2 millions d'arbres à Genève : des chiffres pour cerner le patrimoine arboré cantonal

Agglomération densément peuplée, le canton de Genève héberge néanmoins 4 arbres par un habitant, un chiffre globalement stable depuis longtemps. La législation et les politiques publiques veillent à conserver au mieux ce précieux capital arboré. Ainsi, les demandes d'intervention sur des arbres fluctuent dans une fourchette qui n'indique pas une augmentation massive des requêtes depuis une quinzaine d'années, alors que le canton connait un développement territorial important.
Bois de Châtillon en automne
Des arbres forestiers en croissance

Le territoire genevois accueille pas moins de 4 arbres pour chaque habitant du canton. Comme on peut s'y attendre, la majorité de ceux-ci se trouvent en forêts, que ce soit dans les trois grands massifs cantonaux ou dans des surfaces forestières plus modestes mais présentes jusqu’au cœur de la ville, notamment grâce aux cours d'eau.

Constituées majoritairement de chêne, les étendues boisées sont strictement protégées par la loi et occupent depuis des années environ 12% de la surface cantonale, soit à peu près l'équivalent de la surface genevoise du Léman. Gérée de façon durable, la forêt genevoise héberge des arbres toujours plus gros : alors que son volume de bois s'élevait à 129 m³ à l'hectare dans les années 1980, ce chiffre dépasse aujourd'hui 210 m³. Les arbres de nos forêts sont donc de plus en plus majestueux, emprisonnant chaque année une nouvelle de tranche de plus de 10'000 tonnes de CO2 et contribuant ainsi réduire les atteintes à notre climat.

Sécurité et gestion : les principales causes d'abattage d'arbres hors forêt

Environ 500'000 arbres sont répertoriés à Genève en dehors des forêts, que ce soit à la campagne ou dans les espaces construits. Ce chiffre est conséquent mais ne doit pas cacher qu'une petite fraction de ces arbres est abattue chaque année et que son remplacement dans certains contextes peut s'avérer difficile, voire impossible en pratique.

Ainsi, 6'600 arbres hors forêt ont été autorisés à l'abattage en 2018 et 4'300 arbres ont été demandés en compensation par les autorités (voir l'encadré). Dans la majorité des cas, les abattages sont indépendants d'un projet de construction puisque les interventions pour des questions de sécurité ou les impératifs de gestion arboricole (menace des racines pour des canalisations, humidité excessive pour des bâtiments, etc.) représentaient 4'100 arbres, soit 62% des cas.

On peut relever que l'an passé, 888 arbres ont été autorisés à l'abattage dans le cadre d'un plan localisé de quartier, soit moins de 15% des abattages. Ce sont par ailleurs ces projets qui permettent le taux de replantation d'arbres le plus élevé puisqu'il atteint dans ce cadre 105%. La zone villas regroupe environ 25% des abattages, la grande majorité d'entre eux étant liés à des motifs de gestion (1060 cas) et, secondairement, en raison de projet construction (630 cas). C'est néanmoins dans ce derniers cas que les taux de replantation sont les meilleurs, atteignant 92% contre 48% lorsque des impératifs de sécurité ou de gestion impliquent la coupe d'un arbre.

Pas d'augmentation massive des demandes d'abattage

Au total, 2577 dossiers d'autorisation d'abattage et d'élagage (ces derniers représentant environ 10% des cas) ont été traités en 2018. Les données enregistrées sur une quinzaine d'années n'indiquent pas une augmentation massive des requêtes.

Nombre de dossiers d'autorisation d'abattage et d'elagage

Le patrimoine arboré genevois constitue une caractéristique forte de notre canton. Son maintien est ainsi un enjeu qui implique des précautions et des égards particuliers. Une attention accrue doit être portée sur chaque dossier afin d'évaluer la pertinence de la requête et d'améliorer le taux de compensation là où il est faible. Le canton de Genève souhaite atteindre des taux de replantation positif en réexaminant notamment les valeurs de compensation à mettre en œuvre ainsi qu'en tirant parti des financements existant pour encourager les communes à effectuer des replantations sur leur territoire. Le défi reste cependant de taille, car l'implantation d'un arbre et son épanouissement implique de pouvoir lui offrir des espaces suffisants, aussi bien en surface qu'en sous-sol et de lui accorder le temps de grandir pour qu'il puisse assurer au mieux toutes ses fonctions précieuses.

Une pesée d'intérêt

Conformément à la loi, tout arbre, haie vive ou boqueteau, de propriété publique ou privée, ne peut être élagué ou abattu sans autorisation préalablement délivrée par les autorités. Dans ce cadre, le Canton analyse le bien-fondé des requêtes qui lui sont soumises en effectuant une pesée des intérêts. Celle-ci prend  en compte le motif, la beauté et l'intérêt du sujet, l'état sanitaire, l'espérance de vie, et la qualité des compensations proposées, en regard des enjeux du projet et de la plus-value visée par l'abattage d'arbres. En 2018, 36 dossiers ont ainsi fait l'objet d'un refus formel, un chiffre réduit car dans de nombreux cas, le travail d'accompagnement de l'administration en amont du dépôt amène les requérants à revoir leur projet, afin d'éviter tout ou partie de l'intervention.

Toute autorisation d'abattage est assortie d’une obligation de compenser la suppression des arbres concernés. Dans la mesure du possible, une replantation à proximité du site est privilégiée et c'est seulement lorsque cette condition ne peut pas être remplie qu'une valeur de compensation est déterminée. Celle-ci permet d'alimenter un fonds de compensation permettant de réaliser des mesures favorables à notre patrimoine vert. Enfin, exceptionnellement, lorsque les motifs d’abattage correspondent à la mise en valeur d’autres arbres, à l’entretien d’un ensemble végétal ou lorsque l'abattage concerne des arbres de moindres valeurs, l'autorité peut ne pas exiger de plantation de remplacement.

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