitements immunosuppresseurs (notamment en cas d’utilisation prolongée de glucocorticoïdes > 20 mg d’équivalent prednisone/j ou cancer sous chimiothérapie)
  • Hémopathies malignes (par exemple, leucémie, lymphome, GVHD; y compris HSCT autologue et allogénique et CAR-T, myélome multiple, maladies myéloprolifératives) avec neutropénie (< 1'000 neutrophiles/μl pendant ≥ 1 semaine) ou sous traitement actif ou après HSCT
  • Drépanocytose
  • Personnes ayant reçu une transplantation d'organe solide

 

 

4.1.1.2 | Traitements des patients ambulatoires présentant un risque élevé - recommandations officielles (nouveau)

1er choix: nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid®) : 300mg nirmatrelvir (2cp 150 mg) avec 100 mg de ritonavir (1cp à 100 mg). Les trois comprimés devant être pris ensemble, 2x/j par voie orale pendant 5 jours, sauf contre-indication.

Le Paxlovid® peut être délivré aux patients par les pharmacies publiques, sur ordonnance médicale et sous réserve du respect des critères SSI, par les pharmacies publiques. 

Les pharmacies peuvent désormais commander le Paxlovid® sans qu’une ordonnance ne doive avoir été établie au préalable et peuvent ainsi conserver un petit stock. A souligner cependant qu'en cas de péremption, ce stock ne pourra pas être remboursé par la Confédération.

Contre-indications pour nirmatrelvir /ritonavir :

  • Insuffisance rénale (DFG < 30 ml/min).
  • Chez les patients présentant une insuffisance rénale modérée (DFG <60 ml/min), la dose doit être réduite à 150 mg de nirmatrelvir et 100 mg de ritonavir deux fois par jour pendant 5 jours;
  • Insuffisance hépatique (Child Pugh classe C);
  • Co-médication avec des médicaments métabolisés par le CYP3A. Utiliser le drug interactions checker dans toutes les situations où Paxlovid est prescrit

    Interactions médicamenteuses entre le nirmatrelvir boosté par le ritonavir (Paxlovid) et les médicaments concomitants
     
  • Si le nirmatrelvir/ritonavir est contre-indiqué, le second choix de traitement est :
    • Remdesivir (Veklury®) 200 mg le 1er jour, 100 mg les 2 jours suivants, iv.
       
  • Les traitements par anticorps monoclonaux (tixagevimab / cilgavimab (Evusheld®) et sotrovimab (Xevudy®)) ne sont plus recommandés qu'en tout dernier recours et après consultation d'infectiologie en raison de leur manque d'efficacité face aux variants circulants BQ.1 et BQ.1.1, actuellement en passe de devenir dominants.


Certaines utilisations sont off-label. Pour plus de détails, consulter le document de Recommandations de la Société Suisse d’Infectiologie (SSI) concernant le traitement précoce et la prophylaxie du COVID-19

 

4.1.1.3 | Critères d'éligibilité et traitement des patients ambulatoires présentant un risque faible ou modéré (nouveau)

Même si les traitements sont recommandés en premier lieu aux patients présentant un risque élevé d'évolution défavorable du COVID-19 (les personnes immunosupprimées de la liste des conditions hautement prioritaires), il est possible de considérer un traitement pour certaines autres catégories de patients présentant un risque accru de développer une forme grave de COVID-19 :

  • Tout patient âgé de plus de 75 ans, quel que soit son statut vaccinal ou ses comorbidités.
  • Âge supérieur à 60 ans et schéma de vaccination incomplet (pas de rappel depuis plus de 9 mois), indépendamment des comorbidités.
  • Âge supérieur à 60 ans et comorbidités importantes indépendamment du schéma de vaccination
  • Patients de tout âge avec des comorbidités importantes (facteurs de risques cardiovasculaires, maladie pulmonaire chronique, trisomie 21, surpoids [IMC 30 ou supérieur], etc.) et schéma de vaccination incomplet (aucune dose de rappel depuis plus de 9 mois).                

Pour ces patients, le traitement par nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid®) est l'antiviral de choix, 300mg nirmatrelvir (2cp 150 mg) avec 100 mg de ritonavir (1cp à 100 mg). Les trois comprimés devant être pris ensemble, 2x/j par voie orale pendant 5 jours, sauf contre-indication

 

 

4.1.2 | Prophylaxie pré-expositionnelle contre le COVID-19 pour les personnes avec une immunosuppression sévère (nouveau)

En raison de son manque d'efficacité face aux variants circulants BQ.1 et BQ.1.1, la prophylaxie par tixagevimab/cilgavimab (Evusheld®) pourrait ne plus protéger contre le COVID-19. Il convient donc de recommander à nouveau aux personnes avec une immunosuppression sévère l'usage des mesures de protection (port du masque, hygiène des mains, aération). En cas d'apparition de symptômes, ces personnes doivent être testées et traitées le plus tôt possible. Les recommandations continueront d'être adaptées en fonction de l'évolution future des variants circulants du SARS-CoV-2.

4.1.3 | Administration des traitements intraveineux 

En cas de contre-indication au Paxlovid®, il est possible d'administrer un traitement intraveineux de Remdesivir®.

Les traitements et prophylaxies par anticorps monoclonaux ne sont actuellement plus utilisés en raison de leur très probable manque d'efficacité contre les variants circulants.  

L'administration de Remdesivir® se fait:

  • Au secteur E des HUG
  • Sur demande des médecins de ville auprès des HUG

Le chef de clinique du secteur E contacte le patient afin de vérifier son éligibilité. Si le patient est intéressé et éligible et après validation de l'indication, l’administration du traitement est planifiée. 

Après l’administration du traitement, le patient est suivi soit par son médecin traitant, soit téléphoniquement par l’équipe de CoviCare s’il n’en a pas et que son état clinique le nécessite. Tous les patients sont également contactés téléphoniquement à J7 par l’équipe de CoviCare afin de documenter leur évolution.

Vous voulez adresser un patient ?
Si vous souhaitez discuter de l’administration du traitement d’anticorps monoclonaux pour un de vos patients positifs, vous pouvez joindre :

Le chef de clinique du secteur E
T. 079 553 78 96


Centres de traitement et de prophylaxie pour les patients ambulatoires

Secteur COVID ambulatoire des HUG (secteur E) ou aux Urgences 3C.


Liens utiles 

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4.2 | COVID long ou effets à long terme du COVID-19 

Le coronavirus SARS-CoV-2 peut entraîner des symptômes jusqu'à plusieurs semaines après le diagnostic, selon une étude conduite aux HUG. Le terme "COVID long" ou "effets à long terme du COVID-19" selon la formulation de l'OMS, décrit la maladie chez les personnes qui, plusieurs semaines voire mois après l'infection, ont encore des symptômes tels que perte du goût ou de l'odorat, fatigue, maux de tête, douleurs abdominales, essoufflement et troubles de l'humeur.

Publiée le 22 février 2022 dans la revue Journal of General Internal Medecine, une étude menée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Université de Genève (UNIGE) montre qu’après la vaccination contre le SARS-CoV-2, les symptômes du syndrome post-COVID (aussi appelé COVID-long) disparaissent ou s’améliorent dans 35 % des cas 

4.2.1 | RAFAEL, Plateforme sur le Syndrome post-COVID

Avez-vous des questions ou besoin d’information sur le syndrome post-COVID (Covid Long) ? 
Vous pouvez consulter RAFAEL, la plateforme interactive d’information et d’échanges sur les séquelles à long terme du SARS-CoV-2. Il s’agit d’un site web incluant un chatbot destiné au grand public et aux professionnels de la santé. Vous y trouverez des informations et réponses sur les symptômes post-Covid.

 

4.2.2 | Consultation pluridisciplinaire aux HUG pour les adultes et les enfants

Une consultation médicale dédiée aux patients souffrant du COVID long a été ouverte aux HUG.

HUG
4 rue Gabrielle-Perret-Gentil
Bâtiment Morier, 2e étage

Du lundi au vendredi inclus
De 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30.

Prise de rendez-vous
consultation.longcovid@hcuge.ch ou 079 553 08 69

Une consultation pour les jeunes de 10 à 18 ans, adressés par leur pédiatre, est également ouverte à la Consultation des adolescents du Service de pédiatrie générale, Rue Willy Donzé 6, 1205 Genève.

 


 

 

Dernière mise à jour
24 décembre 2022

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