Le conseiller d’Etat Charles Beer, chargé du département de l'instruction publique, de la culture et du sport (DIP), a exposé les priorités de son département en la matière en mettant l'accent sur la question de la transmission des valeurs et des connaissances. «Plus que jamais, l'éducation est sollicitée, il revient donc à celle-ci de transformer durablement les mentalités», a-t-il déclaré. Le guide d'accompagnement des Agendas 21 d’établissement scolaire primé en 2009 par l’UNESCO, de même que le cas concret de l’Agenda 21 scolaire du Collège et Ecole de commerce Emilie-Gourd, ont été présentés à cette occasion.
Il s’agit d’une première en Suisse romande. Seize projets reconnus par la Commission suisse pour l'UNESCO comme «Activités de la Décennie pour l’éducation en vue du développement durable» se sont vus décerner une reconnaissance, sous forme de diplôme, et ont été présentés au public.
Cette manifestation a rassemblé des représentants des directions d'établissements, du corps enseignant, des HES, de l'Université et des communes genevoises (Agenda 21) ainsi que des membres d'associations et d'organisations non-gouvernementales (ONG) genevoises et suisses actives dans ce domaine.
En Suisse, l'éducation au développement durable est devenue un enjeu de formation et d'éducation qui figure dans la stratégie pour le développement durable du Conseil fédéral et dans le plan d’actions 2007-2014 de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique.
A Genève, le développement durable est une valeur fondamentale de l'école publique, comme le stipulent la loi sur l’instruction publique dans son article 4 et la loi sur l'action publique en vue d’un développement durable (Agenda 21). S'il déplore une certaine lenteur d'action, le conseiller d’Etat Charles Beer insiste sur l'urgence d'agir en privilégiant le travail d'équipe des enseignants avec leurs élèves, les projets prenant racine dans les établissements: «L'éducation au développement durable n'est pas une tomate hors-sol».
Les priorités du DIP se déclinent en quatre domaines d'actions: pour les élèves, les enseignants du primaire et du secondaire, les apprenties et apprentis et les établissements avec la mise en place d’Agendas 21. Ancrer l'éducation au développement durable dans les disciplines existantes et intégrer de façon plus visible et concrète les bases des contenus relatifs au développement durable dans les programmes de formation du nouvel Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) font partie de ces priorités. Pour le conseiller d'Etat, accélérer certains engagements et consacrer l'éducation au développement durable dans la loi sur la formation professionnelle sont également nécessaires: «Les enjeux sont concrets: il s'agit d'ouvrir 300 métiers à des valeurs de développement durable. Par ailleurs, s'agissant du plan d'étude romand (PER), celui-ci représente une opportunité extraordinaire, car il consacre les objectifs d'apprentissage et nous interpelle sur le parcours de l'élève de 4 à 18 ans. La logique du court terme qui se transforme en logique d'éducation au développement durable prend ici tout son sens.»
Enfin, le DIP, les Hautes écoles de Genève et le Conseil d'Etat souhaitent ancrer la logique du développement durable dans l'organisation des différentes filières des hautes écoles et de certains instituts universitaires.
L'ONU a proclamé la Décennie pour l'éducation en vue du développement durable (2005-2014) et chargé l'UNESCO, dont les domaines de compétence sont l'éducation, la science, la culture et la communication, de la piloter. L'objectif de la Décennie est d'intégrer les principes du développement durable – équilibre entre responsabilité environnementale, capacité économique et solidarité sociale – dans tous les domaines de l'éducation et de la formation, et cela tout au long de la vie, afin de promouvoir partout une société plus juste et bénéficiant d'une meilleure qualité de vie. C'est ici l'occasion pour le conseiller d'Etat Charles Beer de rappeler qu'il ne faut pas «rater le train» de la Décennie, car la durée de vie de la trace laissée par une enseignante ou un enseignant sur plusieurs générations d'élèves est d'un siècle. Par ailleurs, le processus d'harmonisation a pris racine en 2000 déjà, et c'est seulement en 2022 que les premiers élèves ayant suivi complètement le système d'éducation PER sortiront de l'école: près d'un quart de siècle aura donc été nécessaire pour arriver à un résultat concret.
Depuis 2007, la Commission suisse pour l'UNESCO s'engage pour faire connaître en Suisse des projets qui concrétisent cet objectif. Quatorze projets ont été reconnus en 2008, seize en 2009. La plupart d'entre eux reflètent l'importance que la Commission attache, dans ce domaine spécifique, à l'éducation non formelle (acquise hors des structures de formation, par exemple au travail ou dans des associations) et à l'éducation informelle (acquise dans la vie quotidienne, par les médias, les discussions, etc.).
A travers des films, des productions vidéo, des articles de presse, des expositions, des rencontres, des jeux de société, des manifestations, ces projets invitent à réfléchir aux défis actuels, à identifier les réponses que le développement durable peut y apporter et, surtout, à concrétiser les gestes que chacune et chacun peut faire pour contribuer à cet équilibre. Ces projets se déploient à l'échelle locale, régionale, nationale ou internationale, et sont menés notamment par des associations, des fondations, des groupements professionnels, des hautes écoles spécialisées et des universités.
Département de l'instruction publique, de la culture et du sport