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| 57e législature / Novembre 2009 à Novembre 2013 |
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Exposition sur l'histoire de la salle du Grand Conseil
La salle du Grand Conseil
Questions d'architecture parlementaire
La «transformation fondamentale» de 1960
Composition de la commission ad hoc chargée de la rénovation de la salle (1951 et 1957)
Les vitraux de la salle du Grand Conseil
La salle du Grand Conseil
« [...] S’assembler, c’est nécessairement faire du territoire, c’est dessiner spatialement la mise en présence physique de ceux qui veulent parler, écouter, répondre en argumentant et, sans doute, décider. Les lieux d’assemblée semblent même être des points privilégiés pour architecturer un espace inédit : celui où un groupe choisit de mettre en commun un échange de paroles qui va forger le discours public d’une communauté. [...] Formes vicieuses ou vertueuses des salles d’assemblées ? Question d’actualité depuis que l’architecture s’inquiète de promouvoir les vertus civiques avec les vertus morales. Donc, quels sont les effets du cercles ou de l’hémicycle pour figurer l’égalité, s’accorder à l’idée de la souveraineté du Peuple, produire au mieux l’épiphanie émotionnelle de la volonté générale ? Théâtre, spectacle et politique ; représentation et sensation du politique. »
Marcel Detienne, « Le cercle et l’hémicycle » in Qui veut prendre la parole ?, Paris, Seuil, Le genre humain, 2003.
Depuis 1703, l'aile de l'Hôtel de Ville située paralèllement à la promenade de la Treille accueille un conseil délibératif. Conseil des Deux-Cents d'abord (1703-1798), Conseil représentatif ensuite, Grand Conseil enfin.
A l'occasion des portes ouvertes 2005 à l'Hôtel de Ville, le service du Grand Conseil a proposé au public une exposition sur l'histoire de la salle de séances du parlement cantonal. Les panneaux de cette exposition vous sont présentés ici au format PDF et accompagnés du texte des notices distribuées aux visiteurs et de références bibliographiques.
Les documents iconographiques proviennent du centre d'iconographie genevoise de la Ville de Genève (CIG), d'un dossier iconographique de la direction du patrimoine et des sites du département des constructions et des technologies de l'information (DCTI - DPS).
Les plans reproduits sont conservés aux Archives d'Etat de Genève dans la série Travaux BB 17. Ils sont également reproduits dans le dossier iconographique de la direction du patrimoine et des sites.
Le service du Grand Conseil remercie MM. Lionel Breitmeyer du Centre d'iconographie genevoise, Jean-Pierre Lewerer du service des monuments et des sites (DAEL) et Armand Zambrella, archiviste du DAEL pour leur aimable collaboration.
La composition des panneaux a été réalisée par M. Lionel Rudaz, les textes et les images ont été réunis par M. Frédéric Deshusses pour le service du Grand Conseil.
Un dossier comprenant les extraits du Mémorial des séances du Grand Conseil relatifs aux transformations de la salle de séances (1828-1962) et un dossier d'articles de presse relatifs à la transformation de 1960 sont disponibles sur demande auprès du Service du Grand Conseil.
Les droits de copie des images sont réservés.
Questions d'architecture parlementaire
On distingue deux tendances en matière d'architecture parlementaire : l'hémicycle qui dispose tous les députés face à la tribune présidentielle, et le « carré long » qui place les députés en face les uns des autres. L'hémicycle est la forme la plus répandue en Europe continentale, tandis que le « carré long » est la forme retenue en Grande-Bretagne (Palais de Westminster à Londres) et dans les pays du Commonwealth (Australie, par exemple).
Genève fait exception puisque la salle du Grand Conseil - également utilisée par le Conseil municipal de la Ville de Genève - est précisément du type «carré long».
La salle n'a toutefois pas toujours été aménagée ainsi. C'est seulement à partir de 1961 que les sièges sont disposés sur le périmètre d'un rectangle, face les uns aux autres. En l'absence de documents probants, il n'est pas possible de savoir pourquoi cette disposition a été préférée à celle en hémicycle, ni pourquoi l'ancienne disposition de la salle a été abandonnée. Une hypothèse est que l'étroitesse du volume dans lequel s'inscrit la salle empêche la réalisation d'un véritable hémicycle.
Comme le note Jean-Philippe Heurtin dans un article consacré aux débats sur l'architecture de la salle de l'Assemblée nationale française, l'architecture de la salle de débats constitue une sorte de topographie politique et sociale. Ainsi, la salle où furent réunis les Etats généraux en 1789 avait la forme d'un rectangle afin de distinguer spatialement les trois ordres qui composaient la société française d'Ancien Régime (noblesse, clergé, Tiers Etat).
Cette distinction spatiale n'était plus tolérable pour les assemblées révolutionnaires et la forme circulaire de la salle s'imposa comme réalisation architecturale de l'égalité. Un membre de la Convention relève ainsi, à l'appui d'un projet en hémicycle, que : « Les représentants de la nation placés sur les gradins circulaires de la salle seront presque tous à égale distance du président de l'Assemblée; tous les regards se dirigeront vers lui et l'orateur pourra, de la tribune, apercevoir ses collègues. »
Le discours sur « l'effet moral » de l'architecture parlementaire ressurgit aujourd'hui à Genève. Pour certains, en effet, la disposition en « carré long » contribue à prolonger les débats par la confrontation qu'elle provoque. Comme le montre la citation de Pierre Vergniaud sur le panneau intitulé « Gauche-droite : une simple question d'architecture », ce discours existe de longue date. A l'appui du transfert des tribunaux de l'Hôtel de Ville vers un autre bâtiment, le député De Candolle notait que « La séparation des pouvoirs est consacrée par notre droit politique: pourquoi donc réunir dans l'ordre matériel ce qui est séparé dans l'ordre moral ? »
Un autre élément distingue les salles d'assemblées délibératives : la présence ou non d'une tribune des orateurs. Dans la salle du Conseil national à Berne, par exemple, les députés ne peuvent prendre la parole que depuis la tribune des orateurs.
Les règlements du Conseil représentatif puis du Grand Conseil attestent que les députés ont toujours pris la parole depuis leur place dans la salle. Il ne semble pas que la question de l'installation d'une tribune des orateurs ait jamais été envisagée pour le Grand Conseil genevois.
Références :
DETIENNE Marcel (dir.), Qui veut prendre la parole ? Pratiques d'assemblées, coll. Le genre humain, Seuil, Paris, 2003.
HEURTIN Jean-Philippe, « Architectures morales de l'Assemblée nationale », in DETIENNE (dir.) op. cit., pp. 49-81.
La «transformation fondamentale» de 1960
Un dossier conservé aux Archives d'Etat de Genève (Travaux BB 17/114) contient une série de vues en perspective de la salle du Grand Conseil signées Charles Schopfer et datées de 1944. Il s'agit d'un projet qui n'a pas été réalisé. Cependant, la présence de ces pièces dans un dossier officiel montre que la question d'une rénovation de la salle se posait déjà au milieu des années 1940.
Il faudra attendre encore quinze ans pour qu'un projet de rénovation voie le jour. C'est finalement un projet du même Charles Schopfer - fort différent de celui de 1944 - qui est retenu. C'est à cet architecte genevois que l'on doit également la reconstruction du Grand Théâtre après l'incendie et l'aménagement intérieur du Bâtiment électoral pour la « Conférence des cinq grands » chargée de régler les conflits coloniaux de l'Indochine et de la Corée (26 avril au 21 juillet 1954).
S'il est certain qu'une commission parlementaire chargée de la rénovation de la salle du Grand Conseil a siégé depuis au moins 1951, les procès-verbaux de ses travaux ne nous sont pas parvenus. On ignore donc, à ce jour, si plusieurs projets étaient en concurrence et quels éléments ont déterminé le choix du projet présenté par Charles Schopfer.
Le Mémorial des séances du Grand Conseil permet de suivre l'évolution du projet :
24 novembre 1956 Dans le cadre de la « loi ouvrant au Conseil d'Etat divers crédits pour l'exécution de travaux d'équipement et d'utilité publique », le Grand Conseil accepte un crédit de 1,5 million au maximum pour une rénovation de la salle du Grand Conseil, de celle de l'Alabama et pour le dégagement d'un espace propre à la conservation des archives de la Chancellerie. Le Conseil d'Etat, dans son exposé des motifs, relève que « le pire mauvais goût régnait lors de la précédente réfection. »
12 septembre 1958 Le député Ganter profite de l'examen des comptes pour demander où en est le projet de rénovation de la salle. « Les députés, dit-il, commencent à en avoir assez de siéger dans ce décor qui est à peine digne d'une salle d'attente de 3e classe d'une gare provinciale française, et encore !» Le conseiller d'Etat Dutoit en charge des travaux publics répond que plusieurs projets ont été remis à une commission consultative. Le projet définitif n'est pas arrêté. MGC 1958/II p. 1776.
25 septembre 1959 Le député Genêt demande, à l'occasion de l'examen des comptes, où en est le projet de rénovation de la salle du Grand Conseil. Il indique que la demande initiale du bureau du Grand Conseil remonte à 15 ans. « On considère, dit-il, que cette salle est vraiment lamentable à voir. » Le conseiller d'Etat Dutoit répond que l'architecte choisi a soulevé un problème d'étroitesse des passages entre la bancs qui a retardé l'avancement du projet. MGC 1959/II p. 1712.
25 mars 1960 Le Grand Conseil libère la somme prévue par la loi du 24 novembre 1956. Le projet est brièvement exposé dans le rapport du Conseil d'Etat: « Il ne s'agit plus d'une simple rénovation mais d'une transformation fondamentale de la salle actuelle. La nouvelle salle sera disposée, toutes proportions gardées, comme la salle du parlement de Westminster. » MGC 1960/I p. 534 et 549.
13 janvier 1962 Remise officielle de la salle au début de la session parlementaire. Discours du conseiller d'Etat Peyrot et du président du Grand Conseil, Pierre Guinand. MGC 1962/I p. 12.
Autant qu'on puisse en juger sur la base des débats figurant au Mémorial, la question de l'agrandissement du volume dans lequel s'inscrit la salle du Grand Conseil ne s'est pas posée. Des projets dans ce sens avaient pourtant vu le jour au XIXe siècle. Il était alors question d'élargir la salle du Grand Conseil en direction de la promenade de la Treille. Le Mémorial nous donne une idée de ces projets dont les plans ont, semble-t-il, disparu : « Deux architectes, MM. Vaucher et Brolliet fils furent chargés de présenter séparément les plans d'un agrandissement ou d'une reconstruction de l'Hôtel de ville. Leur travail fut soumis au Conseil d'Etat en juin 1827. Tous deux s'étaient attachés à l'idée [...] de remplacer la Tour quarrée et le corps de logis où se trouve la salle du Conseil Souverain, par un vaste bâtiment qui aurait sa façade sur la Treille, et dont la ligne serait à peu près celle de la terrasse de l'Hôtel de Ville. » (MCR 1828-1829/I p. 86).
En dépit du soutien de certains députés, ce projet fut abandonné au profit d'un programme moins ambitieux dont les grandes lignes sont visibles sur les photographies des années 1940.
Références :
VIRIDET Marc, Notes sur l'Hôtel-de-Ville de Genève, servant de siège aux autorités [...], 1859, 18cm. [BPU GF 924 (8)]
FONTAINE-BORGEL Claudius, Description historique et monumentale de l'Hôtel-de-Ville, 1874, 18cm. [BPU GF 2539]
Projet de loi qui alloue au Conseil d'Etat un crédit pour de nouvelles constructions et réparations dans l'Hôtel-de-Ville, 1829, 1f°, 21cm. [BPU GF 567/110 (2/2)]
Projet de loi sur une dépense relative à des réparations dans l'Hôtel-de-Ville, 1833, 1f°, 21cm. [BPU GF 3440/1833/5 et BPU GF 400/10 (30)]
Quelques éléments dans BERTRAND Pierre, « Inventaire des monuments et des sites classés dans le canton de Genève », in Genava, N.S. n°5, 1957, pp. 16 à 20.
Un grand nombre de plans de l'Hôtel de Ville en général et de la salle du Grand Conseil en particulier sont conservés aux Archives d'Etat de Genève dans la série Travaux BB 17.
On est mal renseigné sur la biographie de Charles Schopfer. Deux notices nécrologiques (Tribune de Genève et Journal de Genève) figurent dans la biographie genevoise de la Bibliothèque publique et universitaire [BPU GF 1910/XII]

Composition de la commission ad hoc chargée de la rénovation de la salle (1951 et 1957)
Commission ad hoc en 1951
ARCHINARD Lucien (R) (1903 - )
HENNINGER Marcel (R) (1866 - )
GANTER Edmond (ICS) (1910 - 1989)
BILLY Lucien (R) (1900 - 1987)
MEYER Georges (T) (1913 - )
TRÜB Henri (T) (1907 - 1971)
Emile DUPONT (ICS) (1911 - 1991)
DUSSOIX Albert (ND) (1911 - 1981)
BRAILLARD Charles (S) (1921 - )
Commission ad hoc en 1957
ARCHINARD Lucien (R) (1903 - )
HENNINGER Marcel (R) (1866 - )
GANTER Edmond (ICS) (1910 - 1989)
THEVENAZ Maurice (R) (1894 - 1974)
GENET Gaston (ICS) (1907 - )
DAFFLON Roger (T) (1914 - 1996)
HANDSCHIN Paul (T) (1902 - )
PEYROT François (ND) (1918 - 1998)
BURTIN Alexandre (S) (1916 - )
Les vitraux de la salle du Grand Conseil
Les plans de Charles Schopfer pour la transformation de 1960 ne prévoyaient pas les vitraux qui ornent actuellement les fenêtres de la salle. C'est à l'occasion du 150ème anniversaire de l'entrée de Genève dans la Confédération que les 25 cantons suisses ont décidé d'offrir à Genève des vitraux figurant leurs armoiries. La tapisserie, derrière la tribune présidentielle, a été installée à la même occasion.
Les vitraux ont été dessinés par plusieurs verriers suisses et réalisés par l'atelier A. Valazza, à Gland. La tapisserie, quant à elle, a été conçue par Rose Marie Eggmann et réalisée par l'atelier de Denise Binet.
L'installation de cet ensemble décoratif a fait l'objet d'un large échange de correspondance dont une partie est conservée aux Archives d'Etat sous la cote d'inventaire 1992va10.
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