Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

Changer la couleur des liensDiminuer la taille du texteAugmenter la taille du texteImprimer la pageContactez-nousPlan du siteFoire aux questions Conditions d'utilisation

Recherchez dans:

Recherche avancée

ge.ch Démarches en ligne Organisation Thèmes Chemin de vie  
 
Ge.ch > Thèmes > Etat > FAO > Archives > 2010 > 08.02.2010

Feuille d'Avis Officielle du 08.02.2010

Prestation de serment de l’école de police - classes de police judiciaire, de gendarmerie et de police de la sécurité internationale

Madame Isabel Rochat, conseillère d’Etat en charge du département de la sécurité, de la police et de l’environnement.J’assiste aujourd’hui à ma première prestation de serment de l’école de police comme conseillère d’Etat. J’aimerais tout d’abord vous dire mon émotion de pouvoir rendre hommage au choix que vous avez fait en embrassant cette profession.

J’aimerais vous parler de ce que nous célébrons ensemble, de ce qui nous réunit, de ce que j’ai à vous offrir et de ce que j’attends de vous. En effet, une cérémonie est un instant où nous nous arrêtons pour nous demander pourquoi nous sommes là et quel est le sens de notre action. Dans les moments de doute ou même de peur que vous connaîtrez sûrement au cours de votre carrière, vous pourrez alors vous rattacher à cet instant qui vous rappellera les motivations de votre promesse.

J’aimerais aussi vous parler de mon engagement, de votre engagement au service de l’Etat pour la défense du premier droit de la population genevoise: la sécurité.

En intégrant l’école de police, vous avez fait un choix courageux et vous l’avez fait dans un contexte difficile. En effet, ces dernières années ont vu se produire une escalade inattendue de la violence, avec une délinquance de plus en plus sophistiquée et une criminalité se comportant en maître des lieux. Je me suis fait une idée de première main du terrain: des citoyens effrayés et des policiers découragés partagent leur désarroi devant des quartiers perdus, et la population genevoise crie sa colère; colère qui se traduit parfois maladroitement par des incivilités à l’encontre de sa police et de l’action de celle-ci; bref, une constellation très préoccupante, une situation de crise où nous avons plus que jamais besoin d’engagement et de forces vives.

Neuf nouveaux inspecteurs de la police judiciaire (PJ) (une femme et huit hommes), vingt-deux nouveaux gendarmes (sept femmes et quinze hommes), quatre nouveaux agents de la police de la sécurité internationale (PSI), ainsi qu'un sous-brigadier de gendarmerie réengagé et un appointé de la PSI engagé récemment, en provenance de la police vaudoise, ont prêté serment devant le Conseil d’Etat.Dans ce contexte tendu, il y a peu de professions comportant autant de défis que celle que vous avez choisie: chaque jour il sera exigé de vous de l’intelligence, du jugement, de l’humanité, mais aussi du courage. Intelligence d’évaluer rapidement une situation à sa juste mesure, jugement de distinguer quasi instantanément la victime du bourreau et d’agir avec le discernement et la proportionnalité nécessaires. Humanité dans l’exercice de votre fonction, par opposition à une arrogance aveugle qui fait naître la crainte mais n’inspire pas le respect. Et surtout courage, courage de négocier chaque jour avec l’appréhension et la peur, propres à chaque être humain, et de trouver en vous la force de mener à bien la mission que l’Etat vous confie. Peu de professions requièrent une telle maîtrise de soi et des compétences si diverses à la fois.

Dans ces situations d’hésitation et de conflit intérieurs que vous rencontrerez, il est essentiel de vous rappeler deux notions importantes: la première est celle des valeurs auxquelles nous sommes tous attachés et que vous allez défendre. Nous sommes attachés à nos libertés fondamentales, dont vous êtes les premiers garants. Nous sommes attachés à la solidarité, les premières victimes de l’insécurité, comme nous l’avons rappelé, étant souvent les personnes modestes et vulnérables. Mais surtout, nous sommes attachés à notre pays et sommes prêts à nous battre pour le bien-être de ses concitoyens et pour que la réputation de sécurité, qui fut longtemps l’apanage de la Suisse et de Genève, demeure une réalité.

La deuxième notion que vous devrez toujours garder à l’esprit est le soutien inconditionnel que vous pouvez attendre de la part des autorités et de moi-même en particulier, soutien dicté par le respect que nous inspirent votre profession et l’importance de votre tâche. Soyez assurés que nous nous battrons chaque jour pour vous donner les moyens adéquats pour accomplir votre mission et pour que la population genevoise soit fière de sa police.

Vous aurez également le soutien de l’ensemble du corps de police, comme j’ai pu le constater depuis mon entrée en fonction. Malgré une formation très pointue, vous entrez aujourd’hui dans l’inconnu, vous passez de la théorie à la pratique, en quelque sorte. Mais en même temps, c’est aussi une véritable communauté que vous rejoignez et qui vous accueille, communauté dotée de compétences extraordinaires, je l’ai vu de mes propres yeux. Vous pourrez donc compter sur le partage d’expériences ainsi que sur le transfert de connaissances de vos aînés, indispensables à la bonne compréhension des enjeux et des subtilités de votre métier. Vous pourrez vous appuyer sur une véritable équipe, aussi déterminée que je le suis moi-même à rendre chaque quartier de Genève à ses concitoyens. Ensemble, nous représentons l’Etat de droit, avec ses lois et ses règles de vie commune que nous sommes résolus à faire respecter. Et nous nous en donnerons les moyens!

Avant la cérémonie d’assermentation, l’école a défilé en compagnie de la musique de la police. Ce qui m’amène à mon dernier point: aujourd’hui, vous intégrez un corps de police que nous exigeons irréprochable et dont nous attendons un comportement exemplaire en toutes circonstances. Etre en situation de pouvoir nécessite d’être deux fois plus exigeant sur la manière dont nous l’exerçons: j’attends de vous une intégrité sans faille; j’ambitionne une police proche du citoyen, au service de son bien-être et partie intégrante de la cité, police qui garde à l’esprit que la sécurité est une réponse et non une fin en soi.

Pour reprendre les termes d’Alexandre Dumas: «Un pays sans police est un grand navire sans boussole et sans gouvernail», une belle métaphore qui nous rappelle que votre mission est une des plus nobles qui soit au service de la cité. Le Conseil d’Etat vous exprime sa fierté et sa reconnaissance, mais aussi sa confiance dans notre détermination commune à préserver notre Etat de droit, la paix et la sécurité de nos concitoyennes et concitoyens.

Vive la République! Vive Genève!

Isabel Rochat
Conseillère d’Etat en charge du département de la sécurité, de la police et de l’environnement

Discours prononcé le 3 février 2010 sur la promenade de la Treille.